Compteur électrique Linky : prise en main et avantages

Envie de changer de fournisseur d'électricité ?
Comparez et changez d'offre gratuitement avec les experts JeChange :

L'offre du moment à -15,5% (HT) par rapport au tarif réglementé
De l'électricité verte à prix fixe moins chère
Déployé dans plus de 35 millions de foyers français depuis 2015, le compteur Linky a transformé la gestion quotidienne de l'électricité. Au-delà de son boîtier vert reconnaissable, ce dispositif communicant a révolutionné deux aspects majeurs : la réalisation d'opérations techniques sans déplacement de technicien et l'accès à des données fines de consommation. Son fonctionnement bidirectionnel constitue la brique de base des réseaux électriques intelligents, en permettant au passage d'intégrer les énergies renouvelables.
Qu'est-ce que le compteur électrique Linky ?

Le Linky représente la troisième génération de compteurs électriques après les modèles électromécaniques à disque et les compteurs électroniques. Sa particularité fondamentale réside dans sa capacité à échanger des données dans les deux sens : il remonte automatiquement les informations de consommation vers le gestionnaire de réseau, et reçoit en retour des instructions pour piloter certaines opérations à distance. Cette communication bidirectionnelle explique la qualification de compteur communicant, terme qui le distingue des anciens modèles limités à une fonction de mesure passive.
Techniquement, Linky cumule trois fonctions distinctes :
- un appareil de mesure certifié selon les normes métrologiques européennes (directive MID 2014/32/UE) ;
- une interface de communication sécurisée intégrée au système d'information d'Enedis ;
- et un terminal de télé-opération permettant d'exécuter des commandes sans intervention physique sur site.
Cette triple fonction transforme chaque compteur en nœud actif du réseau électrique.
Comment utiliser son compteur Linky ?
Pour exploiter efficacement le compteur Linky, il faut comprendre l'organisation de son interface et savoir extraire les informations stratégiques parmi la vingtaine d'écrans disponibles. On pourra regretter une ergonomie spartiate (écran LCD monochrome, deux boutons de navigation).
- Indicateur lumineux de consommation instantanée : le voyant vert clignote proportionnellement à la puissance appelée. La fréquence est de 1 impulsion par Wh consommé.
- Écran d'affichage principal : il affiche successivement une dizaine d'informations différentes, accessibles par navigation. Il bascule en mode économie d'énergie (rétroéclairage éteint) après 1 minute sans interaction.
- Boutons de navigation : deux touches + et - permettent de faire défiler manuellement les écrans. Architecture en boucle : après le dernier écran, on revient au premier.
- Bouton de réarmement : mécanisme intégré aux touches de navigation. Lorsqu'une coupure survient par dépassement de puissance (affichage PUISSANCE DÉPASSÉE sur l'écran), le compteur attend que la charge diminue puis autorise un réarmement par un appui prolongé sur le bouton + pendant 3 secondes. Si le réarmement échoue (charge toujours excessive ou défaut d'installation), le compteur refuse et un appel au service dépannage devient nécessaire.
- Compartiment technique sous capot : zone contenant les borniers de raccordement, le module de téléinformation client (sortie TIC permettant de connecter un système domotique tiers pour récupérer les données en temps réel), les protections et fusibles internes.
Quels sont vos problèmes avec votre compteur Linky ?
Les informations disponibles
Le compteur Linky stocke et affiche une dizaine de données techniques accessibles localement par navigation sur l'écran. Comprendre leur signification permet d'exploiter les capacités du compteur.
- Nom du contrat et option tarifaire : affichage du type d'option souscrite avec des codes normalisés. Typiquement : « BASE » pour option base (prix unique du kWh quelle que soit l'heure), « HEURE PLEINE »/« HEURE CREUSE » pour l'option HP-HC.
- Puissance souscrite : puissance maximale contractuellement autorisée, exprimée en kVA (kilovoltampères). Le dépassement de cette puissance déclenche une coupure avec message explicite sur l'afficheur.
