Choisir la puissance du compteur électrique

Puissance du compteur électrique: estimer, connaître, changer

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Le choix de la puissance du compteur électrique (exprimée en kVA) faite auprès de son fournisseur dépend de ses besoins en électricité, car elle définit la quantité maximum de puissance que les appareils électriques du logement (en kW) pourront appeler au même moment sans provoquer de coupure. L'objectif consiste donc à trouver le juste niveau car trop basse, le disjoncteur saute ; mais trop haute, l'abonnement est trop cher sans intérêt.

  • Les niveaux et les besoins : 3 kVA convient à des usages légers, 6 kVA couvre la plupart des foyers, 9 kVA à 12 kVA vise les maisons plus équipées, et au-delà on entre dans des configurations spécifiques.
  • En règle générale : la puissance la plus courante reste 6 kVA, car elle couvre la majorité des usages quotidiens d'un foyer équipé d'électroménager standard, tout en maintenant un abonnement raisonnable. Les studios et petits logements sont souvent à 3 kVA et à l'autre extrémité, les maisons plus grandes, surtout lorsqu'elles se chauffent à l'électricité ou via une pompe à chaleur, basculent fréquemment en 9 kVA voire 12 kVA pour encaisser les pointes de puissance.
  • Où la retrouver : la puissance souscrite figure sur les factures, s'affiche sur le compteur Linky au niveau de l'index P SOUSCRITE, peut être confirmée par le service client du fournisseur, et apparaît dans les applications de suivi de consommation.
  • Comment l'estimer : on additionne les puissances des appareils susceptibles de fonctionner simultanément, en tenant compte des pointes (démarrage d'un compresseur, cycle de chauffe d'un ballon, préchauffage d'un four).
  • Impact sur la facture : l'abonnement augmente avec la puissance souscrite, car il rémunère une capacité mise à disposition par le réseau.
  • En changer : la demande passe par le fournisseur, qui sollicite ensuite Enedis ; avec Linky, l'ajustement se fait généralement à distance sous 1 jour et coûte 4,28 €.

Quel niveau de puissance pour quels besoins ?

L'enjeu du choix de la puissance consiste à éviter deux erreurs :

  • sous-dimensionner (et générer des disjonctions) ;
  • ou sur-dimensionner (et payer un abonnement trop cher).

Les paliers 3 kVA, 6 kVA, 9 kVA et 12 kVA couvrent la grande majorité des logements, tandis que 15 kVA et au-delà concernent des configurations plus spécifiques ou très équipées.

Connaissez-vous (de tête) votre puissance de compteur électrique ?

Choix

Mais avant de se fixer sur un chiffre, il faut relier la puissance souscrite à une idée très concrète : quels appareils peuvent fonctionner en même temps ? Car une puissance de compteur décrit une capacité instantanée. Pour un foyer, cela va correspondre à ses usages qui se concentrent sur une même tranche horaire : cuisson (four), lave et sèche-linge, recharge d'un véhicule, chauffage qui relance ou climatisation.

  • Un studio sans chauffage électrique n'appelle pas les mêmes pointes qu'une maison tout électrique avec borne de recharge dans laquelle vivent 5 personnes.
  • La surface du logement joue souvent comme un bon indicateur, car elle va de pair avec le nombre de pièces, et donc d'appareils électriques et d'usages simultanés.
  • Le chauffage électrique ou la PAC pèse particulièrement dans l'équation parce qu'il crée des pointes de puissance au démarrage ou lors des phases de rattrapage thermique.

Nombre de compteurs résidentiels par puissance, source Enedis

En France, le 6 kVA reste de loin la puissance la plus fréquente chez les particuliers, car elle encaisse la majorité des situations, tout en limitant le coût d'abonnement par rapport aux paliers supérieurs.

