EDF : une liste de contrôles de réacteurs qui s’allonge

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé d'avancer les contrôles du réacteur EDF de Penly, prévus en 2024. Une liste qui s'allonge.

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Rappel sur les centrales EDF

Nature du problème

En novembre 2021, des contrôles menés sur le réacteur de Civaux démontrent un défaut sur la tuyauterie sur le circuit primaire. EDF signale alors le problème à l’Agence de Sûreté Nucléaire (ASN). Ces derniers ont demandé des expertises métallurgiques qui ont révélé la présence de fissures. Les experts ont détecté un phénomène de corrosion, mais aucune fuite n’a été recensée.

Le circuit primaire véhicule de l’eau à très haute pression, mais aussi à haute température. Cette dernière contient un élément chimique, le bore, qui permet de contrôler la réaction. Cette eau permet de maintenir le combustible à température.

maintenance centrale nucléaire

Le risque principal intervient lors d’assemblage. La chaleur de l’eau peut en effet altérer la résistance du métal. Les fissures observées par EDF se trouvent au niveau des soudures. L’énergéticien continue son enquête pour en comprendre l’origine exacte. EDF a trouvé ces anomalies sur le système d’injection de sécurité, ou système de sauvegarde. Ce dernier est relié au circuit primaire et démarre automatiquement en cas de fuite, en plus de l’arrêt du réacteur. En effet, le but de ce système est d’injecter de l’eau borée pour maintenir le combustible immergé.

Toutefois, EDF a repéré des fissures sur une partie commune aux deux systèmes, ce qui entraîne une vérification et des réparations sur l’ensemble du dispositif.

Pourquoi les réparations demandent-elles tant de temps ?

EDF ne prévoyait pas, selon son agenda de février 2022, de remettre en service les réacteurs de Civaux et Chooz avant décembre 2022. Penly, quant à lui, devrait être reconnecté au réseau en novembre.

Ne pouvant être certain de l’origine de ces fissures, EDF veut s’assurer de pouvoir répondre à la question sécurité avant toute chose. En effet, l’énergéticien mène des recherches poussées sur l’ensemble de son parc nucléaire.

Karine Herviou, la directrice adjointe de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire explique qu’il « faut qu’EDF fasse des contrôles pour vérifier que d’autres soudures n’ont pas été affectées. Un plan de contrôle a été établi pour ne pas en oublier. C’est la première étape. Ensuite, la réparation consiste à couper et à refaire les tuyauteries affectées avant de les ressouder. Toutes ces opérations prennent du temps ».

Plusieurs années de ralentissement prévues pour le parc EDF

Bernard Doroszczuk, président de l’ASN, rappelle que « le traitement de ces anomalies prendra plusieurs années ». Concrètement, cela amène à penser que la disponibilité des centrales du parc français ne pourra pas remonter de manière simple et rapide. L’ASN demande donc plus de prudence vis-à-vis de la volonté de rallonger la durée de vie des réacteurs au-delà des 50 ans. L’agence précise qu’à « ce stade, les éléments fournis par EDF ne permettent pas de l’envisager ». Ainsi, il remet aussi en cause les scénarios du gestionnaire de réseau. « L’un des scénarios prévoit 50 % de production nucléaire en 2050, cela repose sur une prolongation jusqu’à 60 ans de tous les réacteurs et de certains au-delà. Ce scénario présente un risque de conduire le système électrique dans une impasse », explique-t-il.

Une centrale nucléaire

Une crainte pour la capacité de production d’EDF…

En début d’année, février, EDF avait revu ses prévisions de production à la baisse. Effectivement, ce problème de corrosion a fait prendre des mesures à l’énergéticien. En revanche, la liste des réacteurs à contrôler ne cesse de s’allonger. L’ASN demande à EDF une accélération sur la centrale de Penly, en Normandie. « Pour le réacteur 2 de Penly, je vous demande de réaliser des contrôles lors de l’arrêt prévu en août 2022 », déclare-t-elle dans un courrier. Cette vérification devait avoir lieu en 2024.

Les contrôles sur la centrale de Penly devraient donc voir le jour en 2022 au lieu de 2024.

De même, une série de huit réacteurs est pointée par l’ASN. Cette dernière indique à EDF que le groupe va devoir « confirmer l’absence d’éléments de nature à prioriser certains contrôles ». En effet, EDF avait d’abord prévu les contrôles de ces centrales en 2022 pour les reporter en 2023. S’ils ont été reconnus comme non prioritaires par EDF, un point devra être fait sur le sujet. Il se peut alors que ces derniers aient bien lieu cette année. Ayant prévu ces réacteurs à disposition pour 2023, EDF n’exclut pas totalement de nouveaux arrêts anticipés.

Julien Collet, le directeur adjoint de l’ASN, explique que « de nombreuses investigations sont en cours, dont les résultats seront connus d’ici début juillet. C’est un point d’étape important qui devrait permettre une évaluation bien plus précise de la situation ».

La production d’EDF atteint à ce jour un point bas, et ce de manière historique. Actuellement, 29 réacteurs nucléaires sont à l’arrêt, sur les 56 qui composent le parc français.

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