Charbon : grand retour pour pallier le manque d’électricité en France

Actuellement, entre la maintenance des centrales nucléaires et le manque de structure pour les énergies vertes, la France revient au charbon cet hiver.

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Un parc nucléaire sous tension, une alternative : le charbon ou la pénurie

En effet, en ce début d’année, une partie du parc nucléaire français est à l’arrêt. Que ce soit pour maintenance ou par précaution suite à des soucis d’ordre technique, la France voit sa production d’électricité mise à mal. Il faut dire qu’à ce jour, le nucléaire représente 37 % du mix énergétique de l’hexagone. Pour pallier le manque, le pays mise sur le charbon.

Avec ses dix réacteurs arrêtés sur les 56 qui composent son parc, la France doit faire avec une production réduite. Le pays doit donc solliciter ses deux centrales à charbon, usines qui devaient être mises à l’arrêt fin 2022.

Le plafond d’émissions de CO2 relevé et reprise du charbon

Au ministère de la transition écologique, même si la décision est prise à contrecœur, on décide de relever le plafond des émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi ? Parce que, tout simplement, « c’est la sécurité de l’approvisionnement en électricité qui reste la priorité ». En revanche, cet assouplissement remettra-t-il en cause la fermeture de ces centrales à charbon prévue pour 2022 ? Le ministère de la transition écologique tente de rassurer en précisant que non, que « les centrales du Havre et de Gardanne ont déjà été fermées et celle de Saint-Avold fermera comme prévu au printemps 2022 ».

Il faut dire qu’accroître la production d’électricité via le charbon va remettre en cause l’impact des émissions de la France. Le charbon est une énergie fossile qui émet près d’un kilo de CO2 par kWh d’électricité produite contre 6 grammes générés par le nucléaire, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Le ministère de la transition écologique explique tout de même que, « afin de réduire le risque sur la sécurité d’approvisionnement des Français, le gouvernement envisage d’assouplir les conditions de fonctionnement des centrales à charbon sur la période hivernale en cours ».

Pourquoi ne pas avoir recours aux énergies vertes ?

Effectivement, cela pourrait paraître être la meilleure solution. En revanche, le parc d’énergies renouvelables en France est assez limité. Les structures ne pourront pas supporter une surproduction telle que le besoin le voudrait. Incapable de suivre pour le moment la crise que connaît la chaîne de production à l’heure actuelle. C’est ce que confirme ekWateur, un fournisseur alternatif, producteur d’énergie verte. On peut trouver ces propos sur son site : « les capacités de production des énergies renouvelables ne sont pas extensibles d’un jour à l’autre. comme il est impossible pour une boulangerie de produire 70 % de plus de baguettes de pain du jour au lendemain sans ajouter des fours, il est impossible de produire 70 % de plus d’énergies renouvelables sans ajouter des infrastructures ».

Une autre problématique fait barrage, l’intermittence des énergies renouvelables. En effet, une éolienne ne tourne pas sans vent, et un panneau solaire ne fonctionne pas la nuit. Même si les avancées concernant le stockage de l’énergie évoluent, il faudra encore quelques années pour que le problème disparaisse.

Des risques de coupures cet hiver ?

Il y a peu de temps, RTE (Réseau de transport d’électricité) a rendu son rapport, plaçant cet hiver sous surveillance. Il faut dire que l’hiver dernier déjà, la situation était tendue avec les températures de saison, mais surtout à cause des confinements déclenchés par la crise sanitaire. La situation, semblant s’ancrer dans le temps, n’a pas permis de rattraper le retard de 2020. De plus, comme nous l’avons vu, le parc nucléaire est réduit… Tout autant de causes qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur les consommateurs. L’univers de l’électricité cet hiver est donc sous tension. Cependant, le RTE est formel, il écarte les risques de black-out. Pour ce faire, il compose avec plusieurs paramètres sur lesquels il peut « jouer ».

  • L’import d’énergie
    • Une réponse ponctuelle et temporaire peut être donnée aux consommations de la France par le biais d’importation d’énergie d’autres pays. Cependant, l’importation ne présente pas la solution idéale. Elle est polluante (souvent issue des énergies fossiles) et coûteuse.
  • L’effacement de consommation industrielle
    • Il s’agit de demander aux industries très énergivores de soutirer moins d’électricité au réseau. Pour cela, elles peuvent ralentir leur activité à un instant T ou passer sur un groupe électrogène.
  • Faire appel à la réduction de consommation
  • Procéder à des délestages
    • Il s’agit d’un dernier recours, faisant couper l’électricité par intermittence à certaines entreprises ou certains foyers. Cela s’effectue de manière générale sur des tranches de deux heures, en tournante.

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