Energie : économie de guerre et chasse au gaspillage

Au creux de la crise énergétique et de la Transition écologique, la France revient sur la chasse au gaspillage d'énergie.

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Une « économie de guerre » dans le secteur de l’énergie

Pour éviter les pénuries d’énergie l’hiver prochain, le gouvernement a annoncé un plan de sobriété énergétique. Pour cela, tout le monde est appelé à faire un effort. Qu’il s’agisse des entreprises, de l’industrie ou bien des particuliers.

Pascal Perri, journaliste et chef d’entreprise français, explique que « cela peut faire peur en effet. Il faut s’attendre à un sérieux coup de frein sur la consommation d’énergie. On va vers une économie de guerre, dans le domaine de l’énergie en tout cas », précise-t-il au micro de LCI.

centrale à gaz

Il se peut, en effet, que cette loi confère à l’Etat des pouvoirs régaliens. Par exemple, il est suggéré de suspendre la production d’électricité via le gaz, voire d’obliger les différents opérateurs du marché à conserver une partie du gaz sous-terrain pour cet hiver. Le gouvernement peut de même restreindre le nombre d’objets électriques par foyer. De même, il lui est possible d’imposer l’extinction des lumières de nuit, par exemple.

La loi pouvoir d’achat

Le projet de loi sera présenté au Conseil des ministres la semaine prochaine. Celui-ci comporte un volet sur la « souveraineté énergétique » qui donne à l’Etat le droit de faire fonctionner les infrastructures gazières comme il le jugera indispensable. Selon une version provisoire, cette loi est composée de plusieurs dispositifs relatifs « à la sécurité d’approvisionnement en gaz et en électricité ».

En effet, depuis quelques jours, l’arrêt total du flux de gaz russe est plus que probable. L’Etat pourra, par le biais de cette loi, passer outre les règles du marché de l’énergie et effectuer une réquisition.

La suspension des centrales à gaz

En effet, selon cette loi, à ce jour à l’état d’ébauche, a été transmise aux Echos.

Ainsi, il y est précisé que « le ministre chargé de l’énergie peut décider temporairement de restreindre ou suspendre le fonctionnement de certaines installations de production d’électricité utilisant du gaz naturel ». Si l’utilisation de ces dernières est suspendue, les exploitants de ces centrales seront indemnisés. Les opérateurs qui font appel de leur côté à la sobriété énergétique font part de leurs inquiétudes, comme TotalEnergies ou bien Engie, entre autres. Ces derniers expliquent que les « centrales à gaz sont vitales pour le système électrique français qui est proche de la défaillance. L’absence totale de précisions sur la façon dont la réquisition fonctionnerait, et sur les conditions d’indemnisation, ne peut qu’introduire une incertitude supplémentaire ».

Une importation plus importante de GNL

En effet, le gouvernement pourrait prendre des dispositions pour accélérer l’installation du terminal d’importation de gaz liquéfié (GNL). Ce dernier a été mis en place par TotalEnergies sous forme d’installation flottante dans le port du Havre. Une mise en service est envisagée par le gouvernement en septembre 2023. Dans ce cadre exceptionnel, il se peut que des dispositions du code de l’environnement passent à la trappe. Par ailleurs, toute fouille archéologique devra être effectuée « dans un délai compatible avec la date de mise en service du projet ».

Le maintien de l’exploitation pourra être maintenue « pour une durée de trois ans, renouvelable ».

Le retour d’une centrale à charbon pour une production d’énergie

En effet, la centrale à charbon en Moselle, qui devait fermer définitivement fin mars 2022, va reprendre du service. Pour venir renforcer le réseau d’électricité, cette dernière sera l’objet de dispositions exceptionnelles. Ces dispositions incluent la signature de CDD pour un maximum de 36 mois. Ce sont des contrats qui seraient mis en place pour les ex-salariés, licenciés alors pour motif économique.

centrale charbon

Lutte contre le gaspillage d’énergie

La France a pour objectif de réduire de 10 % sa demande d’énergie dans les deux ans à venir. De fait, l’hexagone compte lancer une série de mesures anti-gaspillage pour la réduction de consommation d’énergie. Le but est, entre autres, d’éviter le délestage, coupure de gaz ou d’électricité imposée aux entreprises. En effet, cette solution n’arriverait pas à bon point dans une économie déjà sous tension.

Un dialogue pour évoquer la sobriété énergétique

Pour Agnès Pannier-Runacher, il s’agit d’une « nette accélération par rapport à la trajectoire actuelle. Le projet de l’union européenne prévoit une baisse de 10 % aussi, mais sur dix ans ». En revanche, les statistiques du ministère de la Transition énergétique montre un recul de 0,3 % par an seulement, sur les vingt dernières années.

Un groupe de travail composé d’énergéticiens, d’experts et d’organisations syndicales de la fonction publique a été mis en place. Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT, explique que « tout le monde était partant. Il était temps qu’on s’empare de ce sujet, mais nous n’avons fait valoir qu’il ne fallait pas que ce soit trop écrasant ». De fait, on y a évoqué des pistes d’action. Parmi elles, la gestion du parc immobilier du pays, avec des chantiers de rénovation thermique.

Vélo et télétravail

Le cabinet de la ministre de la Transition, Agnès Pannier-Runacher, explique que « la moitié de l’énergie consommée au niveau de l’Etat provient des déplacements. [Il faut] mettre l’accent sur ce secteur ».

Même si les particuliers, comme les entreprises, pourront trouver un intérêt à limiter leur consommation d’énergie, « on ne pourra pas être derrière tout le monde pour vérifier, cela reposera beaucoup sur la responsabilité des acteurs ». Le ministère indique donc en plus de cela que le télétravail pourrait être un autre levier. « En concentrant le travail en présentiel sur certains jours de la semaine, on pourrait éteindre le chauffage dans les bâtiments entiers les autres jours. L’idée de travailler en horaires décalés pour lisser la consommation d’énergie et atténuer les pointes en hiver sera sur la table ».

Des mesures qui pourraient être prises dès cet été

Les groupes de travail mis en place devront avoir fini leurs concertations fin septembre. Cela permettra de faire le point avant l’arrivée de la saison froide. Un point d’étape est prévu à la fin juillet ainsi que début septembre.

En revanche, quand cela est possible, certaines de ces mesures devront être appliquées dès cet été. Par exemple, l’utilisation de la climatisation. Une règlementation prévoit de ne pas faire descendre la température en dessous des 26°C, dans l’espoir que ce soit respecté.

Une campagne de communication dédiée au grand public est annoncée pour la rentrée.

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