- Index de consommation horosaisonnalisés : selon l'option tarifaire souscrite, le compteur gère plusieurs plages tarifaires. Option Base : un seul index total. Option HP-HC : deux index séparés permettant de vérifier la répartition réelle de la consommation et la rentabilité de l'option. Option Tempo : 6 index distincts (jours bleus HC/HP, jours blancs HC/HP, jours rouges HC/HP). Option saisonnière : distinction été/hiver.
- Puissance apparente instantanée : mesure en temps réel de la puissance appelée exprimée en VA. Rafraîchie chaque seconde, cette valeur permet d'observer l'impact immédiat d'un appareil ; par exemple allumer un four de 2 500 W fait grimper instantanément la puissance apparente d'environ 2 500 VA (soit 2,5 kVA).
- Puissance maximale atteinte : mémorisation du pic de puissance apparente depuis la dernière remise à zéro (effectuée automatiquement chaque jour). Information cruciale pour dimensionner correctement la puissance souscrite.
- Numéro PRM (Point de Référence et de Mesure) : identifiant unique du point de livraison composé de 14 chiffres. Attaché au point de livraison électrique, le PRM reste identique même si le compteur est remplacé.
Deux unités de mesure coexistent sur Linky et leur confusion génère régulièrement des incompréhensions :
- kWh (kilowattheure) : unité d'énergie mesurant une quantité consommée sur une durée. 1 kWh = consommation d'un appareil de 1 000 W pendant 1 heure, ou 100 W pendant 10 heures. C'est la métrique facturée sur la partie variable de la facture.
- kVA (kilovoltampère) : unité de puissance apparente mesurant la capacité instantanée appelée. Elle détermine le dimensionnement du compteur et de l'abonnement. 1 kVA ≈ 1 000 W en courant alternatif domestique pour des appareils simples (chauffage, four, éclairage). La puissance souscrite en kVA conditionne le seuil de déclenchement : abonnement 6 kVA = coupure si la puissance apparente dépasse environ 6 000 VA.
Suivre sa consommation électrique
En exploitant les données transmises par Linky, de nombreux fournisseurs et entreprises spécialisées mettent à disposition un outil en ligne de visualisation et d'analyse de la consommation d'électricité. Ces interfaces, via un espace en ligne voire une application mobile dédiée, offrent plusieurs fonctionnalités exploitables pour optimiser ses usages et réduire sa facture :
- Consultation de courbes de consommation granulaires : visualisation au pas horaire (voire au pas de 30 minutes), quotidien, hebdomadaire ou mensuel.
- Identification des postes de consommation par analyse comportementale : en observant les courbes, certains patterns deviennent visibles : le talon de consommation constant 24h/24 (ligne de base jamais en dessous de X kWh/jour) révèle les appareils permanents (réfrigérateur/congélateur, box internet, appareils en veille), le pic systématique en fin de journée (18h-21h) correspond à la cuisson + éclairage + présence, le pic nocturne programmé (2h-6h) signale un chauffe-eau en heures creuses. La superposition de plusieurs jours types permet d'isoler les variations (week-end vs semaine, été vs hiver).
- Détection des anomalies et dérives de consommation : une augmentation a priori inexpliquée de 20% sur une semaine alors que les habitudes restent identiques peut signaler un dysfonctionnement (chauffe-eau en surchauffe permanente par défaut de thermostat, congélateur dont le compresseur tourne en continu par joint défaillant, radiateur électrique bloqué en position haute).
Suivre sa production solaire
Pour les foyers équipés de panneaux photovoltaïques, Linky devient un outil de pilotage en mesurant séparément deux flux énergétiques distincts.
- Énergie injectée sur le réseau : surplus de production photovoltaïque réinjecté sur le réseau lorsque la production instantanée dépasse la consommation du foyer.
- Énergie soutirée du réseau : quantité d'électricité prélevée sur le réseau public lorsque la production solaire ne couvre pas les besoins du logement (nuit, faible ensoleillement, consommation supérieure à la production instantanée).
