Électricité : arrêt de réacteurs nucléaires aux portes de l’hiver

Nous parlions il y a peu des retards sur les entretiens de centrales, dû à la crise covid. Ce sont 15 réacteurs qui ont été mis à l'arrêt en ce début de semaine. Une situation tendue sur laquelle JeChange revient.

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Une tension déjà bien présente dans le domaine de l’électricité

Quatre réacteurs à Chooz et Civaux ont été arrêtés par précaution à la mi-novembre suite à un constat de fissuration. En effet, des experts ont constaté des fissures dues à la corrosion dans les tuyaux de refroidissement du réacteur. Les deux réacteurs de Civaux seront remis en activité d’ici fin avril, au lieu de fin décembre comme prévu initialement. L’annonce d’EDF a jeté un froid dans le monde de l’électricité. En prenant en compte les tensions dues aux prix exorbitants du marché et un approvisionnement délicat, la nouvelle tombe mal alors qu’on arrive dans l’hiver. Pour finir la liste, un incident a frappé la centrale de Cattenom et une turbine s’est arrêtée. Si le problème rencontré n’a duré que quelques heures mais a été une source de stress supplémentaire.

L’arrêt des quatre réacteurs, les plus puissants de France, entraîne une perte de production d’environ 1,4 térawattheure sur la fin d’année. Ces événements ont fait chuter le cours de l’action EDF en Bourse, de presque 16 %, avant la suspension de sa cotation.

Des cheminées de centrales nucléaires

Un contexte déjà lourd

Fin novembre, le RTE (réseau de transport de l’énergie) avait rendu un rapport dans lequel il mettait en garde en cas de chute de température en dessous de la normale. Il prévenait de même que les confinements de 2020 avaient fait prendre du retard à la maintenance de réacteurs et que les marges seraient « réduites sur le système électrique entre fin novembre et fin décembre ». Le RTE, suite à l’annonce d’EDF, a refait ses simulations et estimations pour les quinze derniers jours de décembre et précise avoir calculé l’impact de l’arrêt des réacteurs. Le réseau compte refaire le point pour le mois de janvier dès les fêtes passées.

La tension monte de fait sur la disponibilité du parc nucléaire. Trois réacteurs sont remis en service où quatre nouveaux se trouvent à l’arrêt. Samedi dernier, le 18 décembre, c’était donc un total de 16 réacteurs arrêtés sur les 56 du parc français.

Des renforts apportés via le fioul et le charbon

Mercredi, c’est environ 25 % des capacités du parc nucléaire français qui étaient à l’arrêt.

La conjoncture ne laisse pas vraiment de place à l’erreur et les soucis s’accumulent. Ces temps-ci, il y a peu de vent, par exemple. De fait, la génération d’électricité via l’éolien est faible. Pour pallier le manque d’énergie, des centrales à fioul et à charbon ont été appelées en renfort. La France compte aujourd’hui sur l’import d’électricité pour garder l’équilibre entre l’offre et la demande.

Des incertitudes entraînent l’importation dans le domaine de l’électricité

Le record a été battu en début de semaine avec une importation de 12,9 gigawatts. L’électricité est achetée au prix fort à nos voisins européens, notamment à l’Allemagne, la Belgique, la Suisse ou encore l’Italie.

« Je veux que l’on sorte de cette opposition stérile entre le nucléaire et le renouvelable. On n’a plus le temps avec ce genre de débat » a lancé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, invitée de « Questions politiques » le 19 décembre . « Nous avons besoin de produire plus d’électricité, et cela demande de développer massivement les renouvelables. Si on en avait plus aujourd’hui, on aurait moins de problèmes pour passer l’hiver. Nous avons besoin de ce mix équilibré » a-t-elle expliqué.

Si la politique affirme encore qu’il n’y aura pas de blackout généralisé, on entend cependant parler de coupures de « délestage ». Autrement dit, il se peut qu’il y ait des coupures tournantes d’environ deux heures chez les particuliers. Pour les industries, grosses consommatrices qui n’ont pas accès au bouclier tarifaire, elles seront amenées contre rémunération à baisser voire stopper leur consommation. A ce jour, il y a un risque de délocalisation de production pour faire face à ce surcoût, car les entreprises payent le prix fort, jusqu’à neuf fois plus cher que l’année dernière. Enfin, RTE pourra baisser la tension, pouvant entraîner des coupures chez les gros consommateurs.

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