Électricité : une hausse à prévoir pour 2023, avec ou sans rattrapage

Le bouclier tarifaire pour une hausse de l'électricité à 4 %, ainsi qu'une baisse des taxes, ces aides pourront-elles tenir le long terme ?

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Y aura-t-il un rattrapage sur les factures d’électricité en 2023 ?

Cette année, c’est toute une panoplie de mesures qui ont été prises par le gouvernement pour pallier la hausse des prix de l’énergie. Dans un premier temps, il a mis en place le bouclier tarifaire, bloquant la hausse du tarif à 4 %. Sans cela, l’augmentation atteignait un peu plus de 35 %. Ensuite, il y a eu la baisse de la taxe principale, la TICFE, jusqu’au 31 janvier 2023. Enfin, le dispositif de l’Arenh, qui permet aux fournisseurs alternatifs de racheter de l’électricité nucléaire à EDF moins chère, a vu son plafond augmenter de 20 TWh.

Offres énergie prix fixes ou indexées

De fait, la facture d’électricité ne devrait pas subir d’augmentation sur l’année 2022, mais qu’en sera-t-il après ?

En Janvier, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie affirmait qu’il « n’y aura pas de rattrapage. L’Etat et EDF supporteront le coût des mesures mises en place ». Cependant, les syndicats de l’entreprise lançaient un appel à la grève.

Les mesures mises en place vont-elles durer ?

EDF mesure cependant le surcoût à endosser pour 2022. L’entreprise, après évaluation, indique que ce surcoût devrait se situer entre « 1.5 et 1.6 milliard » d’euros. Ainsi, un rattrapage en 2023 n’est pas totalement exclu, comme le précise par ailleurs la loi des finances. Si le prix de l’électricité sur le marché de gros baisse, comme l’espère Bercy, il devrait y avoir un lissage pour enrayer les coûts. Si ce n’est pas le cas, une nouvelle mesure fiscale pourrait bien être prise. En revanche, reste à savoir ce qu’en pensera le prochain gouvernement.

Et pour cause, les présidentielles se rapprochent à grand pas, et laissent donc plusieurs possibilités.

  • Le nouveau gouvernement décide de conserver la TICFE au montant exceptionnellement en place au-delà de janvier 2023. Cela pourrait permettre, via cette baisse de fiscalité, que la prise en compte des prix forts des deux dernières années dans la formule de fixation du tarif réglementé ne soit pas trop rude.
  • Le nouveau gouvernement décide de remettre la taxe à sa valeur initiale. Les prix risquent alors de bondir à nouveau.
  • La loi autorisant un plafond maximal de l’Arenh à 150 TWh, il se peut aussi que le nouveau gouvernement propose de monter un peu plus le plafond sur l’énergie disponible « à bas prix ».

Des solutions pas si nombreuses

Plusieurs spécialistes sont d’accord pour dénoncer que « c’est bien le manque d’Arenh qui a provoqué la hausse de février 2021. Les fournisseurs alternatifs ont dû remplacer des volumes achetés à 42 € le MWh par de l’électricité à 200 € le MWh sur les marchés », explique Julien Teddé, Directeur général d’Opéra Energie. Il est appuyé par les propos d’Antoine Autier, conseiller économique de UFC que choisir. Ce dernier dénonce que le plafond de l’Arenh n’a été relevé que de 20 TWh. Selon lui, l’augmentation du plafond, « est le seul moyen, avec la baisse de fiscalité, de diminuer la facture de tous les consommateurs, tant chez EDF que chez les fournisseurs alternatifs ».

Tour nucléaire

Malgré la logique implacable des propos tenus, il y a un cailloux dans le rouage : la production d’électricité est à ce jour au plus bas. En effet, les réacteurs mis à l’arrêt sont nombreux, et il est difficile de compenser. La dernière augmentation de l’Arenh a fait débat et EDF l’a contestée. De fait, peut-être bien que cette option sera plus compliquée à mettre en place.

Pour rappel, l’augmentation du plafond de l’Arenh a engendré un surcoût de plusieurs milliard d’euros, à EDF, mise à l’épreuve pour maintenir le bouclier tarifaire, tout comme à l’Etat qui soutient l’entreprise.

Un stock bas d’électricité : comment pallier le manque d’énergie ?

Pour pallier au maximum les pénuries potentielles, la France a remis en marche ses centrales à charbon. En effet, sur le parc nucléaire français qui se compose de 56 réacteurs, seuls 29 sont actuellement en marche. De même, la CRE et les différents acteurs du marché de l’énergie appellent à la mobilisation. Pourquoi ? Parce que lundi 4 avril, un fort pic de consommation, dépassant la production d’électricité, inquiétait le réseau. La coupure d’industriels n’a pas été nécessaire cependant, mais grâce à la citoyenneté des Français. « Tous ces éco-gestes ont permis une baisse de 800 MW, soit l’équivalent de deux fois la consommation de la ville de Montpellier et quasiment la puissance d’un réacteur nucléaire », précise RTE.

Le record de prix historique était en 2009, à 3.000 euros le MWh sur le marché. Il a failli être battu avec un pic à 2987.78 € le MWh, atteint le 4 avril à 8h.

Rattrapage ou non, la facture d’électricité sera salée

Il faut dire que les difficultés connues dans le secteur de l’énergie sont relativement « peu subies » pour les consommateurs. Le gel des prix du gaz et la hausse de l’électricité plafonnée à 4 % en 2022 protègent les foyers, mais l’effet boomerang fait peur et inquiète.

En effet, la CRE (commission de régulation de l’énergie) a fait une première analyse. Il ressort de cette dernière qu’il faut s’attendre à une augmentation de 7 % sur l’électricité en février 2023. Cela faisant office de rattrapage lié aux différentes mesures mises en place pour pallier la crise. Cependant, le manque de stabilité des stocks, le manque de disponibilité du nucléaire et les tensions sur les livraisons de gaz russe n’arrangent rien à la situation. Tout autant de sujets qui font débat à ce jour, suivant les inquiétudes pour l’hiver prochain.

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