3 kVA : pour les studios

Le 3 kVA correspond à un profil très léger, souvent celui d'un studio ou d'un petit appartement sans chauffage électrique, parfois d'une résidence secondaire utilisée ponctuellement. La marge de simultanéité reste limitée : l'éclairage, un réfrigérateur, une box internet, un ordinateur portable et un micro-ondes passent ensemble, mais l'ajout d'un ballon d'eau chaude, d'un convecteur ou d'un appareil de cuisson puissant peut vite rapprocher de la limite. Dans la pratique, 3 kVA fonctionne bien quand l'eau chaude et le chauffage sont collectifs ou à autre chose que l'électricité.

Par contre, passer en 6 kVA sera recommandé dès que des coupures intempestives viendront entraver votre quotidien.

Puissance compteur 3 kVA

6 kVA : la plus répandue

Le 6 kVA reste le choix le plus courant chez les particuliers, tout bonnement parce qu'il convient à beaucoup d'appartements et de maisons de taille moyenne équipés d'électroménager standard, avec parfois un chauffage électrique raisonnable. L'idée n'est pas de tout faire tourner sans réfléchir, mais d'autoriser une simultanéité "normale" : éclairage complet, télévision, informatique, réfrigérateur, et en plus un appareil de cuisson ou un lave-linge, sans déclencher le disjoncteur au moindre pic. C'est aussi le palier en mesure d'absorber les micro-pointes de certains appareils (démarrage de compresseur, résistance qui s'enclenche) tant que plusieurs gros consommateurs ne s'empilent pas au même instant.

Puissance compteur 6 kVA

9 kVA : pour les maisons chauffées à l'électrique / PAC

Le 9 kVA devient pertinent dès que le logement cumule plusieurs usages puissants et simultanés, typiquement une maison ou un grand appartement où le chauffage est électrique ou assuré par une pompe à chaleur. Ce palier apporte la flexibilité parfois nécessaires pour certains le soir et le matin, moments où les différents usages électriques se superposent.

Bien qu'un passage au 9 kVA peut souvent être évité, il permet plus facilement d'enchaîner une cuisson au four, l'utilisation de plaques, un lave-vaisselle en phase de chauffe et un ballon qui relance pendant que la PAC tourne et même qu'une voiture se recharge sur une prise renforcée, sans flirter en permanence avec la coupure.

Puissance compteur 9 kVA

12 kVA : pour les maisons chauffées à l'électrique / PAC + borne de recharge

Le 12 kVA s'adresse aux logements où la puissance appelée peut grimper vite, notamment quand une pompe à chaleur ou un chauffage électrique / une climatisation se combine avec des usages domestiques lourds, et plus encore si une borne de recharge vient s'ajouter. Une borne de 7,4 kW consomme déjà une part significative de la capacité disponible, et la superposition avec un ballon en chauffe (même la nuit) ou un four en préchauffage suffit à rapprocher d'une coupure si la puissance reste limitée.

Le 12 kVA peut souvent être évité avec une programmation intelligente : la recharge peut cohabiter avec une partie des usages courants, surtout si vous programmez intelligemment les cycles (lave-vaisselle la nuit, chauffe-eau en heures creuses, recharge avec delestage automatique). Ce palier vise en particulier les familles nombreuses, dont les usages se multiplient et se superposent.

Puissance compteur 12 kVA

15 - 18 - 24 - 30 - 36 kVA : pour les besoins spécifiques

Au-delà de 12 kVA, on entre dans des configurations où la puissance de pointe devient un sujet structurant : très grande maison tout électrique, équipements spécifiques (piscine chauffée, jacuzzi, sauna), atelier ou usage semi-professionnel à domicile ; toujours avec une installation triphasée pour une répartition de charges.

15 kVA et 18 kVA sont souvent cités pour des très grandes maisons, avec des appareils qui tirent fort et qui peuvent se superposer sans qu'on ait envie d'orchestrer chaque cycle.

Les paliers 24 kVA, 30 kVA et 36 kVA restent rares chez les particuliers, mais ils existent pour des besoins atypiques.

Puissance compteur 15 kVA

Comment connaître la puissance actuelle de mon compteur ?

Cela prend 1 minute, selon ce que vous avez sous la main.

