Centrale à charbon : et si une reconversion plus propre était possible ?

Depuis sept ans, les employés de la centrale à charbon se voient en sursis. Et si cette dernière se reconvertissait ? EDF relance le sujet.

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Qu’est-ce que la centrale de Cordemais ?

La centrale à charbon de Cordemais se trouve entre Nantes et Saint-Nazaire. Celle-ci, comme toute centrale à charbon française, devait fermer en 2022. Or, entre l’épidémie de covid-19 qui a repoussé les délais et la guerre en Ukraine qui impacte l’univers de l’énergie, on voit revenir sous les projecteurs le projet Ecocombust.

Pour des raisons économiques, de rentabilité, l’Etat avait enterré le projet à l’été 2021. La ministre de la transition écologique a relancé ce dernier avec un appel à manifestation d’intérêt (AMI). Le projet a donc été relancé en février 2022, qu’en est-il ?

charbon

Naissance du projet « Ecocombust »

En 2017, EDF tente de faire fonctionner la centrale à charbon de Cordemais avec du charbon vert. Ce dernier correspond tout simplement à la biomasse. Il détient les mêmes caractéristiques que le charbon.

L’échéance de fermeture des centrales à charbon en France a donc été repoussée. Pour éviter la fermeture de la centrale de Cordemais, EDF prévoyait alors une reconversion vers une centrale biomasse. Ce projet, nommé Ecocombust, a toutefois été rejeté par le gouvernement en juillet 2021.

De premiers essais concluants ont été effectués en mars 2017 sur le mini pilote de densification. Cependant, en 2017, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, annonçait stopper le projet. Deux raisons sont la cause de cet arrêt : le coût du projet initial, mais aussi le départ d’un partenaire industriel. La reconversion de la centrale à charbon prend fin ici, et Lévy confirme que « la loi énergie-climat permet de poursuivre l’exploitation de la centrale au-delà de 2022, en utilisant du charbon ». En effet, le réseau de transport de l’énergie (RTE) annonce avoir encore besoin des centrales à charbon jusqu’en 2024, voire 2026.

La reconversion d’une centrale à charbon, le projet renaît

En février 2022, c’est la ministre de la Transition énergétique, Barbara Pompili, qui reprend le flambeau en lançant un appel à manifestation d’intérêt, pour la production et livraison de 80 000 tonnes de pellet.

Ainsi, une usine de fabrication de pellets pourrait bien voir le jour d’ici 2025. Les employés ont bon espoir de réduire la part de charbon en combustible dès l’hiver prochain.

Le cours actuel de l’électricité et les problèmes d’approvisionnement poussent EDF à relancer le dossier. Ce dernier a été déposé au ministère de la transition énergétique à la fin du mois d’avril.

La centrale à charbon devrait donc convertir ses unités pour passer sur de la biomasse. Cette dernière serait issue des déchets de bois d’ameublement ou d’élagage pour former des pellets.

Le groupe français Paprec, aux côtés d’EDF, a déposé un dossier de construction d’une usine sur le site suite à l’AMI.

La CGT, ayant initié ce mouvement, communique sur le sujet. « La détermination des travailleurs de la centrale de Cordemais permet une nouvelle fois de faire avancer le projet […] et de le voir se concrétiser par le dépôt d’un dossier de construction d’une usine Ecocombust sur le site de la centrale ».

Les pellets sont à ce jour produits dans une usine à Reims. EDF s’engage à la conversion de la centrale à charbon de Cordemais. Il souhaite atteindre les 20 % de pellets neutres en CO2 dans le mix combustible d’ici l’hiver prochain.

L’Etat offre une nouvelle chance à la centrale à charbon de Cordemais

EDF avait renoncé au projet qui devait transformer la centrale à charbon en usine à pellets. Ce combustible issu des déchets de bois serait produit sur place, par le biais d’un procédé innovant. L’investissement avait été estimé à 135 millions d’euros, ce qui était trop lourd pour un projet qui ne se montrait pas rentable. La CGT quant à elle n’a pourtant jamais cessé de croire en ce dernier.

En effet, fabriqués sur place, les pellets auraient vocation à être commercialisés et incorporés dans un mix pellets-charbon dans la centrale.

EDF relance le projet de la transformation de la centrale à charbon

Le groupe EDF a annoncé à l’Agence France Presse (AFP) qu’il menait des essais actuellement, pour pouvoir brûler des pellets dès l’hiver 2022/2023. La proposition d’EDF, laissée dans le dossier suite à l’AMI a pour objectif « la réalisation potentielle d’une usine ». Cette dernière se trouverait sur le site de la centrale. Comme le précise le groupe, « il revient maintenant à l’ADEME d’analyser ce dossier […] pour décider des suites qu’elle envisagera d’y donner ».

Le délégué syndical d’EDF, Gwénaël Plagne, se bat depuis 2015 pour ce projet et annonce qu’il s’agit « d’un soulagement, une victoire ! ».

La revalorisation des déchets et une mise en service potentielle en 2025

Avec la flambée des prix sur le secteur de l’énergie, d’abord due à la covid puis à la guerre en Ukraine, le marché de l’énergie européen est sous haute tension.

Selon Gwénaël Plagne, la centrale à charbon de Cordemais a « un rôle à jouer pour sécuriser le réseau dans les années à venir ». Avec la fabrication de pellets, il s’agirait de remplacer le charbon par des granulés.

biomasse granules

La CGT attend à ce jour la validation du projet par le gouvernement. Si Ecocombust reçoit les autorisations nécessaires, les travaux pourront débuter dès janvier 2023, pour une mise en service en 2025. Comme le signale Gwénaël Plagne, « nous sommes dans un sprint. Mais les choses peuvent aller très vite, car le dossier est bien avancé? Le permis de construire notamment est déposé ».

Pellet ou biocombustible

Avec le projet Ecocombust, les pellets devraient représenter 80 % du combustible de la centrale à terme. Selon EDF, passer par le procédé de biomasse permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 71 % par rapport au fonctionnement au charbon seulement. Ceci évite donc l’émission de 400 000 tonnes de CO2 par an.

L’investissement initial représente 115 millions d’euros pour l’usine à pellets et 20 millions d’euros pour l’adaptation de la centrale. Pour la relance de Ecocombust, EDF a demandé 55 millions d’euros de subventions.

Le biocombustible, appelé black pellet, ouvre une voie de remplacement à la filière du charbon. Il est à la fois utilisable dans les chaudières de la centrale pour la fabrication d’électricité, mais aussi dans les réseaux de chaleur urbains. Le projet Ecocombust a donc pour but de rassembler les déchets de bois issu de l’ameublement, de la construction ou bien des branches d’élagage en un seul lieu. Cela permet de les transformer en black pellet. La biomasse respecte les objectifs de la transition énergétique.

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