Proglio, PDG d'EDF, souhaite plus de visibilité sur les tarifs de l'électricité

Les résultats d'EDF sont mitigés et il se dit que son PDG, Henri Proglio, à la tête du groupe depuis 2009 serait sur la sellette. Un bras de fer est désormais entamé avec l'Etat qui lui reproche la transmission, sans l'en avoir informé, du savoir-faire nucléaire français aux chinois via la China Guangdong Nuclear Power Holding, une entreprise basée à Shenzhen. Le début de relations conflictuelles du fournisseur historique avec le nouveau gouvernement...

  • Publié le 19/02/2013 (mis à jour le 17/08/2018)
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EDF, une «baisse d'énergie» alarmante

Plus que cette histoire avec la Chine, c'est principalement la santé financière d'EDF qui préoccupe l'Etat, premier actionnaire et propriétaire pour 84 % de l'électricien français. Une mauvaise gestion apparente a fait chuter à 13,9 € l'action qui affichait 26 € en juin 2011 et 32 € lors de son introduction en bourse en 2005. L'entreprise ne vaudrait plus aujourd'hui que 25 milliards d'euros soit 65 % de moins que lors du transfert de Proglio de Véolia à EDF.

Le marasme financier d'EDF s'explique en grande partie par les coûts engendrés par le chantier du réacteur nucléaire EPR (Réacteur Pressurisé Européen) à Flamanville accusant un dérapage budgétaire de 2 milliards d'euros et celui de Finlande pour 3,7 milliards d'euros.

Pour pallier aux mauvais résultats d'EDF et entretenir son parc nucléaire, des milliards seront nécessaires. La consommation en électricité n'augmentant pas, les tarifs étant désormais sous la houlette de l'Etat et le niveau d'endettement du fournisseur électrique étant déjà très élevé, un plan d'économie d'un milliard d'euros dénommé "Spark" (étincelle) est prévu. Il touchera essentiellement les achats du groupe et se traduira dès 2013 par une diminution de 5 % en jouant à la fois sur les prix et les volumes des commandes. Henri Proglio affirme qu'en revanche, aucune économie significative ne sera réalisée sur la masse salariale. Bien que 40 % des effectifs parte à la retraite dans les 10 ans à venir, le groupe garde l'objectif d'être l'un des plus grands recruteurs français malgré un contexte économique morose.

L'épineuse question des tarifs... pour financer les investissements

Concernant directement les particuliers, il est à prévoir, selon le PDG d'EDF, une hausse de tarifs «raisonnable et raisonnée» des prix de l'électricité pour dégager des marges de manoeuvres financières qui permettront de couvrir les dépenses d'investissement sans nuire au pouvoir d'achat des français. C'est à cette augmentation de tarifs qu'EDF va certainement préparer les Français. Le groupe électrique espère en effet procéder à une hausse des tarifs réglementés de plus de 10 % en 2013 et jusqu'à 30 % d'ici 2017. Le groupe s'apprête à engager avec le gouvernement une renégociation des tarifs de la fourniture électrique tout au long de l'année 2013.

Un parc nucléaire fort coûteux

Henri Proglio dénonce la structure actuelle des tarifs qui ne permet pas de couvrir ses investissements pour moderniser le parc de Centrales. Le problème tarifaire vient du fait qu'un consommateur résidentiel est facturé 143 € le MWh alors que seuls 27 % de sa facture correspondent à la production de base. Le reste étant attribué à des taxes et à des coûts commerciaux. La récente hausse des tarifs pour financer les énergies renouvelables (le solaire et l'éolien), sources de production qu'il juge aléatoires, irrite le PDG d'EDF qui souligne par ailleurs la coûteuse maintenance du parc nucléaire atteignant 3,3 milliards d'euros en 2012. EDF a dû en effet subir le gonflement du coût de l'EPR, le recul de la production de 16 % dûe à l'arrêt des réacteurs suite à des problèmes techniques et à des contrôles complémentaires. Le groupe électrique attend aujourd'hui de l'Etat qu'il fixe avant la fin de l'année une formule pour déterminer les augmentations de tarifs de l'ARENH, le prix qu'il devra appliquer pour vendre à la concurrence une partie de sa production d'origine nucléaire et aux tarifs d'acheminement (Turpe).

La conquête de la Grand-Bretagne : EDF futur acteur du paysage énergétique britannique ?

Si EDF poursuit ses investissements sur le parc nucléaire français malgré la fermeture de la Centrale de Fessenheim, le groupe électrique compte franchir la Manche et implanter ses réacteurs Outre-Manche. En Grande-Bretagne la production nucléaire n'a jamais été aussi élevée depuis 7 ans et le Royaume-Uni a réaffirmé sa volonté de développer cette source d'énergie. Dans les prochains mois, Henri Proglio devrait entamer les pourpalers pour la construction de 4 réacteurs EPR, réacteurs français de troisième génération, chez nos voisins britanniques. Cette décision reste cependant conditionnée à la fixation d'un prix de l'électricité garanti pendant 40 ans, qui fait actuellement l'objet de discussions avec le gouvernement de David Cameron. Henri Proglio espère en connaître les conclusions à la fin du premier trimestre 2013. Il souhaite voir trouvé d'une part, un prix d'équilibre qui permettra à EDF de rentabiliser ses investissements, et d'autre part… des investisseurs intéressés par le projet.

Source : Le Figaro

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