Guide pratique de l’automédication

En France, environ 500 millions de boîtes de médicaments sont délivrées sans ordonnance par les pharmacies, représentant plus de 4 000 médicaments ne nécessitant pas de prescription médicale. Réel progrès ou danger potentiel ?

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L’automédication divise car s’improviser médecin et se soigner en « libre-service » n’est pas toujours anodin. Si vous envisagez d’y avoir recours, consultez ce guide afin de savoir prévenir les risques liés à cette pratique.

L’automédication qui concerne aujourd’hui 85 % des Français, se définit le fait qu’un patient administre à lui ou à un de ses proches un traitement médical sans prescription médicale. Elle doit n’être pratiquée que sur des personnes qui en temps normal possèdent une bonne santé et ne présentent aucune fragilité particulière. On évitera de pratiquer l’automédication sur un nouveau-né, une femme enceinte ou une personne âgée ainsi que sur toute personne porteuse d’une maladie chronique.

Les véritables risques de l’automédication

Utilisation prolongée sans avis médical

L’automédication peut être dangereuse si elle est pratiquée sur la durée. Un traitement ne doit pas excéder 5 jours. Le risque est de passer à côté de pathologies beaucoup plus graves que celles qu’on cherchait à traiter chez soi. Faire une erreur de diagnostic en se fiant à un simple symptôme peut empirer votre état . Si les symptômes persistent plus de 5 jours, allez voir votre médecin.

Subir des effets secondaires sans être soulagé pour autant

La méconnaissance des effets secondaires présente un vrai risque. Prendre des anti-inflammatoires ou de l’aspirine lorsqu’il existe des antécédents d’ulcère ou en étant sous traitement d’anti-coagulants, utiliser certains décongestionnants pour le nez en cas d’hypertension, de grossesse ou de glaucome peut avoir des répercussions sur votre santé

On notera également que certains médicaments peuvent provoquer une somnolence inhabituelle dangereuse au volant ou dans la pratique de certaines professions.

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Provoquer une interaction avec un traitement en cours

Un gros risque de l’automédication est que les molécules du médicament interfèrent avec un autre traitement déjà en cours. Par exemple, la cimétidine est un anti-acide vendu sans ordonnance pour soulager les brûlures d’estomac. Ce médicament ne peut être pris en même temps qu’un traitement pour l’insuffisance cardiaque à base de Carvédilol. De manière plus générale, si vous êtes diabétique, un médicament sans ordonnance peut perturber votre glycémie.

De même, les anti-inflammatoires, l’aspirine ou les pansements gastro-intestinaux sont connus pour diminuer l’absorption d’autres médicaments. On ne parlera pas des conséquences parfois inattendues de la prise de certains médicaments sur les pilules contraceptives dont ils inhibent l’efficacité…

Parmi les erreurs fréquemment commises, on trouve également les mauvaises posologies entraînant un surdosage ainsi que la méconnaissance de la toxicité de certaines plantes. Quand vous achetez un médicament sans ordonnance en pharmacie, informez toujours votre pharmacien de vos traitements éventuels en cours pour vérifier qu’il n’y a pas de contre-indication. Evitez également toute consommation d’alcool pendant un traitement.

Quelques conseils pour s’automédiquer

À faire

  • Ne prendre qu’un seul médicament à la fois ne contenant qu’un seul et même principe actif reste la règle impérative. Il est par exemple inutile de prendre un Doliprane 500 et un Efferalgan 500 qui contiennent tous deux la même molécule de paracétamol (ou tout autre médicament générique contenant un principe actif similaire). L’intérêt de cette règle est de pouvoir identifier rapidement le médicament responsable s’il survient un problème d’intolérance et de limiter les risques d’interaction avec d’autres médicaments qui pourraient avoir été prescrits par ailleurs pour une pathologie totalement différente.
  • Prendre, sur conseil du pharmacien, le médicament le mieux toléré. Utiliser du paracétamol est par exemple préférable à l’aspirine qui en cas d’infection d’origine virale peut entraîner dans quelques cas rares, des complications neurologiques, et qui fluidifie le sang ce qui n’est pas indiqué pendant les règles ou si vous êtes sous anticoagulant.
  • Consulter la notice du médicament pour en vérifier la posologie, et les éventuelles indications de type « à prendre pendant un repas ». Vérifiez aussi la date de péremption du médicament si vous l’avez depuis un moment dans votre armoire à pharmacie.

