EDF : un appel à la grève par les syndicats au sein du groupe

Une production basse, un marché sous tension, tout autant de choses qui fragilisent le groupe EDF. Après les mesures prises, EDF réagit.

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EDF : la production d’électricité au plus bas depuis 30 ans

L’arrêt de plusieurs réacteurs de centrales nucléaires

Des arrêts pour sécurité, suite à la corrosion

En effet, les deux réacteurs de la centrale EDF de Civaux sont indisponibles jusqu’à la fin de l’année. Celui de la centrale de Penly quant à lui, qui devait être remis en service en mars, sera à l’arrêt de même jusqu’à fin mai. Enfin, le deuxième réacteur de la centrale de Chooz ne fonctionnera pas non plus cette année. Le premier, lui, devrait être en maintenance encore jusqu’à la fin juillet.

réacteurs nucléaires

Fin octobre, un phénomène de corrosion a été découvert au niveau « des soudures des coudes de la tuyauterie raccordant le système d’injection de sécurité ». Cette découverte a entraîné une procédure nécessaire de sécurité selon l’ASN (autorité de sûreté nucléaire). Ce phénomène a déclenché une série de « contrôles préventifs sur les réacteurs de Civaux 2, Chooz 1 et 2 ». Ces réacteurs construits sur le même modèle étaient les plus puissants de la production nucléaire. Le directeur adjoint de l’ASN explique qu’un « travail est en cours pour comprendre l’origine de ce phénomène non prévu, car l’acier utilisé est censé résister à ce type de corrosion ».

« L’idée est de rechercher des signaux de même nature afin de mieux cibler ceux à inspecter », précise EDF. De fait, il va passer en revue tous ses réacteurs pour prévenir les incidents.

Des arrêts de maintenance, les visites décennales ayant été retardées par la crise sanitaire

Il y a en effet des chances pour que le rythme de production ne reviennent pas tout de suite à la normale. La crise sanitaire et les différents confinements ont poussé EDF à retarder les visites décennales des centrales nucléaires. Même si la disponibilité du parc relève de l’intérêt national, le planning du « grand carénage » a accumulé les retards. Le grand carénage est un visant le renforcement des installations de production d’électricité nucléaire. Cela permet d’allonger la durée d’exploitation de ces dernières.

Un approvisionnement sous tension et une forte pression sur les prix

Les tarif du marché de gros

La disponibilité réduite du parc avec, au total, pas loin d’une dizaine de réacteurs à l’arrêt, la pression reste importante sur la capacité de production nucléaire. Il est prévu que l’approvisionnement en électricité reste tendu jusqu’au milieu de l’hiver. En effet, à la mi-décembre, le RTE (gestionnaire du réseau électrique) a lancé une alerte sur les risques de délestage.

Dans un contexte où des pays comme l’Allemagne ou la Belgique sont en train de sortir du nucléaire, mettant leurs centrales à l’arrêt, la production de cette source d’énergie est baissée. Jusqu’à quelques années de cela, L’Europe connaissait une surproduction d’énergie nucléaire. Actuellement, ce n’est plus le cas. Cette baisse de production impacte sur les tarifs du marché de gros.

Le bouclier tarifaire

Une mesure promise par le gouvernement en septembre 2021 : le bouclier tarifaire. Ceci pour permettre de bloquer la hausse des prix de l’électricité. Cependant, sur les dernières semaines, ces mêmes prix n’ont cessé d’augmenter. La flambée des prix risquait alors d’avoir un impact économique colossal sur la facture des Français. C’est pour cela que Bercy, via Jean Castex, s’est engagé à contenir l’augmentation. En effet, le tarif bleu d’EDF est ainsi bloqué à 4 %. De fait, ce bouclier tarifaire devait protéger jusqu’à 70 % des consommateurs, malgré de nombreuses difficultés.

Une main tient des billets de banque près d’une prise électrique

Au vu de la montée fulgurante des prix, ce n’est plus 12 % d’augmentation sur l’électricité, mais 35 %. Pour pallier cette problématique, l’Etat prend de nouvelles mesures afin de maintenir ce bouclier tarifaire. Le plafond de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) a été relevé, passé de 100 TWh à 120 TWh pour cette année. En revanche, EDF connaît les problèmes de production cités plus haut, et doit s’approvisionner sur le marché de gros. Ceci étant, EDF rachète donc à prix fort de l’énergie qu’il devra revendre à bas prix.

Pour que l’addition ne plombe pas le fournisseur historique EDF, le prix du MWh de l’Arenh a été revu à la hausse, passant de 42 à 46,20 €.

Pour le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, la décision du gouvernement est un choc, et ce dernier déclare que c’est « une aide de l’Etat en faveur des concurrents ». Ce dispositif Arenh fait débat au sein de l’Europe depuis longtemps, et c’est un avis partagé par EDF.

Une décision qui fait débat et provoque une réaction forte : un appel à la grève !

Les syndicats publient un communiqué dans lequel ils écrivent que l’Etat maintient sous perfusion la concurrence d’EDF. « Il s’agit d’un leurre pour masquer une augmentation des tarifs impossible à contenir, en attendant la présidentielle ». De plus, ces derniers s’inquiètent que les bénéfices de cet achat d’énergie à bas prix ne profitent pas aux consommateurs, mais « que le bonus ira dans la poche des fournisseurs ». La CGT quant à elle affirme ne pas croire que la commission de régulation (CRE) fera son travail de surveillance sur les fournisseurs alternatifs.

De fait, pour une fois, syndicats et direction semblent partager les mêmes avis et valeurs. Un appel à la grève a donc été lancé pour le 26 janvier, et ce à l’intégralité des travailleurs EDF qui avaient déjà des revendications en cours concernant les salaires qui ne semblent pas suivre l’inflation.

Une intervention de Bruno Le Maire à l’attention d’EDF

« Nous ne vous laisserons jamais tomber ». Voilà les mots prononcés par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire pour envoyer un message de soutien aux salariés d’EDF via les micros de BFMTV. Ces derniers, inquiets des choix politiques du gouvernement. « Les salariés n’ont aucune raison d’être inquiets. Nous sommes aux côtés d’EDF. Nous allons continuer d’investir dans EDF avec le projet de nouveaux réacteurs nucléaires ». En effet, l’Etat possède 84 % de l’entreprise EDF qui a été mise à contribution pour le maintien du bouclier tarifaire.

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