Gaz russe en Europe : controverse et retraits des projets

Plusieurs enseignes, européennes et américaines, ont décidé de cesser le financement de projets de gaz russe et quittent le pays.

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Même si les sanctions ciblées contre la Russie n’engagent pas le secteur de l’énergie, plusieurs producteurs ont décidé de couper les liens qui les unissent au gaz russe. Comment cela se déroule-t-il ?

ExxonMobil décide de rompre le lien

Il s’agit ici d’une société pétrolière américaine dont le siège social est situé dans la région de Dallas. ExxonMobil est un groupe qui détient environ 30 % dans l’actif pétrolier de l’Extrême-Orient russe. Ce dernier a décidé de quitter l’entreprise du pétrolier offshore russe Sakhalin-1. Si aucun délai n’a été donné à ce jour, il entame un long processus pour cesser ses activités et quitter le producteur de pétrole qu’il a dans le pays.

Le groupe Exxon a précisé qu’il comptait une rupture des liens de longue date avec le pays. S’il le considérait comme un moteur de croissance sur le long terme, « compte tenu de la situation actuelle, ExxonMobil n’investira pas dans de nouveaux développements en Russie ».

Transport du gaz naturel

ENI, le groupe revend ses parts du gazoduc, retrait des projets vis-à-vis du gaz russe

ENI quant à lui, annonce revendre ses parts. Ce dernier détient environ 33 % dans le gazoduc Blue Stream. Cette infrastructure relie la Russie à la Turquie en passant par la mer Noire. Le retrait du groupe italien serait dès lors quasi-total du pays. Le porte-parole du groupe assure que « la présence actuelle [du groupe] en Russie est marginale. Les coentreprises existantes, comme Rosneft, liées à des licences d’exploration dans la zone arctique, sont déjà gelées depuis des années ».

De plus en plus de groupes quittent le pays et les projets gaz russe

En effet, ces deux annonces viennent enrichir celles faites précédemment. Par exemple, BP a annoncé en fin de semaine son choix de se désengager de Rosneft. Il détenait 19.75 % de l’enseigne, soit environ 14 milliards, en fin d’année 2021. BP signe ici la fin de sa présence en Russie qui date de plus de 30 ans.

Shell, de son côté, a annoncé de même mettre fin à plusieurs projets dans le secteur de l’énergie. Un majeur, celui avec Gazprom, Sakhaline-2. Il s’agit là d’un énorme projet gazier dans l’Extrême-Orient russe. Ce dernier a vu la première unité de production de GNL (gaz naturel liquéfié) en Russie.

Le groupe pétrolier autrichien OMV a lui aussi refusé l’achat de parts dans un projet en Sibérie mené par Gazprom.

Un sujet qui divise les Européens

Une question que se posent les Européens depuis quelques mois face à l’explosion des prix du gaz. En revanche, le sujet s’alourdit avec la guerre se déroulant en Ukraine. Les tensions qui s’intensifient chaque jour n’arrangent en rien la situation et les prix ne cessent de grimper.

Tout d’abord, s’il s’agissait d’un bras de fer diplomatique, il est désormais militaire.

Sur fond de pénurie de gaz, nous avions déjà une limitation de Vladimir Poutine sur l’exportation du gaz vers l’Europe. Ce dernier mettant la pression sur les états bénéficiaires pour la finalisation du gazoduc Nord Stream 2. Ceci a lieu quand les stocks étaient faibles et que l’équilibre entre l’offre et la demande était déjà instable. Une crise énergétique déjà lourde.

Le gaz russe à ce jour assure plus de 20 % des besoins européens. Ces besoins sont estimés dans toutes consommations confondues, comme le transport, l’industrie, le chauffage, etc.

TotalEnergies, un groupe à part

Si le géant TotalEnergies a annoncé qu’il « n’apportera plus de capital à de nouveaux projets en Russie », il ne va pas se retirer des projets en cours dans lesquels il est impliqué. Son président, Patrick Pouyanné, explique qu’il a « une conscience aiguë de la gravité de la situation » et qu’il s’engage à respecter les sanctions européennes envers Moscou « quelles que soient les conséquences ».

Bruno Le Maire quant à lui a fait une annonce aux micros de France Info, expliquant « qu’il y a désormais un problème de principe à travailler avec toute personnalité politique ou économique proche du pouvoir russe ».

Le géant pétrolier a annoncé le 1er mars qu’il ne cesserait pas ses opérations en Russie, ce qui crée polémique.

Greenpeace, une ONG bien connue, accuse TotalEnergies de financer la guerre en déclarant qu’il s’agit de « la seule major qui refuse de couper ses liens avec l’exploitation du gaz russe, finançant directement la guerre. Nous demandons au PDG, Patrick Pouyanné, de renoncer immédiatement à tous les projets en lien avec le régime russe », déclare Hélène Bourges, chargée de campagne de Greenpeace.

Une réponse de source industrielle répond à la chaîne TF1 que, « si l’Union Européenne n’a pas mis l’énergie et le gaz dans le périmètre des sanctions, c’est bien parce qu’elle considère que l’Europe en a besoin à ce stade. Il serait donc paradoxal de la part de l’Etat français de demander par exemple à TotalEnergies, qui produit du GNL en Russie et en envoie une partie en Europe, de quitter le pays ».

En effet, le groupe ne peut se permettre de se mettre les marchés à dos, c’est-à-dire que si des sanctions visaient le gaz, première activité de TotalEnergies en Russie, elles ouvriraient la possibilité au groupe une porte de sortie. Une source travaillant dans le secteur pétrolier a en effet soutenu aux micro de TF1 que « pour qu’une entreprise s’extrait d’un pays hautement stratégique, il lui faut un prétexte. Cela passe par des sanctions ». TotalEnergies ayant précisé qu’il respecterait les sanctions européennes, peu importent « les conséquences ».

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