La filière photovoltaïque en appelle au Gouvernement

Les professionnels du photovoltaïque, en découvrant le projet de texte visant à encadrer la filière en France, sont tombés de leur chaise. Ils entendent réagir et publient une tribune commune pour demander au gouvernement de faire machine arrière, sous peine de voir la France devenir « le pays du soleil couchant ».

  • Publié le 01/03/2011 (mis à jour le 17/08/2017)
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Depuis trois mois, les représentants d'entrepreneurs, de collectivités locales, d'organisations non-gouvernementales, de salariés et d'investisseurs participent à la concertation lancée par le gouvernement sur le secteur du photovoltaïque en France. Le projet final, qui doit être examiné demain par le Conseil supérieur de l'énergie, et dont les professionnels ont eu copie, provoque un tollé général. Alors qu'un consensus semblait être acquis (notamment un volume cible annuel de 800 MW, une limite de puissance à 250 kW, un traitement des projets pénalisés par le moratoire…), il semble que le texte en l'état soit loin des propositions mises en avant par les fournisseurs d'énergie solaire. Ils ont décidé de réagir dès aujourd'hui en publiant une tribune destinée au premier ministre et aux ministres concernés, Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson.

Pour les organisations représentatives des professionnels de la filière, si dans quinze jours au plus tard rien ne change, « 25 000 emplois, créés dans la foulée d'une rupture écologique et économique majeure [le Grenelle de l'Environnement, ndlr], seront mis en péril, plusieurs milliers seront supprimés à très court terme ». Si les industriels s'attendaient à des mesures difficiles, ils n'imaginaient pas l'ampleur des dégâts que pourrait engendrer le texte, s'il est adopté dans sa forme actuelle. Ils en appellent à François Fillon : « le gouvernement souhaitait légitimement réguler et encadrer le coût pour la collectivité du développement du solaire photovoltaïque. Mais le projet actuel met en grave danger une filière naissante dont la crise de croissance, réelle, méritait un traitement adapté. Nous demandons solennellement au gouvernement de réaffirmer son ambition pour la filière en amendant dans un sens constructif le projet de texte lors de son examen par le Conseil Supérieur de l'énergie.»

Dans leur appel, les organisations de défense de cette énergie verte rappellent que de récentes études montrent qu'une large majorité de Français déclare accepter de payer plus cher leur électricité pour que se développent les énergies renouvelables en général, et le solaire photovoltaïque en particulier. D'où leur incompréhension.

Le texte transmis au Conseil de l'énergie prévoit une série de dispositions très restrictives :
- la suppression du tarif au-delà de 100 KW au bénéfice d'appels d'offres
- la diminution immédiate de 20 % des tarifs qui subsistent
- la définition d'une cible annuelle de 100 MW pour les particuliers et de 100 MW pour les toitures moyennes inférieures à 100 kW (bien en deçà des objectifs faisant consensus lors de la concertation)
- une dégressivité allant jusqu'à 9,5 % par trimestre lorsque le volume trimestriel de projets dépasse 65 MW
- un système d'entrée en file d'attente des projets

Pour les organisations de défense du photovoltaïque, la concertation menée depuis fin 2010 pourrait n'avoir « servi à rien » !


 

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