Des économies d’énergie : la CRE et GRDF appellent à la mobilisation

A l'heure où la crise de l'énergie atteint des sommets, la CRE appelle à la vigilance et à la mobilisation pour des économies d'énergie.

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Des économies d’énergie pour faire face à une rupture éventuelle d’approvisionnement gazier russe

Depuis plusieurs années, l’Europe se sait dépendante de la Russie pour sa consommation de gaz. Chaque année, elle importe 155 milliards de mètres cubes du pays. Si sur le papier, nous pouvons sortir de cette dépendance, voire s’en acquitter complètement, en pratique, il faudra adapter rapidement les infrastructures et le mix énergétique. Le coût de cette adaptation sera impactant, y compris sur la facture du consommateur, et sur le court terme, le plus simple est de faire des économies d’énergie.

Laurence Poirier-Dietz, la directrice générale de GRDF s’est exprimée auprès du journal Les Echos, ce mardi 29 mars. Pour elle, « il est important que l’ensemble des Français agissent dès maintenant en baissant légèrement leur chauffage ou en préférant les douches aux bains ».

douche-eau-chaude

Même si à ce jour, selon elle, une interruption des approvisionnements russes « n’aurait pas de conséquence parce qu’on est en fin d’hiver. On a suffisamment de gaz provenant d’autres sources et de stockage pour assurer jusqu’à l’hiver prochain. La question se posera lors du remplissage des stockages, qui se passe pendant l’été », a-t-elle précisé.

A la suite de cette demande, Fabien Roussel a réagit aux micros de FranceInfo. Candidat à la présidentielle, il montre un certain agacement et demande à ce qu’on « arrête de demander à ceux qui n’ont rien ou peu de continuer à faire des efforts [d’économies d’énergie]. Ceux qui disent ça ne se rendent pas compte dans quel pays on vit ».

De fait, sortir de la dépendance au gaz russe s’avère compliqué, mais le conflit en Ukraine qui ne faiblit pas pousse un peu plus les gouvernements à chercher des solutions. Quelles sont les alternatives pour pallier la sortie du gaz russe ?

Retour des centrales à charbon

Parallèlement à ces pistes, Thierry Breton explique que faire des économies d’énergie, c’est bien, mais que « le compte n’y est pas encore et cela ne suffira sûrement pas. Si l’on veut faire plus, alors toutes les options doivent être considérées. Il nous faut préparer et discuter un scénario zéro hydrocarbure russe ». Thierry Breton, Commissaire européen, travaille en effet sur l’impact que pourrait avoir l’arrêt de l’approvisionnement russe sur les chaînes industrielles. Avec les améliorations du renouvelable et l’importation de GNL, on comble environ les deux tiers de ce que fournit la Russie à l’Europe en gaz. Pour le dernier tiers manquant, l’Europe ne pourra pas se passer de solutions fâcheuses pour le climat. Dans un premier temps en tout cas, on parle alors de repousser, comme l’a fait l’Allemagne, la fermeture des centrales à charbon françaises.

Le ministère de la Transition énergétique explique qu’avec « la guerre en Ukraine, nous sommes dans une nouvelle configuration. Nous avons demandé à RTE d’actualiser ses scénarios pour l’hiver prochain. Nous évaluerons la situation en fonction ». Deux centrales à charbon sont encore en activité en France dont une qui devrait fermer définitivement dans les prochains jours.

GNL

Il s’agit là de la principale porte de sortie. En effet, il est prévu d’augmenter les importations de gaz naturel liquéfié (GNL). Selon la Commission, cela est possible, que ce soit en provenance des Etats-Unis, d’Amérique latine, du Qatar ou bien d’Australie. Cependant, il faudra convaincre ces importateurs de venir vers l’Europe, car actuellement, ils sont tournés vers l’Asie, où ils le vendent à prix fort.

Un travail diplomatique a été lancé avec la Norvège, l’Algérie et le Kazakhstan.

mix électrique en France

Les énergies renouvelables

Un sujet qui fait couler de l’encre et enflamme actuellement les scènes politiques. En effet, pour pallier la pénurie éventuelle de gaz, il va falloir redoubler d’efforts sur les énergies renouvelables. Parmi elles, la gestion des déchets. Une meilleure exploitation de ces derniers pourrait permettre à l’Europe de produire 50 % de biogaz en plus. Il faudrait, pour accélérer la diversification française, simplifier les procédures administratives qui plombent la filière renouvelable, notamment le solaire et l’éolien.

