Tout risque de pénurie d'électricité exclu par RTE pour cet hiver

Selon RTE, aucune coupure impromptue de l'alimentation en électricité n'est à craindre pour l'hiver 2016. Le transporteur d'électricité français évoque les différents facteurs permettant d'aborder l'hiver en toute confiance.

lignes à haute tension
La disponibilité générale du parc nucléaire, l'essor des énergies renouvelables et le développement des contrats d'effacement devraient permettre la couverture des besoins en électricité en toutes circonstances cet hiver.

La France sera-t-elle en mesure d'assurer ses propres besoins en électricité pour l'hiver 2015-2016 ? Suite aux déclarations relativement alarmistes du transporteur Réseau de Transport d'Électricité (RTE), qui évoquait l'année dernière une possible pénurie d'électricité en France à l'horizon 2016-2017, il était logique de se poser la question à l'approche de la saison froide.

La filiale d'EDF tient pourtant cette fois à se montrer rassurante, et indique dans un récent communiqué que tout risque de pénurie d'électricité est finalement écarté dans l'immédiat. Le fonctionnement du parc nucléaire à pleine capacité, le développement des énergies renouvelables et d'autres facteurs favorables devraient notamment contribuer à éviter un blackout d'électricité dans les mois à venir, et rassurer tous ceux qui craignaient une panne de chauffage.

Une production d'électricité qui restera excédentaire cet hiver…

Sauf phénomène climatique majeur, RTE estime que la consommation totale de courant électrique au cours de la prochaine saison « hivernale » (qui s'étend en réalité de la mi-novembre à la fin mars dans les projections) sera « similaire » à celle précédemment enregistrée en 2014-2015, soit d'environ 222 TWh.

Le mois de janvier est traditionnellement le plus froid de l'année, et connaît à ce titre un pic de consommation : si les températures enregistrées en janvier 2016 sont conformes aux normales saisonnières, le transporteur d'électricité évalue le pic de consommation pour cette saison à environ 84 700 MW. Cette estimation est cependant à prendre avec toutes les réserves d'usage : la vague de grand froid survenue en février 2012 avait par exemple généré à l'époque un pic de 102 100 MW ! Rien n'interdit la reproduction du même scénario.

RTE assure malgré tout que la consommation d'électricité en France pourra être couverte dans toutes les circonstances au cours de l'hiver prochain. Même en cas de grand froid et de températures inférieures de 6 à 8 °c aux moyennes habituelles, l'électricité manquante pourra notamment être importée depuis plusieurs autres pays européens.

…grâce à une conjonction de facteurs favorables

Par rapport à l'année dernière, RTE pointe tout d'abord que la disponibilité générale du parc nucléaire français est un peu meilleure. Un nombre plus restreint d'opérations de maintenance ou d'entretien permettront ainsi de maintenir le potentiel de production à un bon niveau pendant toute la période hivernale.

L'application de nouvelles normes environnementales à compter de l'année 2016 ne devrait par ailleurs avoir qu'une faible incidence sur la production d'électricité. Quelques centrales à charbon vont en effet fermer leurs portes, mais le nombre de sites de production d'électricité à base de fioul ou de gaz restera en revanche inchangé. Les énergies renouvelables – l'éolien en particulier – continuent aussi à se développer à bon rythme et permettent donc d'absorber cette perte sans difficulté.

Dernier facteur d'importance : l'essor croissant des contrats d' « effacement », réservés pour l'instant et pour l'essentiel aux plus gros clients industriels. Contre une réduction de sa facture finale, l'utilisateur accepte de limiter volontairement sa propre consommation au cours des périodes les plus tendues. Les économies d'énergie issues de l'effacement devraient s'élever à environ 3 400 MW au cours de l'hiver : un chiffre en hausse de 10 % tout de même par rapport à l'année précédente.

RTE se montrait pourtant pessimiste l'année dernière

Le communiqué rassurant de RTE peut légitimement surprendre après le rapport alarmiste publié sur le même sujet il n'y a pas si longtemps, en septembre 2014. Le transporteur d'électricité y jugeait le risque de pénurie non négligeable dès l'hiver 2015-2016, avec un déficit structurel qui pourrait s'élever à 900 MW. La filiale d'EDF indiquait même que le phénomène irait ensuite en s'aggravant tous les ans. La faute à un effet ciseau caractérisé par une diminution de la capacité de production, la fermeture ou mise sous cocon de différentes centrales thermiques et une hausse constante de la demande.

RTE sollicitait en conséquence la mise en place de plusieurs mesures, dont le maintien en conditions opérationnelles des centrales en sommeil par la délivrance de « certificats de capacité », ou encore la généralisation des offres d'effacement. Il sollicitait également le report de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Les négociations actuellement en cours entre EDF et le gouvernement, pour une nouvelle date de fermeture à 2020, expliquent sans doute en partie l'optimisme retrouvé du transporteur.

Vers une nouvelle stratégie d'entreprise pour la filiale d'EDF ?

Quelle stratégie à long terme pour RTE, filiale à 100 % d'EDF et responsable de l'entretien de quelques 105 000 kilomètres de ligne à haute tension en France ? La question est devenue encore plus lancinante depuis l'arrivée à sa tête le 1er septembre 2015 de François Brottes, l'ancien président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. À l'occasion de la publication de ses résultats pour le troisième trimestre 2015, EDF vient d'annoncer sa « participation à la définition du plan stratégique » du transporteur, ce qui semble indiquer un rapide changement de cap pour la filiale.

Pour rappel, EDF possède l'intégralité du capital de RTE mais n'en assure pas pour autant le contrôle direct, pour des raisons réglementaires liées au respect de la libre concurrence. Afin de mieux garantir l'indépendance formelle du transporteur mais aussi pour apporter de l'argent frais, le gouvernement pourrait envisager bientôt une ouverture partielle du capital à des investisseurs privés : une position qui serait conforme à la ligne générale définie par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron en 2014 en ce qui concerne les entreprises publiques de réseau.

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