Sur une facture d'électricité

Une facture d'électricité récente papier ou en PDF dans l'espace client indique toujours la puissance souscrite, même si parfois c'est écrit en tout petit. Il suffit de repérer l'intitulé Puissance souscrite, exprimé en kVA.

Exemple de puissance compteur sur facture
Exemple de puissance souscrite mentionnée sur une facture

Sur le compteur Linky

Avec Linky, la puissance souscrite se lit directement sur l'écran. Il suffit d'appuyer sur la touche + et de faire défiler jusqu'à l'affichage P SOUSCRITE, qui donne la valeur en kVA.

Trouver la puissance sur Linky

Via le service client de son fournisseur

La puissance souscrite est une information contractuelle, donc accessible immédiatement dans votre dossier client, à condition de pouvoir vous identifier sans ambiguïté. C'est pourquoi avant de contacter le service client, gardez près de vous un identifiant de contrat, un numéro de client ou, à défaut, votre adresse exacte.

Depuis une application de suivi de consommation

Certains fournisseurs proposent leurs propres applications, et des services comme MySelectra donnent également accès à des éléments du contrat, dont la puissance souscrite.

application de suivi puissance compteur électrique

Pour faire son choix de puissance souscrite dans le cadre d'un déménagement :

  • Si le logement est neuf, vous pouvez toujours être conseillé par un professionnel de l'électricité pour choisir votre puissance souscrite.
  • Si le logement était déjà occupé auparavant, vous pouvez garder la puissance actuelle du compteur avant d'analyser plus tard si elle vous convient bien.

Puissance du compteur et prix de l'électricité

La puissance souscrite influence directement le prix de l'abonnement d'électricité, c'est-à-dire la partie fixe de la facture qui ne dépend pas de votre consommation. Plus la puissance est élevée, plus l'abonnement augmente, car vous payez une capacité de pointe mise à disposition par le réseau électrique, indépendamment du fait que vous l'utilisiez tous les jours ou seulement lors de quelques pointes.

C'est pourquoi l'ajustement de sa puissance souscrite est l'un des rares leviers sans travaux qui peut réduire la facture, à condition de rester compatible avec votre usage réel et de ne pas transformer le confort électrique en casse-tête.

Prix de l'abonnement TTC au tarif réglementé, d'une puissance à l'autre, en janvier 2026
Puissance Option Base Option HP-HC
3 kVA 140,76 € N'existe pas (encore)
6 kVA 185,64 € 188,88 €
9 kVA 232,68 € 237,72 €
12 kVA 279,84 € 285,12 €
15 kVA 324,72 € 329,88 €
18 kVA 369,12 € 376,08 €
24 kVA 465,48 € 473,64 €
30 kVA 557,28 € 564,24 €
36 kVA 651,48 € 655,32 €

La puissance a aussi parfois une incidence sur le prix du kWh, mais il dépend bien plus largement de l'option tarifaire (Base, HP/HC, Tempo) et de l'offre choisie.

En outre, la puissance peut influencer votre stratégie de consommation : avec une puissance basse, vous pouvez être poussé à reporter vos consommations pour faire tourner certains équipements sur les heures creuses ou des jours les plus favorables, par exemple en programmant un chauffe-eau, un lave-vaisselle et une recharge de véhicule.

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Quand et comment changer de puissance du compteur ?

Un changement de puissance se justifie à la hausse quand il y a des coupures répétées ou en prévision de l'ajout d'un équipement puissant, ou au contraire à la baisse quand la puissance actuelle est surdimensionnée et fait payer trop d'abonnement pour une marge jamais utilisée.

Compteur qui disjoncte

Les disjonctions répétées sont le signal clair d'une puissance souscrite trop faible et d'une simultanéité devenue plus intense.

