Neutralité carbone 2050 : un investissement colossal pour la France

La neutralité carbone est un défi spectaculaire pour les enjeux climatiques. En revanche, elle a un coût, comment ça se passe ?

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Focus sur la neutralité carbone

En effet, on en entend beaucoup parler, mais qu’est-ce que c’est exactement ? La neutralité carbone se définit par la séquestration de carbone. Cela veut dire que pour stabiliser le niveau de concentration du carbone dans l’atmosphère, on séquestre autant de carbone qu’on en émet. Concrètement, cela permettrait de limiter la température globale de la planète à 1.5°, en cohérence avec le rapport du GIEC.

Pour ce faire, il faut prendre en compte l’ensemble des gaz à effet de serre responsables du changement climatique. Deux choses sont à supposer pour atteindre cet objectif :

  • diminuer de manière drastique les émissions de gaz
  • augmenter les puits de carbone qui permettent sa séquestration
neutralité carbone

L’Accord de Paris est sans appel. Pour limiter le réchauffement climatique en dessous des 2°, il faut atteindre la neutralité carbone sur la deuxième moitié du 21e siècle. Par cet accord, les Etats se coordonnent, car cette neutralité carbone pour 2050 n’a de sens qu’à l’échelle planétaire.

Toutefois, tous les acteurs doivent se sentir impliqués, au-delà des Etats. L’ADEME invite donc chacun d’entre nous à mettre en œuvre des actions dans notre périmètre de responsabilité, induisant un impact sur les émissions de gaz à effet de serre. De même, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) propose 4 chemins pour atteindre l’objectif.

L’institut Rousseau a rendu publique son étude sur le prix que devra payer la France pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Un « surinvestissement » qui représenterait 2 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, c’est ce que dénoncent les résultats de l’institut.

Un retard considérable pour la France sur ses objectifs de neutralité carbone en 2050

Le pays, considéré comme précurseur, détient les émissions de gaz à effet de serre par habitant les plus faibles des pays membres du G7. En revanche, la France est « en retard sur ses objectifs de transition énergétique, bien que d’importantes réformes soient en cours », relève Fatih Birol, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

En effet, la France montre aujourd’hui trop de dépendance au pétrole et au gaz. Pour Fatih Birol, il faudra « une accélération significative des investissements » dans les énergies propres. Selon lui, pour atteindre les objectifs en 2023, un ajout de capacité sur l’éolien et le solaire est obligatoire. Il faudra donc accélérer les investissements dans les énergies renouvelables.

Enfin, une autre urgence à prendre en compte : le nucléaire. Si les émissions de CO2 dans le secteur de l’électricité sont relativement bas en France grâce au nucléaire qui assure plus de 70 % des besoins, la modernisation du parc nucléaire reste une priorité.

zero carbone

Les résultats du rapport de l’institut Rousseau

Nicolas Dufrêne, haut fonctionnaire économiste spécialisé dans les outils de financement public, est directeur de l’institut Rousseau. Pour lui, deux points importants viennent expliquer pourquoi la facture française pour la neutralité carbone en 2050 sera salée. Des moyens financiers sont déjà disponibles, à hauteur de 125 milliards d’euros. Mais, selon l’institut Rousseau, il faudra ajouter un « surinvestissement ».

Un déficit de chiffres à combler

D’après l’expert, l’Etat lui-même n’a pas chiffré le coût de ce qu’il s’est fixé pour atteindre la neutralité carbone. Ainsi, dans la Stratégie nationale bas-carbone comme dans la programmation pluriannuelle de l’énergie, « beaucoup parlent d’écologie, mais personne n’évoque, ou sinon de manière très partielle, les moyens qu’il faut mettre en face de leurs objectifs ». 17 % des émissions de la France sont effectuées par le secteur du bâtiment, à lui seul. De fait, la France devrait mobiliser un peu plus du tiers de ce « surinvestissement ». L’étude indique que cela représente environ 21 milliards d’euros par an.

Concernant le logement, par exemple, « pour que ce soit acceptable par la population », la France devra mobiliser plus de fonds pour les aides publiques, comme le dispositif de MaPrimeRénov, qui représentent déjà plus de 3.8 milliards d’euros. Pour l’institut Rousseau, il faudra compter 9 milliards d’euros supplémentaires.

Neutralité carbone 2050 : alourdir la dette pour décarboner

L’étude divulgue qu’il « faudra nécessairement en passer, en premier lieu, par davantage d’endettement public » pour financer les surcoûts engendrés par les objectifs de la neutralité carbone. En effet, le surcoût d’investissement pour décarboner les secteurs de l’industrie, des déchets et de l’agriculture sont chiffrés. Ainsi, dans le secteur de l’agriculture, 5 milliards d’euros par an jusqu’en 2050 seraient nécessaires. Comme le précise Nicolas Dufrêne, dans cette étude, « nous allons plus loin que tout ce qui a été réalisé jusqu’à présent, en abordant les investissements nécessaires dans tous les secteurs de l’économie et non seulement dans les trois secteurs les plus émissifs que sont la bâtiment, le transport et l’énergie ».

D’après l’étude rendue publique, ce n’est pas loin de 182 milliard d’investissement annuel auquel devra consentir la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

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