Réduire le coût de son assurance multirisque habitation

L'assurance multirisque habitation grève une part considérable du budget que consacre un assuré à ses assurances. Et ce, d’autant plus que chaque année, les compagnies d’assurance ont la possibilité d’augmenter le montant de la prime associée au contrat. Comment dès lors espérer payer moins cher sa cotisation d’assurance habitation ? Découvrez les conseils et recommandations d’Alexis Debut, responsable du pôle Assurance de JeChange pour réduire de manière intelligente le coût de votre assurance multirisque habitation.

Alexis Debut - Responsable du pôle Assurances chez jechange
Alexis Debut - Responsable du pôle Assurance chez jechange

Quel est le premier réflexe à avoir en vue de réduire le coût de son assurance MRH ?

Alexis Debut : De nombreuses pistes sont envisageables pour un assuré qui désire réduire le montant de sa prime d'habitation. L'erreur à ne surtout pas commettre serait de raisonner seulement en termes de coût, sans se poser également la question des garanties mais également des franchises applicables en cas de sinistre. Comme pour tout contrat d'assurance, l'essentiel est de réduire de façon intelligente le montant de vos cotisations, sans pour autant rogner sur la qualité de vos garanties.

Est-il exact que le choix du mode de paiement influe sur le coût de l'assurance habitation ?

A. D. : À strictement parler, le choix du mode de paiement de votre cotisation d'assurance peut vous permettre non de réduire le montant de la prime mais plutôt de ne pas payer plus cher. En effet, un assuré payant par chèque au détriment du prélèvement automatique pourra se voir facturer d'éventuels frais de gestion en supplément. De même et idéalement, l'assuré qui choisit le prélèvement automatique serait bien inspiré d'opter en faveur d'un paiement annuel. En effet, en cas de paiement fractionné, trimestriel voire mensuel, des frais de gestion peuvent là encore lui être imputés.

Est-ce une bonne idée que de vouloir sous-évaluer ses biens mobiliers ?

A. D. : Clairement non, d'autant que la tendance est à ce que l'assuré sous-évalue de façon « spontanée » la valeur et donc, in fine, le remboursement de ses biens mobiliers. Une majorité d'assurés parviennent à estimer correctement leurs biens meubles, équipement électroménager et objets précieux, mais mésestiment une part non négligeable du reste de leurs biens comme les éléments de confort ou de décoration, le matériel de loisirs, de sport, de bricolage, de jardinage... À l'inverse, il est tout à fait inutile de gonfler artificiellement la valeur des biens présents dans votre logement : les primes seraient, en conséquence, plus élevées qu'elles ne le devraient. 

Comment correctement arbitrer sur le montant des franchises et plafonds d'indemnisation ?

A. D. : Le coût de votre contrat d'assurance sera d'autant plus élevé que le montant de votre franchise sera faible. De la même façon, les plafonds d'indemnisation qui déterminent les remboursements maximum dont vous pouvez bénéficier en cas de sinistre sur les biens mobiliers peuvent significativement varier d'une compagnie d'assurance à l'autre, et en conséquence influer sur le montant final de votre cotisation. Dans les deux cas, il est conseillé de toujours raisonner au plus près de sa situation propre. Si par exemple, vous ne possédez que peu de biens de valeur, optez en faveur d'une assurance qui propose des capitaux mobiliers faibles. 

Est-il pertinent d'opérer un tri des garanties et options comprises dans son contrat ?

A. D. : Dans certains cas, l'assuré peut se poser la question de l'opportunité de conserver telle ou telle garantie et surtout telle ou telle option s'il estime en avoir rarement le bénéfice. Prenons l'exemple de l'option « rééquipement à neuf » : celle-ci rend possible une indemnisation des biens endommagés de l'assuré (appareils ménagers, Hi-Fi, son, informatique) qui se base sur la « valeur de remplacement » ou « valeur d'usage » de ces biens au jour du sinistre. Toutefois, la présence de cette option qui distingue un contrat confort d'un contrat standard est limitée dans la durée, le plus souvent à cinq ans. En l'espèce, l'expiration des cinq ans d'âge de vos biens doit vous amener à réexaminer la souscription de cette option.

Une étude attentive des exclusions de garanties facilite donc leur sélection ?

A. D. : Absolument. Prenons l'exemple de la garantie « vol et vandalisme » comprise dans un contrat MRH. Cette garantie vous permet de couvrir vos biens dérobés ou détériorés à l'occasion d'un vol ou d'une tentative de vol. Toutefois, les conditions à remplir sont souvent drastiques tout comme les situations pour lesquelles votre contrat MRH ne joue pas sont nombreuses. Pour en bénéficier, un assuré doit ainsi avoir déclaré l'inoccupation de son logement à son assureur passée une absence moyenne de 60 jours, avoir fermé sa porte par le biais de serrures certifiées dans le contrat d'assurance, avoir protégé d'équipements de sécurité très précis les parties vitrées de son domicile... Là encore, si vous estimez que ces conditions sont déraisonnablement strictes, il n'est pas certain que cela vaille la peine de souscrire cette garantie. 

Plus généralement, comment négocier au mieux le coût de sa prime avec son assureur ?

A. D. : En faisant valoir face à lui vos points forts. Vous êtes non-fumeur ? Votre logement est protégé par des équipements anti-incendie, qu'il s'agisse d'un détecteur de fumée comme de gicleurs ? Notifiez-le à votre assureur au chapitre des incendies lors de la négociation de votre contrat d'assurance habitation. De même, vous venez d'installer des appareils permettant de dissuader les vols, tels un portail électrique ou encore des barreaux pour certaines fenêtres ? Pensez à en avertir votre compagnie d'assurance, en gardant à l'esprit que plus le risque de dégâts est important et plus le montant de votre cotisation d'assurance MRH est élevé. En revanche, ayez le bon réflexe de calculer en amont le gain réel obtenu entre l'investissement à réaliser pour ces équipements d'une part et la réduction obtenue sur le montant de votre assurance d'autre part.

S'il ne fallait retenir qu'un conseil, lequel serait-il ?

A. D. : Celui de comparer. Comparer les contrat d'assurance habitation vous donne l'occasion d'établir au plus juste un prix qui correspond à des garanties dont vous avez une véritable utilité. Légalement, vous avez la possibilité de changer de contrat tous les ans. Soit autant d'occasion de profiter des offres de bienvenue des compagnies d'assurance, lesquelles n'hésitent pas à proposer des tarifs préférentiels à leurs nouveaux clients.

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