Lorsque la somme des appareils en fonctionnement dépasse le plafond de la puissance de votre compteur souscrite actuellement auprès de votre fournisseur, Linky coupe et affiche PUIS DEPASSEE. Si l'on peut être tenté de s'adapter et de vivre avec, cela dégrade vite le quotidien : ne pas lancer un lave-linge pendant la cuisson, éviter le sèche-linge quand le ballon chauffe, repousser un chauffage d'appoint au moment où il serait utile, ne pas faire tourner le four en même temps que deux plaques électriques, etc. À force, ces arbitrages deviennent une contrainte permanente, et certaines coupures peuvent aussi dégrader des équipements sensibles, surtout si elles surviennent en pleine utilisation.

Si les coupures surviennent malgré une organisation raisonnable, augmenter d'un palier devient souvent le choix le plus simple, car le surcoût d'abonnement se justifie par un confort retrouvé et une meilleure liberté de programmation. En outre, l'index PUIS COUP permet de déterminer quelle puissance avait été appelée pour faire disjoncter le compteur.

Ajout d'un équipement puissant

L'installation d'un nouvel équipement peut suffire à rendre trop faible une puissance autrefois confortable. Les exemples classiques sont la pompe à chaleur, la climatisation, les plaques induction, un second congélateur, un sèche-linge plus puissant, ou une borne de recharge de véhicule électrique. Le point commun est la capacité à créer une pointe de puissance.

Suppression d'un équipement puissant

À l'inverse, supprimer un appareil électrique puissant (chauffage électrique et/ou ballon remplacé par un modèle aérothermique ou une chaudière à pellets, arrêt d'une piscine chauffée) peut rendre possible une baisse de puissance et donc une baisse d'abonnement.

Analyse de son outil de suivi conso

Beaucoup d'applications de suivi en ligne des consommations électriques, qu'elles soient proposées par un fournisseur ou par un service tiers, affichent les courbes de charge et des indicateurs comme la puissance maximale atteinte jour après jour.

Certaines, comme MySelectra, sont en mesure de vous indiquer en toutes lettres la puissance la plus adaptée à votre consommation.

Cette fonctionnalité est utile tant après un changement d'usage qu'en amont, ou pour détecter un surdimensionnement.

Analyse visuelle de la puissance appelée du compteur

En affichant PUISSANCE APP sur l'écran, vous voyez la puissance soutirée en temps réel, selon la somme de la puissance des appareils actifs à l'instant. Cela permet de faire un diagnostic concret : lancer la plaque, puis le four, puis un lave-vaisselle, et constater la puissance atteinte.

L'écran PUISSANCE MAX complète l'analyse en montrant le pic quotidien (affichée en VA, donc à diviser par 1000 pour comparer à une puissance en kVA), ce qui est utile pour comprendre si vous touchez la limite seulement de façon accidentelle ou de manière répétée, mais aussi pour faire des calculs en prévision de l'installation d'un nouvel appareil électrique puissant. Il est aussi utile pour identifier une puissance souscrite inutilement trop élevée.

Prix et délais d'intervention

Pour faire la demande, le consommateur doit contacter son fournisseur d'électricité par téléphone ou via l'espace client, qui transmet l'ordre d'intervention à Enedis (le gestionnaire du réseau de distribution) afin qu'il réalise l'ajustement.

Pour un logement équipé d'un compteur Linky, le changement de puissance est facturé 4,28 € et il est généralement réalisé en 1 jour ouvré, ou à la date souhaitée si vous planifiez l'opération avec votre fournisseur. L'ajustement se fait à distance.

Pour un compteur classique (électronique ou électromécanique), l'intervention est facturée 43,57 € avec un délai standard de 10 jours ouvrés. Un traitement accéléré à 5 jours ouvrés est possible avec un supplément de 43,76 €. A noter que si vous demandez l'installation gratuite d'un Linky, la modification de puissance est gratuite pendant 1 an.

Dans tous les cas, le coût apparaît sur une facture ultérieure via le fournisseur, et la nouvelle puissance modifie ensuite votre abonnement, donc votre part fixe mensuelle.

FAQ

Quelle différence entre kW et kVA ?

Le kilowatt et le kilovoltampère décrivent deux facettes d'une même réalité électrique.

