Aide aux industriels face à la flambée des prix de l’énergie

Une aide aux industriels est prévue par le gouvernement afin de pallier la hausse des prix de l'énergie. JeChange vous en dit plus.

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Une partie du « plan de résilience » pour fournir une aide aux industriels

Pour apporter une aide aux industriels gourmands en énergie, il y a mobilisation générale. Le gouvernement a annoncé que, pour faire face, une partie de son « plan résilience » allait être dédiée à leur cause. Emmanuel Macron a ainsi déclaré que « nous ne voulons plus dépendre du gaz russe pour faire fonctionner nos usines ».

De plus, la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher a expliqué qu’a été lancé « depuis une semaine un recensement [des industries] qui pourraient être le plus impactées par l’augmentation du coût de certains entrants, comme le gaz ». En effet, ce recensement va permettre d’identifier et d’anticiper des solutions qui devraient être diffusées à la mi-mars.

centrale à gaz

Qu’est-ce que le plan de résilience ?

Le mercredi 2 mars, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français concernant la guerre en Ukraine. Afin de protéger au mieux le pays contre les retombées économiques du conflit, il a annoncé la mise en place d’un « plan de résilience économique et social ». Une partie de ce dernier sera dédiée pour apporter une aide aux industriels français.

Ce plan va mettre en place plusieurs mesures destinées à protéger les Français des différentes conséquences économiques du conflit. Plusieurs entreprises se retrouvent retirées de leur marché avec la Russie. Ainsi, le gouvernement doit évaluer les impacts, mais aussi les secteurs concernés.

De même, une des problématiques reste celle du gaz. Une crainte plane sur une riposte potentielle de Vladimir Poutine, ce dernier pouvant décider à tout moment de couper l’approvisionnement.

Le plan de résilience économique, annoncé récemment par le président, se fait de même en Espagne. Tous les États membres sont touchés, et Bruxelles tente de coordonner et mutualiser les demandes. Cela se ferait dans la même logique que celle du plan de relance européen décidé en juillet 2020. Ce dernier avait été mis en place pour pallier la crise du Covid-19.

La guerre en Ukraine promet une crise qui se veut essentiellement européenne

L’inquiétude des industriels français s’accroît . D’abord parce que, contrairement à cet hiver, la Chine et les Etats-Unis ne seront pas impactés de la même manière. En effet, les prix du gaz étaient élevés, surtout parce que la demande était énorme pour la reprise économique mondiale. Les stocks étaient insuffisants et l’activité chinoise était très demandeuse.

Avec l’invasion de l’Ukraine, les prix du gaz sont « régionalisés ». De fait, il se peut que la Chine ne pâtisse que peu des conséquences du conflit. Les Etats-Unis, quant à eux, produisent du gaz naturel liquéfié et profitent des prix pour réaliser de la marge. Cependant, la consommation de gaz en Europe et les besoins ne sont pas les mêmes dans tous les pays. « La France reste moins dépendante de la Russie que l’Allemagne », précise Jean-Eude Moncomble, secrétaire général du Conseil français de l’énergie.

Précisons en effet qu’environ 40 % de la consommation allemande sont d’origine russe, contre 17 % de la consommation française.

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Une aide aux industriels particulièrement exposés par la flambée des prix

En effet, nous retrouvons quatre grands secteurs industriels particulièrement touchés par la flambée des prix due à l’invasion de l’Ukraine.

L’acier

Un des plus gros consommateurs d’électricité en France, les usines d’aluminium. Cyrille Mounier, le délégué général d’Aluminium France, indique que « si le prix de l’électricité augmente trop fortement, nous sommes contraints de cesser notre production. Aujourd’hui, nos usines tournent à 80 % car nous bénéficions de l’Arenh. Mais c’est une solution de court terme. La crise actuelle montre que nous avons un besoin urgent de contrats d’énergie à long terme. »

En plus de l’énergie, qui représente environ 30 % des coûts de production, il y a la problématique de l’approvisionnement. En effet, la guerre en Ukraine remet en cause la sécurité de ce dernier puisque c’est une entreprise russe qui fournit 80 % de l’aluminium en France. Le secteur doit se préparer à trouver des alternatives si des sanctions venaient à être mises en place et l’exportation coupée.

