Le découplage des prix du gaz et de l’électricité, neuf pays membres refusent

La France, par le biais de ses ministres, laisse entendre que la législation européenne sur la gestion du marché de l'énergie est une "aberration". Cette dernière garde l'indexation de l'électricité sur le cours du gaz. Qu'en est-il à ce jour ?

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Découplage des prix du gaz et de l’électricité : une volonté de Paris non partagée

Pour pallier les hausses de l’énergie, l’Europe se divise, et tous les pays ne sont pas en accord sur les solutions potentielles. La France a proposé une réforme de découplage des prix de l’électricité et du gaz.

Selon Bruno Le Maire, le ministre des Finances, nous avons déjà vu qu’il voulait « revoir de fond en comble le marché unique de l’électricité, qui est obsolète ».

La France, tirant la majeure partie de son électricité au prix considéré comme « très bas » du nucléaire, souhaiterait en effet découpler les prix de deux énergies. En revanche, les autres pays estiment qu’un marché où la concurrence s’exerce « contribue à l’innovation […] et est un élément clé pour faciliter la transition vers des énergies décarbonées ».

La France réclame le découplage des prix du gaz et de l’électricité afin de ne pas voir les coûts du nucléaire s’aligner sur ceux du gaz.

La commission européenne, quant à elle, se satisfait du fonctionnement actuel, prônant ce dernier comme favorable aux investissements dans les énergies renouvelables.

Refus de la proposition de réforme sur le découplage des prix de l’électricité et du gaz par neuf pays de l’UE

Le 25 octobre dernier, le couperet est tombé. Neuf Etats membres ont refusé de soutenir « une quelconque mesure qui contreviendrait au marché interne de l’électricité ». C’est en effet dans ce cadre que l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, le Danemark, l’Estonie, la Lettonie, la Finlande, l’Irlande et les Pays-Bas ont refusé la proposition. Ils ont adressé une fin de non-recevoir à la demande de la France qui voulait découpler les prix du gaz et de l’électricité sur le marché de l’énergie.

Ils ont alors assuré que « la flambée des prix s’explique par des facteurs mondiaux. Nous devons donc être extrêmement prudents avant d’interférer dans la structure des marchés énergétiques intérieurs. Cela ne peut pas être une solution pour amortir la hausse actuelle ».

Une électricité moins chère pour la France

La raison pour laquelle la France propose cette alternative, c’est parce que, grâce à son parc nucléaire, elle pourrait proposer l’électricité moins chère à ses citoyens sans cette indexation de l’électricité sur les prix du gaz. Au-delà du fait que la production est moins chère, elle est aussi et surtout décarbonée via le nucléaire.

De fait, le refus peut être perçu comme une sanction, en voici les causes principales :

  • Le système actuel est favorable à la transition énergétique
  • Une volonté de ne pas trop intervenir sur les marchés de l’énergie
  • La hausse des prix n’est, selon certains, que temporaire
  • Une volonté de ne pas créer de différends entre les différents producteurs d’énergie

D’après Claude Turmes, le ministre de l’Energie du Luxembourg, le marché actuel « fonctionne bien depuis une vingtaine d’années […]. Intervenir peut être dangereux, et cela peut réduire toute confiance dans ce marché ».

Ce refus est soutenu par la commissaire européenne, Kadri Simson. Cette dernière assure que « nous ne devons pas nous précipiter dans des solutions rapides » qui pourraient, entre autres, entraîner « des risques pour la prévisibilité du marché, la compétitivité et notre transition énergétique« . De plus, cela remettrait en cause, selon elle, « la sécurité de l’approvisionnement ».

Pour conclure, la réforme du marché de l’électricité continue de diviser les pays de L’union Européenne.

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