Gaz russe : l’énergéticien Engie estime pouvoir s’en passer en 3 ou 4 ans

Avec prudence, Engie a déclaré pouvoir se passer du gaz russe en deux ou trois ans. La mise en place d'un calendrier est en cours.

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Une pluie de sanctions contre la Russie

La Russie a reçu plusieurs sanctions, et ce en plusieurs volets. En effet, L’Union européenne a fait paraître cinq volets successifs depuis fin février, quand la guerre en Ukraine a été déclarée. Elle se retourne alors vers les Etats-Unis pour la livraison de gaz. De fait, à ce jour, un embargo est en passe de se faire sur le pétrole russe, et le gaz semble bien vouloir suivre. Suite à une demande de Vladimir Poutine qui exhorte les pays « inamicaux » à payer leur gaz en roubles. Par ailleurs, la Russie a déjà stoppé ses livraisons vers la Pologne et la Bulgarie. L’Europe s’attend à la fin des livraisons de gaz russe, mais comment s’en passer ?

Transport du gaz naturel

Quand la France pourra-t-elle se passer du gaz russe ?

Selon Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie, pense que se passer du gaz russe est possible. Cependant, il dénonce lui-même que « à terme, oui. La question, c’est à quel terme ». Il explique aux micros de France Inter que « la France est capable de réduire de manière très importante [sa dépendance au gaz russe] en trois ou quatre ans ». En effet, l’Europe cherche à réduire cette dépendance. En revanche, une immédiateté est difficilement pensable concernant l’acheminement. « Le gaz est une énergie qui supporte des infrastructures […] et des installations de liquéfaction et regazéification. Si nous devions faire face à une interruption brutale, c’est un scénario qui est beaucoup plus difficile. Il nécessitera des ajustements qui seront probablement eux aussi brutaux ».

Le groupe Engie cherche à diversifier ses approvisionnements. Pour ce faire, il a signé un contrat auprès de l’américain NextDecade pour quinze ans, début mai. Malgré tout, l’énergéticien a conscience que ce contrat ne suffira pas à remplacer le gaz russe pour l’instant.

C’est aux micros de RTL que la directrice générale du groupe, Catherine MacGregor, est intervenue. Selon elle, « le sujet du paiement en roubles est compliqué. Nous continuons à payer selon les termes du contrat, et nous attendons de la clarté, avec un cadre européen sur ces paiements que nous continuerons à faire en euros de notre côté ».

Bruxelles, de son côté, a refusé le chantage effectué par la Russie. Certains fournisseurs d’énergie, notamment l’allemand Uniper, transitent par la Gazprom Bank située en Suisse pour faire des paiements en roubles.

L’impossibilité d’une interruption nette

Le gaz nécessite des investissements lourds, comme par exemple des constructions de gazoducs. Il est important de noter qu’à ce jour, les importations de gaz russe sont encore « à des niveaux très élevés » vers l’Europe. Malgré tout, les énergéticiens européens se préparent à ce qui se montre inévitable : la fin de l’importation russe.

Beaucoup annoncent cependant qu’il s’agit d’un événement qui ne pourra avoir lieu que sur les moyen et long termes.

Le paiement en roubles n’est pas une obligation

Poutine a ordonné à ce que le gaz russe soit payé en roubles. Cela lui permet entre autres de réduire la charge des sanctions économiques qui pèsent sur lui tout en redorant le blason de la devise locale. Toutefois, cela ne fonctionne qu’en partie. Jean-Pierre Clamadieu explique que « rien ne nous oblige à payer en roubles. Nous n’avons aucune raison de prendre le risque de changer ou de rompre l’équilibre du contrat ».

Un contrat déchiré en deux

Aujourd’hui, l’Europe quant à elle refuse de se passer du gaz russe. Si cela représente en effet une sanction à très haut potentiel envers la Russie, il se peut aussi que ce soit dévastateur pour certains pays, encore bien trop dépendants.

Jean-Pierre Clamadieu estime une possibilité de remplacer 50 % des achats de gaz faits à la Russie. Il propose de compenser le reste en réduisant, voire en arrêtant, la consommation de gaz dans le secteur industriel.

Si la France se méfie d’une coupure potentielle par Poutine cet hiver, elle se prépare à diviser ses achats de gaz russe par trois d’ici 2023. Début avril, la parution d’un décret permet un plan national de délestage. Autrement dit, le gouvernement se laisse le droit d’imposer aux importants industriels une interruption de quelques heures ou de quelques jours.

A terme, se passer de gaz russe est une possibilité, mais à quel terme ?

En effet, l’acheminement du gaz repose sur tout un réseau. Celui-ci est composé d’infrastructures et est complexe à mettre en place. Selon Jean-Pierre Clamadieu, « la réalité du moment, c’est qu’il y a beaucoup de gaz qui arrive en Europe. Les contrats de gaz, y compris russes, sont plutôt à des niveaux très élevés de livraison ».

Avec ses besoins relativement importants, la décision de se passer du gaz russe pour l’Union européenne est lourde de conséquences. Dans un premier temps, le vieux continent remplit ses cuves en préparation de l’hiver.

Même si l’enjeu ne s’arrête pas là, le président d’Engie annonce un calendrier large et parle de trois ou quatre ans pour que la France puisse se passer du gaz russe. En effet, cela anéantit un espoir de clôturer rapidement les contrats avec la Russie.

Un approvisionnement de gaz liquéfié

En effet, l’Union européenne se tourne vers des alternatives pour appréhender la fin des livraisons de gaz russe. Depuis fin février, elle a décidé de cesser les achats de charbon. Pour pallier le manque à gagner, elle se tourne aussi vers les Etats-Unis pour des livraisons de gaz liquéfié. Cet approvisionnement depuis les USA est estimé à 150 milliards de mètres cubes.

Comme nous l’avons déjà évoqué, même si cela ne prendra pas en charge l’intégralité d’un remplacement potentiel du gaz russe, Engie a signé un contrat sur 15 ans à NextDeacade. NextDeacade est une firme américaine spécialisée dans la liquéfaction et dans la vente de gaz naturel liquéfié (GNL).

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