À partir de ces deux index, et en les croisant avec les données issues de l'onduleur ou d'un compteur de production, il devient possible de reconstituer finement les équilibres énergétiques du foyer. Cette lecture permet d'identifier l'énergie produite totale par l'installation photovoltaïque ainsi que la part réellement autoconsommée, sans approximation liée aux seuls relevés contractuels.
Démarches et droits relatifs au Linky
Je ne veux pas du Linky, est-il obligatoire ?
La question juridique du caractère obligatoire de Linky a été progressivement clarifiée par plusieurs décisions de justice entre 2018 et 2024. Le Conseil d'État a par exemple confirmé qu'Enedis, en tant que gestionnaire de réseau de distribution investi d'une mission de service public, dispose d'un pouvoir de gestion technique de ses installations incluant le droit de moderniser son parc de compteurs. Les usagers du réseau électrique ne bénéficient donc pas d'un droit général d'opposition au remplacement de leur compteur, même lorsque celui-ci s'inscrit dans le cadre du déploiement généralisé décidé par les pouvoirs publics (directive européenne 2009/72/CE transposée en droit français).
Sur le terrain, cette position juridique se traduit par deux configurations pratiques :
- Refus d'accès au compteur lors du passage du technicien : un occupant peut légitimement refuser l'accès à son domicile ou à la partie privative contenant le compteur à une date donnée, retardant de facto l'installation.
- Maintien durable d'un ancien compteur (électromécanique ou électronique) : depuis l'arrêté du 12 novembre 2024 modifiant le catalogue des prestations Enedis et entré en vigueur le 1er août 2025, les clients non équipés d'un compteur communicant supportent désormais des frais de gestion spécifique compensant les surcoûts induits par le maintien de processus manuels obsolètes parallèlement au système automatisé généralisé. Si le consommateur n'a pas de Linky car lui ou l'ancien occupant des lieux avait refusé son installation, il devra payer des frais de 93,31 € par an pour couvrir les surcoûts générés à ENEDIS, ainsi que 59,62 € supplémentaire par an pour la relève des index de consommation du compteur.
Je n'ai pas de Linky, comment en faire la demande ?
Tout nouveau propriétaire ou locataire peut faire une demande gratuite d'installation proactive de Linky hors calendrier de déploiement local s'adresse directement à Enedis ou au numéro vert 09 72 67 50 XX (XX variant selon le département).
Dès la pose effective du compteur Linky, les frais de gestion spécifique liés au maintien d'un ancien compteur cessent d'être appliqués sur les factures suivantes.
Comment est installé un compteur Linky ?
L'installation d'un compteur Linky suit un protocole standardisé défini par Enedis et appliqué par des prestataires agréés. La préparation en amont facilite l'intervention et réduit les risques d'imprévu.
- Avant le jour J : assurez-vous que l'emplacement du compteur est dégagé et accessible. Si le compteur est dans un placard, une cave, un local technique ou derrière des meubles, libérez un accès d'au moins 1 mètre devant le compteur. Le technicien doit pouvoir travailler confortablement et en sécurité. Vérifiez que vous disposez des informations d'accès (code porte, badge d'immeuble, contact gardien) et communiquez-les lors de la confirmation du rendez-vous.
- Le jour de l'intervention : une coupure de courant temporaire intervient obligatoirement, le temps de déconnecter l'ancien compteur et d'installer Linky. Durée typique de coupure : 15 à 30 minutes selon la complexité de l'installation (état du tableau électrique, accessibilité des borniers, configuration monophasée ou triphasée). Anticipez cette coupure.
- Déroulement technique :
- Relevé de l'index final de l'ancien compteur pour garantir la continuité de facturation sans perte ni double-comptage.
- Consignation électrique : coupure du disjoncteur général, vérification d'absence de tension.
- Démontage de l'ancien compteur, déconnexion des câbles d'arrivée et de départ.
- Installation physique de Linky, qui se monte sur les mêmes fixations que les anciens compteurs dans 95% des cas, évitant des travaux de modification du tableau.
- Raccordement électrique : connexion des phases (L1, L2, L3 en triphasé ou L en monophasé) et du neutre (N), serrage des borniers au couple normalisé.