À ne pas faire

  • Continuer à s’automédiquer si aucune amélioration n’est constatée après quelques jours. L’automédication sert à soulager un trouble bénin. Si l’affection resurgit à l’arrêt du médicament ou si d’autres symptômes apparaissent, il faudra immédiatement cesser le traitement et consulter un médecin. Les symptômes sont parfois trompeurs, ce que l’on pensait être un simple mal de tête peut cacher un syndrome méningé, un problème au foie annoncer des calculs dans la vésicule biliaire, une otite une perforation de tympans, etc.
  • Les médicaments délivrés uniquement sur ordonnance n’ont pas vocation à être pris par la suite dans le cadre d’une automédication. Même si vous présentez des symptômes similaires à une précédente infection qui vous avait valu cette ordonnance, il est fortement déconseillé de reprendre le traitement sans avis médical.
  • Acheter un médicament sur Internet sur un site qui n’a pas été autorisé par l’Agence régionale de la santé. Les pharmaciens ont maintenant le droit de vendre certains médicaments en ligne, en plus de les commercialiser dans leur pharmacie, mais cette pratique est encadrée. Mais en achetant un médicament en dehors des circuits légaux, vous risquez d’obtenir un produit inefficace, voire dangereux.

Quels sont les médicaments adaptés à l’automédication ?

Certains symptômes ou maladies se prêtent à l’automédication. Les médicaments à utiliser dans ce cas doivent :

  • Contenir une substance active appropriée à l’automédication et possédant un rapport correct d’efficacité et sécurité.
  • Etre utilisé dans le cas d’une affection bénigne ou une affection chronique ayant fait l’objet d’un premier diagnostic médical et ne nécessitant pas de suivi.
  • Posséder un conditionnement adapté à la durée du traitement et à sa posologie.
  • Délivrer une notice informative permettant au patient d’évaluer l’opportunité du traitement et d’en comprendre aisément son administration. La notice doit mentionner impérativement les premiers signes devant être soumis à l’avis d’un médecin.

Que trouve-t-on dans l’armoire à pharmacie d’un adepte de l’automédication ?

  • Du paracétamol et de l’ibuprofène dosés différemment selon l’âge des membres de la famille.
  • Un antispasmodique contre le mal de ventre et du charbon végétal pour un côlon rebelle…
  • Un sérum marin pour désencombrer le nez, un sérum physiologique en doses individuelles pour nettoyer les yeux
  • Une crème antihistaminique pour guérir les piqûres d’insectes
  • Une pommade à l’arnica pour les contusions
  • Un petit matériel pour soigner les premiers bobos, pansements, mèches pour saignements de nez, antiseptiques sans alcool…
  • Des médicaments adaptés à des pathologies connues et récurrentes comme un antiviral local pour un herpès labial, un antihistaminique pour un sujet aux allergies…

Les Français plébiscitent de plus en plus l’automédication qui par ailleurs fait beaucoup de bien à la santé fragile de notre Assurance-Maladie… En effet, en 2010, près de 2 milliards d’euros de remboursements de médicaments ont été économisés sur des remèdes achetés sans prescription… Les mutuelles sont de plus en plus nombreuses à proposer d’ailleurs des forfaits de prise en charge des médicaments sans ordonnance, notamment sur la partie médecine douce. Vous pouvez vous faire rembourser sur simple présentation de votre ticket de caisse.

L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSPS) réévalue régulièrement l’ensemble des médicaments à base de plantes et procède ainsi à un « sérieux ménage » dans la liste des médicaments délivrés sans prescription.

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