Le « Green deal », qui doit mener l’Europe à la neutralité carbone, préconise aussi une accélération dans la rénovation thermique des bâtiments.

Le rôle du nucléaire

Là encore, même si l’Europe compte bien sortir du nucléaire, en commençant par nos pays voisins comme l’Allemagne ou la Belgique, le report de fermeture de certaines centrales est remis en question. Environ 30 % de l’électricité européenne est fournie par la nucléaire, et cela réduit l’importation et ses coûts. Le nucléaire doit donc aujourd’hui tenir son rôle « tampon » dans la production d’énergie.

Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), explique que tout doit être mis en œuvre pour faire des économies d’énergie. Ces dernières doivent se faire au stade industriel, bien sûr, mais aussi chez les particuliers. « Tous les freins liés à l’urbanisme, à la concurrence ou à l’environnement doivent s’effacer devant l’urgence ». Selon lui, « il faut économiser du gaz et de l’électricité en France dès maintenant. Sinon, cela pourrait mal se passer l’hiver prochain. Chacun doit faire un effort. Les industriels, le tertiaire, les bâtiments publics, mais aussi chacun d’entre nous. Que ce soit en baissant le chauffage, la climatisation, les lumières. Il y a urgence et chacun doit s’y mettre ».

Ce qui pourrait arriver si la sobriété énergétique n’est pas au rendez-vous

Daniel Fischer, maire d’une petite commune de 4300 habitants explique que la grimpée des prix en pleine crise de l’énergie lui fait revoir tout son budget. La hausse des prix d’énergie et de carburant importante laisse un goût amer dans tous les secteurs. Pour certaines communes, ce sont les piscines qui ferment. C’est donc au même moment, aux micros de BFM TV. que ce maire s’exprime, aux côtés de Marie Dégremont, une chercheuse associée à Sciences Po, spécialisée dans la transition énergétique.

Elle explique alors que « à court terme, c’est très compliqué […]. On n’a pas suffisamment rénové les maisons, pas assez réduit notre consommation d’énergie pour pouvoir absorber ce choc. Pour cet hiver, il va falloir faire des coupures des industriels. Ce sont de gros consommateurs, cela va soulager le réseau ». Les économies d’énergie nécessaire, ça peut aussi être « des coupures tournantes, dans le pire des cas qu’on ne veut pas atteindre. […] On est pieds et poings liés, pour l’urgence, dans le court terme. Ca fait mal au cœur mais on doit donc s’appuyer sur les centrales à charbon pour ne pas avoir de blackout. »

centrale charbon

Lors de cet entretien, Marie Dégremont continue en démontrant que l’hiver prochain est problématique, puisqu’il « dépendra des conditions climatiques, ce qui n’est pas du tout sécurisant ». En effet, il existe un plan qui est organisé. « On coupe certains industriels, on les aura prévenus, c’est contractualisé. Ensuite, on réduit la tension sur les réseaux de distribution, on réduit la qualité de service d’électricité pour, à la fin, faire des coupures tournantes. » En ressort de ce reportage qu’un tiers du gaz importé de Russie reste à trouver, et que ce dernier ne pourra être récupéré que sur des changements de comportements.

Des économies d’énergie : le rôle crucial des stocks souterrains de gaz

La question qui se pose est de savoir si les sites de stockage souterrains pourront être remplis pour l’hiver prochain. Si à ce jour, le risque d’une véritable pénurie est éloignée par une campagne d’injection en bonne voie, au vu de l’explosion des prix appuyée par la guerre en Ukraine, la facture va peser dans le budget. L’injection doit être massive et atteindre les 80 % en novembre. Le ministère de la Transition écologique qui aimerait atteindre les 100 % explique qu’elle « aimerait aller au-delà. Dans le contexte incertain où nous sommes, plus les stocks seront pleins, mieux ce sera ».

« Aux cours actuels, le remplissage des stockages français à hauteur d’une centaine de térawattheures pourrait coûter de l’ordre de 10 milliards d’euros », précise la CRE. Soit cinq fois plus cher que la normale. Une dépense qui, d’habitude, est reportée sur la facture du consommateur, actuellement protégé par le bouclier tarifaire et le gel des prix du gaz.

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