- Vérification de bon fonctionnement : remise sous tension, contrôle de l'affichage, test de communication CPL avec le concentrateur, confirmation de réception du signal par le système central Enedis.
- Remise d'une notice d'utilisation expliquant les fonctions de base et les informations accessibles sur le compteur.
Linky existe en modèle monophasé (230V, une phase + neutre) couvrant plus de 90% des logements résidentiels français, et en modèle triphasé (400V, trois phases + neutre) pour les installations nécessitant des puissances plus élevées.
Comment activer son Linky pour un emménagement ?
Lors d'un emménagement dans un logement équipé d'un compteur Linky, l'obtention de l'alimentation électrique nécessite une mise en service du point de livraison, procédure administrative et technique effectuée conjointement par le fournisseur d'électricité choisi et Enedis. La téléopération permise par Linky raccourcit considérablement les délais par rapport aux anciens compteurs.
En clair, l'activation du Linky passe par la souscription d'un contrat auprès du fournisseur de votre choix. Le marché de fourniture d'électricité étant totalement ouvert à la concurrence depuis 2007, vous pouvez choisir librement parmi une vingtaine de fournisseurs actifs en France (EDF au tarif réglementé ou offres de marché, Engie, TotalEnergies, etc.). La souscription peut se faire en ligne ou par téléphone.
Le fournisseur transmet ensuite automatiquement la demande de mise en service technique à Enedis, seul gestionnaire habilité à activer physiquement le compteur. Le délai standard est inférieur à 24 heures et l'activation se fait à distance, sans intervention physique d'un technicien. Le compteur Linky reçoit une commande de réarmement envoyée via CPL depuis le concentrateur.
Comment demander un compteur de chantier temporaire ?
Pour alimenter électriquement un chantier de construction, de rénovation, un événement éphémère (festival, manifestation sportive), ou une installation temporaire (barnum, préfabriqué), Enedis propose des branchements provisoires dimensionnés pour des besoins temporaires.
La demande de branchement provisoire se fait directement auprès d'Enedis ou via un fournisseur d'électricité.
Y a-t-il des craintes à avoir pour sa santé avec Linky ?
Les interrogations sanitaires autour de Linky se cristallisent principalement sur deux sujets : l'exposition aux champs électromagnétiques générés par la communication CPL, et les incidents de départs de feu signalés lors des premières vagues de déploiement.
Champs électromagnétiques et classification cancérigène
Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence de l'Organisation Mondiale de la Santé, a classé en 2011 les champs électromagnétiques de radiofréquences dans le groupe 2B ("agent peut-être cancérogène pour l'Homme"). Ce classement signifie qu'il existe des preuves limitées de cancérogénicité chez l'homme et des preuves insuffisantes chez l'animal, justifiant une surveillance prudente mais ne démontrant pas de lien de causalité avéré. Le groupe 2B regroupe 322 agents très hétérogènes incluant également le café, les légumes au vinaigre, le talc, et certains extraits de plantes.
Plusieurs campagnes de mesure indépendantes ont été réalisées. L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) a publié en juin 2017 un rapport d'expertise collectif concluant que l'exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants ne présente pas de risque pour la santé des usagers et des personnes intervenant sur ces équipements, compte tenu des niveaux d'exposition très faibles.
Risques d'incendie
Entre 2016 et 2019, plusieurs dizaines de cas de départs de feu impliquant des compteurs Linky nouvellement installés ont été signalés. Enedis a recensé officiellement 58 incidents avec départ de feu sur la période 2016-2019 pour environ 30 millions de compteurs installés, soit un taux d'incident de 0,0002%. À titre de comparaison, les anciens compteurs électromécaniques connaissaient également des incidents d'échauffement, avec un taux historique estimé autour de 0,0001 à 0,0003% selon les analyses rétrospectives.
