La moitié de RTE pourrait être cédée par EDF

Jusque-là filiale à 100 % du groupe EDF dont l'État est actionnaire majoritaire, RTE pourrait bientôt voir son capital ouvert à des investisseurs extérieurs. Quels sont les tenants et aboutissants de cette éventuelle cession ?

Lignes à haute tension
Selon un cabinet d'études, la vente de 25 % des actifs de RTE générerait une rentrée d'argent d'environ 3,5 milliards d'euros pour EDF.

Peu connue du grand public, l'entreprise Réseau de transport d'électricité (RTE) remplit pourtant une mission fondamentale. Elle est chargée de la gestion et l'entretien des plus de 100 000 kilomètres de lignes à haute et très haute tension sur l'ensemble du territoire français.

Aujourd'hui filiale à 100 % du groupe EDF, lui-même détenu à 85 % par l'État français, RTE devrait bientôt ouvrir son capital à des investisseurs extérieurs qui pourraient ainsi devenir des actionnaires minoritaires. Tel est en tout cas le sens de l'annonce faite récemment par Jean-Bernard Lévy, le P-DG d'EDF, annonce qui rouvre un débat vieux de plus de dix ans. Bien menée, l'opération pourrait désendetter EDF de façon significative et éclaircir un peu son avenir financier.

Ouverture du capital de RTE : le sujet est relancé

L'audition du P-DG d'EDF Jean-Bernard Lévy devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le mardi 5 avril dernier, a permis de faire le point sur la situation de l'opérateur historique. De l'aveu même du dirigeant d'EDF qui avait déjà demandé une nouvelle hausse de ses tarifs en février 2016, « l'équation financière » de l'entreprise reste clairement « sous tension ». La filiale RTE dédiée au transport d'électricité devrait notamment occuper une place majeure dans les opérations de réduction du périmètre, de cessions d'actifs et de ventes de participations minoritaires qui s'annoncent.

RTE dispose d'une autonomie totale de gouvernance et de financement afin d'assurer avec neutralité sa mission de service public, conformément aux règles fixées par la réglementation européenne. Elle n'en demeure pas moins à ce jour une filiale d'EDF à 100 %. Ce dernier point est l'objet de polémiques depuis sa création au 1er juillet 2000 et plus encore depuis sa transformation en société anonyme au 1er septembre 2005.

Dans le détail, EDF a actuellement affecté 50 % des actifs de RTE à un fonds destiné à financer les futures opérations de démantèlement des plus anciennes centrales nucléaires françaises. D'après Jean-Bernard Lévy, EDF envisagerait de céder rapidement les 50 % restants dans le cadre d'une « stratégie préparée aujourd'hui par le directoire de RTE ».

En perspective, le désendettement d'EDF

L'ouverture du capital de RTE aura clairement pour objectif de « renforcer la structure bilancielle » de sa maison-mère, autrement dit de réduire la dette d'EDF. Selon les résultats de son exercice 2015, le groupe EDF cumule déjà à ce jour un endettement de 37,4 milliards d'euros. Il est de plus confronté à la perspective de nouvelles dépenses très lourdes pour démanteler ou réhabiliter le parc français de centrales nucléaires, mais aussi, par exemple, pour mener à terme le coûteux projet des EPR britanniques à Hinkley Point.

D'après le cabinet d'études Natixis, la vente de 25 % des actifs de RTE suffirait à générer pour EDF une rentrée d'argent d'environ 3,5 milliards d'euros. Cette manne est plus que tentante dans la situation actuelle du groupe !

Sous quelle forme ?

L'opération envisagée par EDF a connu de nombreux précédents dont le groupe pourra s'inspirer. GRTgaz, responsable du réseau de transport de gaz naturel sur les trois quarts du territoire français, a déjà subi la même mutation il y a une dizaine d'années. Autrefois propriété à 100 % de GDF Suez, le transporteur est désormais détenu seulement à 75 % par Engie. Le reste appartient à un consortium regroupant des investisseurs publics (la Caisse des Dépôts via CDC Infrastructures) et privés (CNP Assurance).

Un montage impliquant un investisseur public n'empêcherait pas ce dernier de revendre ensuite ses parts à une entreprise privée nationale ou même étrangère. Ce fut par exemple le cas lors de l'ouverture des gestionnaires de réseau en Italie et au Portugal.

Sous quelles conditions ?

L'ouverture du capital de RTE suppose évidemment le feu vert de l'État français, dont le poids est largement prédominant au sein du groupe EDF. Les autorités publiques semblent se montrer favorables au projet et pourraient même l'encourager. Le Président de la République avait d'ailleurs peut-être l'opération en tête l'année dernière lorsqu'il a décidé de placer à la direction de RTE l'un de ses fidèles, François Brottes, ancien député de l'Isère. Dans tous les cas, l'État ne devrait pas s'opposer au projet tant qu'il sera assuré de rester un actionnaire majoritaire et de garder indirectement le contrôle de RTE.

Bien qu'il soit a priori favorable à une opération d'ouverture, le président de RTE a prévenu que ce scénario était subordonné au nouveau projet d'entreprise en cours d'élaboration au sein de la filiale. Ce projet devrait être présenté officiellement au cours de l'été. EDF dispose donc encore de quelques mois pour affiner les contours du projet.

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