  • Le kilowatt (kW) mesure la puissance active, celle qui se transforme réellement en chaleur, en mouvement ou en travail utile dans vos équipements : c'est la partie "efficace" de l'électricité. La puissance des appareils électriques se mesure en kilowatts.
  • Le kilovoltampère (kVA) mesure la puissance apparente, qui combine puissance active et puissance réactive, cette dernière circulant dans le système sans produire directement de travail utile, mais en sollicitant quand même le réseau. La puissance est mesurée en kilovoltampères par les compteurs électriques.

Dans les faits, dans un logement, l'écart entre kW et kVA est très faible, car beaucoup d'appareils ont un facteur de puissance proche de 1, mais il peut exister, notamment avec certains moteurs, alimentations et équipements électroniques.

Quelle relation entre puissance et consommation (en kWh) ?

La puissance et la consommation se relient par une équation simple : l'énergie (kWh) correspond à la puissance (kW) multipliée par le temps (h).

Un appareil de 2 kW qui fonctionne 3 heures consomme 6 kWh, indépendamment du fait par ailleurs que votre compteur soit à 6 kVA ou 12 kVA. C'est la raison pour laquelle augmenter la puissance souscrite n'augmente pas mécaniquement votre consommation : cela augmente surtout votre confort de simultanéité, en limitant les coupures lorsque plusieurs appareils fonctionnent en même temps.

En revanche, une puissance plus confortable peut faciliter certains usages additionnels, par exemple recharger un véhicule électrique tout en cuisinant et en chauffant l'eau, ce qui peut conduire certains foyers à consommer davantage, mais cela vient de l'usage et pas du compteur.

Consommation moyenne par option selon la puissance souscrite
Option Puissance souscrite Conso moyenne par foyer
BASE 3 kVA 934 kWh
6 kVA 2 213 kWh
9 kVA 3 848 kWh
12 kVA 5 715 kWh
15 kVA 6 588 kWh
18 kVA 6 858 kWh
24 kVA 12 112 kWh
30 kVA 14 377 kWh
36 kVA 16 802 kWh
HP/HC 6 kVA 3 810 kWh
9 kVA 6 462 kWh
12 kVA 8 382 kWh
15 kVA 9 337 kWh
18 kVA 11 117 kWh
24 kVA 16 206 kWh
30 kVA 18 757 kWh
36 kVA 20 764 kWh
Tempo 6 kVA 3 425 kWh
9 kVA 6 552 kWh
12 kVA 8 382 kWh
15 kVA 9 196 kWh
18 kVA 11 930 kWh
30 kVA 21 632 kWh
36 kVA 27 128 kWh

Source : Base de données clients EDF, fin 2024.

On observe une concentration massive sur 6 kVA en option Base, ce qui colle avec l'idée d'un standard qui convient à beaucoup de logements. À l'inverse, les options HP/HC et Tempo attirent plus souvent des foyers qui cherchent à déplacer des consommations significatives (ballon d'eau chaude, parfois recharge), ce qui augmente la probabilité d'installer une puissance supérieure, parce que les appareils concernés sont puissants et peuvent se superposer.

En physique, qu'est-ce que la puissance de compteur ?

En physique, la puissance décrit un débit d'énergie, c'est-à-dire la vitesse à laquelle une énergie est transférée ou transformée. La puissance associée à un compteur domestique correspond à la puissance maximale que l'installation peut appeler sans que le dispositif de protection (le disjoncteur) ne coupe l'alimentation. Cette notion se comprend en reliant tension (U), intensité (I) et déphasage (φ) dans un réseau alternatif.

Concrètement, cette puissance de compteur représente une capacité de pointe mise à disposition du logement, dimensionnée pour absorber des appels simultanés sans mettre en danger l'installation ni surcharger le réseau local. C'est pour cela qu'elle est contractuelle et exprimée en kVA, unité adaptée à la puissance apparente en courant alternatif.