Les investigations menées par des cabinets d'expertise indépendants mandatés par les tribunaux dans le cadre de litiges ont convergé vers deux facteurs principaux, rarement liés au compteur Linky lui-même mais à son environnement : défaut préexistant de l'installation électrique ou de la platine de support, l'installation d'un compteur neuf sur une installation dégradée crée un point de résistance anormale pouvant générer un échauffement localisé ; et plus souvent le serrage insuffisant ou excessif des borniers lors de la pose créant une résistance de contact élevée ou déformant la borne, ce qui peut générer un échauffement progressif.
Principes de fonctionnement du Linky
Pour transmettre et recevoir des informations, le compteur Linky s'appuie sur la technologie des courants porteurs en ligne (CPL), développée initialement dans les années 1950 pour les télécommunications sur lignes haute tension. Le CPL exploite les câbles électriques basse tension déjà déployés pour superposer un signal numérique au courant alternatif 230V/50Hz. Les données circulent dans une bande de fréquence distincte, typiquement entre 35,9 kHz et 90,6 kHz selon la norme G3-PLC utilisée par Enedis, ce qui permet une cohabitation sans interférence avec l'alimentation électrique. Les trames de données transitent chiffrées avec un protocole de sécurité garantissant l'intégrité et la confidentialité des échanges.
L'architecture de communication s'organise selon une topologie hiérarchisée en deux étapes successives :
- Maille locale (dernier kilomètre) : chaque compteur Linky dialogue avec un concentrateur via le réseau CPL sur les câbles basse tension du quartier. Cette communication locale fonctionne en permanence pour assurer la remontée quotidienne des index et permettre les téléopérations.
- Remontée vers le système central : les concentrateurs, installés dans les postes de transformation HTA/BT d'Enedis, agrègent les données collectées puis les acheminent vers les serveurs centraux via un réseau de télécommunication dédié. Cette liaison utilise soit le réseau mobile (GPRS/3G/4G selon les zones), soit une connexion filaire ADSL ou fibre optique, avec redondance pour garantir la continuité de service. Outre la collecte des données de consommations, il assure également la synchronisation temporelle des compteurs, la gestion des mises à jour de firmware à distance, le routage des commandes de téléopération, et la détection d'anomalies réseau (micro-coupures, défauts de tension).
Le système maintient donc un fonctionnement autonome local : en cas de panne du réseau de télécommunication, le compteur continue de mesurer et stocker les données qui seront transmises lors du rétablissement. Chaque Linky embarque une mémoire tampon capable de conserver jusqu'à 60 jours d'historique de consommation au pas de 30 minutes.

Un concentrateur gère généralement entre 200 et 1 000 compteurs selon la densité urbaine. La France compte environ 750 000 postes de transformation publics, donc autant de concentrateurs déployés dans le cadre du programme Linky.
Les avantages du compteur Linky
Le compteur Linky transforme concrètement la relation du particulier à l'électricité à travers :
- Délais d'intervention divisés par 5 à 15 : les opérations courantes basculent en téléopération. Ils sont le plus souvent réalisés à distance sous 24 heures, contre 5 à 10 jours ouvrés avant avec le déplacement à domicile d'un technicien.
- Diagnostic de consommation exploitable : les données de consommations permettent d'avoir accès à un historique de consommation au pas de 30 minutes (avec consentement spécial) ou quotidien (par défaut). Cette granularité permet d'identifier les postes et périodes de forte consommation et donc de déterminer là où porter ses éco-gestes.
- Facturation au réel disponible : les anciens compteurs nécessitaient une relève semestrielle par un technicien ou par auto-relève, générant mécaniquement des factures basées sur des estimations statistiques pendant 5 à 6 mois. Ces estimations produisent des régularisations parfois brutales et sont sources de litiges avec les fournisseurs. Avec Linky, la consommation réelle remonte automatiquement, permettant une facturation mensuelle ajustée.
- Détection des pannes : Enedis détecte une coupure de courant avant même que les clients n'appellent le service dépannage.
- Optimisation fine de la puissance souscrite : Linky affiche la puissance apparente maximum atteinte sur une journée, or la puissance souscrite conditionne directement le coût de l'abonnement. Par exemple, un foyer dont le pic reste sous 5,5 kVA avec un abonnement 9 kVA gaspille une trentaine d'euros par an.