La chimie

Les sources d’énergie utilisées par l’industrie chimique sont à la fois le gaz, l’électricité et le pétrole. Ce dernier est aussi utilisé comme matière première. Il faut dire que la production d’hydrogène se fait à partir du gaz, tout comme les filières du chlore ou de la soude sont de grosses consommatrices en électricité.

Avec une rentabilité de production pas toujours au rendez-vous, certains sites ont dû cesser leur activité durant l’année écoulée. Sylvain Le Net, chargé de l’énergie chez France Chimie, précise que « la compétitivité de la chimie européenne risque de souffrir par rapport à d’autres régions comme les Etats-Unis ou le Moyen-Orient, peu ou moins touchés par la flambée des prix ».

L’agriculture

L’impact primordial dans le secteur est celui du prix des céréales dû aux parts de l’Ukraine et de la Russie sur ces marchés. Les producteurs de blé en France gagneront de ce côté, mais devront payer plus cher pour les engrais dont la facture continue de grimper suite à la hausse du gaz.

Concernant les éleveurs français, le problème sera la facture de l’alimentation animale. En effet, l’Ukraine et la Russie, en plus de détenir le tiers du blé et de l’orge, fournissent 80 % du tournesol. Porcs et volailles, gros consommateurs de céréales, représentent quasi 60 % du coût de production des éleveurs.

Le ciment

Le ciment se cuit, et pour ce faire, les cimentiers utilisent bien souvent du charbon, du pétrole ou bien du gaz pour alimenter les fours, leur poste énergie. La demande est forte mondialement, car beaucoup de construction, et les cimentiers pourront récupérer l’inflation. En revanche, la situation peut être avantageuse pour ceux qui ont choisi de se servir de carburant alternatif, comme la biomasse par exemple.

L’Etat français veut trouver des solutions pour appuyer ces secteurs et mettre en place une aide supplémentaire aux industriels.

biocarburants

Des prix à la hausse pour des raisons antérieures au conflit russo-ukrainien

En effet, la hausse du gaz perdure depuis plusieurs mois. La première cause de cette flambée n’est pas uniquement due au conflit qui fait rage à l’heure actuelle. Cette dernière a commencé lors de la reprise économique mondiale qui a créé une véritable crise énergétique. il faut dire qu’à cette époque, tout le monde subissait le manque de gaz pour remplir les stocks, étant à ce moment-là au plus bas. De plus, la Norvège, avec des travaux effectués en mer du Nord, avait restreint sa production.

Une prévision de prix élevés jusqu’au printemps

Pour Nicolas de Warren, président de l’Union des industries utilisatrices d’énergie (UNIDEN), il faudra « vivre avec des prix du gaz élevés jusqu’au printemps 2023 ». En effet, la crise de l’énergie se poursuit et le prix du gaz atteignait les 132 €/ MWh, et Nicolas de Warren explique à Les Échos qu’il y a « huit mois seulement, il était encore à 25 euros ».

Pour rappel, l’industrie, en dehors de sa production d’électricité, a consommé 132 TWh de gaz sur l’année 2021, soit environ 28 % de la consommation nationale selon GRTgaz. En 2019, période pré-covid, la consommation s’élevait à 154 TWh.

Pour Rexecode, un institut d’études économiques proche du patronat, il faut savoir qu’une hausse qui se maintiendrait toute l’année représenterait jusqu’à « 5.5 milliards d’euros en plus à sortit pour l’ensemble de l’appareil productif français afin de s’approvisionner en gaz ». Cependant, autre chose reste à prendre en compte : le prix de l’électricité, dans la construction du marché européen, est indexé sur celui du gaz.

« Il serait pertinent d’agir sur trois niveaux, explique l’eurodéputé Pascal Canfin. D’abord en actant la prolongation d’au moins un an de l’état d’urgence budgétaire. Ensuite, en prévoyant des soutiens européens en lien direct avec le conflit, comme pour les dépenses d’accueil des réfugiés. Enfin en recréant un véhicule commun pour financer les investissements supplémentaires nécessaires. »

Les Échos, quant à eux, récoltent les propos du secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Clément Beaune. Ce dernier précise qu’ils n’en sont « qu’au début du débat, mais [qu’un] consensus politique devrait émerger sur la nécessité de dégager des moyens communs supplémentaires dans trois domaines : l’énergie, la défense et l’alimentaire ».

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