Pour clarifier, on distingue trois puissances complémentaires : apparente, active et réactive, qui s'articulent entre elles selon le facteur de puissance des appareils.

Puissance apparente

La puissance apparente se note généralement S et s'exprime en voltampères (VA). Elle se calcule par la relation S = U × I, où U est la tension en volts et I l'intensité en ampères. Dans un logement, c'est cette puissance qui se rapproche le plus de la notion de "capacité maximale" fournie, car elle tient compte de l'intensité totale circulant dans les conducteurs. Elle correspond à la combinaison de la puissance active et de la puissance réactive, ce qui explique que le compteur puisse limiter en kVA même si les appareils affichent des kW.

L'unité contractuelle en kVA est simplement un passage à l'échelle : 1 kVA = 1000 VA. Dans les affichages Linky, certains écrans utilisent le VA, ce qui impose de diviser par 1000 pour comparer à une puissance souscrite en kVA.

Puissance active

La puissance active se note P et s'exprime en watts (W). Elle se calcule par P = U × I × cos φ, où cos φ représente le facteur de puissance, lié au déphasage entre tension et courant. C'est la puissance "utile" : celle qui se transforme réellement en chaleur (radiateur, four), en mouvement (moteur), ou en énergie mécanique.

C'est cette puissance qui, intégrée dans le temps, donne les kWh consommés et facturés. Dans un logement, quand cos φ est proche de 1, P et S deviennent proches, ce qui rend la différence kW / kVA moins visible.

Puissance réactive

La puissance réactive se note Q et s'exprime en voltampères réactifs (VAR). Elle se calcule par Q = U × I × sin φ. On la qualifie souvent de "non utile" car elle ne produit pas directement de travail, mais elle est liée aux champs électromagnétiques nécessaires au fonctionnement de certains appareils, notamment ceux comportant des bobines, des moteurs ou des transformateurs.

Dans un contexte résidentiel, son impact reste généralement marginal pour l'utilisateur, car la facturation porte sur les kWh de puissance active. Pour les industriels, en revanche, la puissance réactive devient un vrai sujet, car elle sollicite le réseau et peut être prise en compte dans la gestion et le dimensionnement des installations.

Comment choisir sa puissance de raccordement ?

La puissance de raccordement correspond à la capacité que le réseau peut délivrer au point de livraison d'un logement, et elle doit rester cohérente avec la puissance souscrite. Pour un particulier, la question apparaît surtout lors d'une construction, d'une rénovation lourde ou d'un changement de configuration électrique important.

Le bon raisonnement part des usages futurs, pas des usages actuels : type de chauffage, eau chaude, cuisson, climatisation, atelier, piscine, et éventuelle recharge de véhicule. Il faut ensuite estimer la simultanéité probable, car par exemple un logement tout électrique avec recharge aura des pointes plus élevées qu'un logement où le chauffage et l'eau chaude reposent sur une autre énergie. Une fois ce besoin cadré, on choisit une puissance de raccordement qui laisse une marge raisonnable, sans tomber dans le surdimensionnement coûteux.

  • Dans la pratique, la grande majorité des projets résidentiels se caleront sur des paliers domestiques courants, soit 12 kVA monophasé.
  • Mais si des équipements spécifiques sont prévus, il est pertinent d'anticiper dès le raccordement, car un ajustement ultérieur peut être plus complexe. Cela passera par du 36 kVA triphasé.

Monophasé ou triphasé : quel rapport avec la puissance ?

Le monophasé et le triphasé décrivent la manière dont l'électricité est distribuée dans l'installation, et cela influence la façon dont la puissance disponible est répartie.

  • En monophasé, toute la puissance passe sur une seule phase, ce qui simplifie l'installation et convient à la plupart des logements jusqu'à des puissances courantes.
  • En triphasé, la puissance totale est répartie sur trois phases, ce qui permet d'alimenter des équipements spécifiques tout en limitant les intensités par phase, mais impose un équilibre des charges : si une phase est trop sollicitée, elle peut provoquer des coupures même si la puissance totale semble suffisante.
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