- Pilotage de l'autoconsommation solaire : pour les installations photovoltaïques en autoconsommation raccordées au réseau, Linky distingue les flux pour mesurer le taux d'autoconsommation réel et optimiser la rentabilité.
Une composante essentielle des réseaux intelligents
Le compteur Linky s'inscrit comme composante essentielle d'une transformation plus profonde du système électrique français vers les réseaux électriques intelligents (smart grids en anglais). Cette évolution répond à trois mutations structurelles simultanées :
- la décentralisation de la production avec la multiplication des installations solaires et éoliennes raccordées au réseau de distribution ;
- l'électrification massive de nouveaux usages (véhicules électriques, pompes à chaleur) ;
- et la nécessité d'optimiser un réseau dimensionné historiquement pour des flux descendants unidirectionnels.
La question de la sécurité des données personnelles revient toutefois naturellement dans les discussions autour de Linky. Les courbes de consommation détaillées révèlent potentiellement des informations sur les habitudes de vie (présence/absence, rythme quotidien), suscitant des craintes légitimes sur les usages commerciaux ou malveillants de ces données.
Le cadre juridique et technique structure strictement la collecte et l'usage de ces informations selon plusieurs principes complémentaires. Enedis collecte uniquement l'index quotidien total (consommation globale de la journée), insuffisant pour déduire des habitudes fines. L'accès à la courbe de charge au pas de 30 minutes nécessite un consentement explicite du client, révocable à tout moment. Aussi, les données transmises entre le compteur et les serveurs Enedis circulent chiffrées. Chaque compteur possède une clé de chiffrement unique, renouvelée périodiquement ; et une interception des communications CPL ou du réseau de télécommunication ne permet pas de déchiffrer les trames sans la clé.
Quels sont les types de compteurs électriques en France ?
Depuis le lancement du programme Linky en 2015 et son déploiement intensif jusqu'en 2024, le paysage des compteurs électriques français a profondément basculé. Sur les 40 millions de points de livraison résidentiels, environ 37,6 millions sont équipés de compteurs communicants Linky (fin 2025, ce qui donne un taux de déploiement proche de 95%). Les 2 millions restants se répartissent entre compteurs électromécaniques anciens et compteurs électroniques de génération intermédiaire.
Sur le terrain, trois grandes familles de compteurs coexistent donc encore :
- Le compteur communicant Linky ;
- Le compteur électromécanique à disque ;
- Le compteur électronique à affichage digital .
En neuf, seuls des Linky peuvent être installés. Aussi, tout remplacement en cas de panne se fait systématiquement par un Linky.
Le compteur électromécanique à disque tournant

Le compteur électromécanique (souvent appelé "compteur à disque") représente la technologie historique déployée massivement entre les années 1950 et 1990. Son fonctionnement repose sur un principe électromagnétique inventé en 1889 par l'ingénieur hongrois Ottó Bláthy : le courant électrique traversant le compteur crée un champ magnétique proportionnel à la puissance consommée, mettant en rotation un disque d'aluminium monté sur un axe. La vitesse de rotation du disque est directement proportionnelle à la puissance instantanée appelée : consommation élevée = rotation rapide, consommation faible = rotation lente. Un système d'engrenages mécaniques relie l'axe du disque à des cadrans à aiguilles affichant l'index cumulé en kWh.
Les compteurs électromécaniques encore en service ont généralement entre 30 et 70 ans d'âge (certains modèles des années 1960-1970 fonctionnent toujours).
Le compteur électronique à affichage digital

Le compteur électronique constitue une génération intermédiaire entre le compteur électromécanique et Linky, déployée massivement entre 1995 et 2015.
Technologiquement, il mesure la consommation par analyse numérique des signaux de tension et de courant (convertisseurs analogiques-numériques, microprocesseur embarqué) et affiche les informations sur un écran LCD, mais ne dispose pas de capacité de communication bidirectionnelle à distance (pas de CPL, pas de remontée automatique d'informations vers Enedis).
