Économie d’énergie : un décret contre la pollution lumineuse à venir

Un décret pourrait unifier les règles d'ici la fin de l'été contre la pollution lumineuse. L'économie d'énergie, mot d'ordre de la démarche.

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Qu’est-ce que la pollution lumineuse ?

Pour simplifier, la pollution lumineuse, c’est tout la lumière que crée l’humain la nuit, qui bien souvent est superflue. En France, depuis le début des années 90, la densité de lumière artificielle émise a quasiment doublé. On estime à ce jour que 80 % de la population mondiale vit sous un ciel pollué par la lumière. Comment allier l’économie d’énergie et la cause environnementale ?

La pollution lumineuse représente un réel danger pour la faune, la flore, l’être humain et, bien entendu, le portefeuille.

La chauve-souris peut avoir des modifications de comportements à cause de la pollution lumineuse des façades de bâtiments urbains.

Qui est est impacté par la pollution lumineuse ?

La pollution lumineuse, en plus d’être une source de dépenses importantes, peut avoir des retombées graves sur l’environnement et sur la santé. Faisons un tour rapide de l’impact de la pollution sur les différents organismes. En effet, elle perturbe le cycle prévu jour/nuit, ce dernier permettant aux différents corps de se régénérer. Elle implique donc une perturbation qui entraîne de la fatigue voire des pathologies.

La faune et la flore

Par exemple, les scientifiques s’accordent sur le fait que la lumière artificielle impacte la reproduction, la migration et l’activité de la faune.

Romain Sordello, expert en pollution lumineuse au muséum national d’histoire naturelle explique que, « parmi les espèces qui sont attirées par la lumière, il y a les insectes. Tout le monde les voit être attirés par les lampadaires. C’est ce qu’on appelle un puits écologique, les animaux sont attirés là où ils vont mourir. Les espèces repoussées par la lumière ont quant à elles moins d’habitat, leur territoire est diminué. Même dans la biodiversité diurne, le rythme d’activité est plus long que prévu ».

Dans le cadre des insectes, certains meurent d’épuisement à tourner en rond autour d’un lampadaire. Pour le reste, la barrière de lumière freine la reproduction. Enfin, l’obscurité qui les protège des prédateurs est anéantie et ils deviennent de véritables proies. Si ces insectes sont amenés à disparaître, la flore en fera de même puisque non pollinisée. Il faut savoir qu’en Europe, 90 % des papillons sont nocturnes.

Un autre exemple, les tortues de mer. Des chercheurs australiens ont suivi le trajet des bébés. Les mères pondent dans le sable et les bébés trouvent l’eau grâce à la lumière naturelle de l’horizon. Les éclairages artificiels les incitent à se tromper de chemin, et les jeunes meurent d’épuisement ou dévorés par les prédateurs avant d’avoir pu rejoindre l’eau. Pour ceux qui rejoignent la mer, ils restent non loin des côtes, attirés par la lumière de ces dernières.

L’humain

Ne dit-on pas que l’Homme est un animal ? La pollution lumineuse a des effets aussi sur nos organismes, et pas des moindres.

Les lumières artificielles viennent perturber ce qu’on appelle le cycle circadien. En d’autres termes, elles viennent changer le fameux cycle jour/nuit, et ses différents rayonnements, qui influe sur notre organisme.

Pour aller plus loin, l’œil est pourvu d’un photorécepteur, la mélanopsine. Ce dernier permet de transmettre au cerveau la baisse de luminosité. En d’autres termes, l’œil va dire au cerveau qu’il fait nuit. Une fois l’information assimilée par le cerveau, ce dernier va créer et diffuser l’hormone du sommeil, appelée mélatonine. C’est grâce à cela que vous allez bénéficier d’un sommeil réparateur… ou non. A savoir que la production de mélatonine est freinée par la lumière, voire détruite quand il s’agit de lumière bleue. Comme nous l’avons vu, la perturbation du cycle peut amener une fragilité du sommeil, une dissociation du temps de repos et du besoin de notre corps, et ainsi provoquer certaines pathologies.

C’est en ce sens que de plus en plus d’études préconisent une utilisation moins intensive des écrans, d’autant plus qu’ils sont émetteurs de cette lumière bleue. Cette partie du spectre de la lumière est celle qui joue un rôle important dans le cycle du sommeil, car elle agit directement sur la mélatonine.

Une économie d’énergie en passant à l’éclairage au LED

La lumière se divise en plusieurs spectres. Celle-ci se décompose par les couleurs de l’arc-en-ciel, allant du violet au rouge. La lumière bleue est la partie de la lumière visible par nos yeux, celle que l’on distingue le plus. Elle peut être émise de manière naturelle, mais aussi de façon artificielle. De fait, elle inonde notre environnement avec les différents écrans et les ampoules à LED, diode électroluminescente. Pour l’économie d’énergie, cette technologie apparaît au sommet, car elle consomme moins et éclaire plus. En revanche, elle a les points faibles de ses points forts. Comme elle éclaire plus, la diffusion de lumière est faite sur une surface plus importante. Si elle est moins chère et moins gourmande, elle dénature davantage les environnements.

Compte tenu de sa rentabilité, la technologie LED a été choisie entre autres pour les éclairages municipaux ou les différents panneaux lumineux que l’on voit dans les villes, en vitrine.

Un décret pour unifier des mesures déjà existantes sur l’économie d’énergie et la pollution lumineuse

La régulation de la publicité lumineuse n’est pas une question récente. En 2012, un décret prévoyait une extinction de ces publicités entre 1h et 6h du matin. Une exception cependant pour les aéroports et les villes de plus de 800 000 habitants, dans lesquelles ce règlement était soumis à décision communale. Beaucoup semblent avoir remarqué le non-respect de ce décret, au moins jusqu’en 2018. Il faut dire qu’en cas de contrôle, le contrevenant pouvait écoper d’une amende de 750 € par publicité ou 1500 € pour un commerce.

Selon Anne-Marie Ducroux, la porte-parole de l’association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne, le décret porté en 2012 « est très confus. Il fixe des règles minimales, avec des exceptions et des dérogations. Ce qu’on sait du terrain, c’est qu’il n’y a pas de contrôles ni de sanctions. Les informations transmises par l’Etat sont très partielles ou ne sont pas accessibles ». Enfin, elle déplore que « la mise en conformité pour les installations lumineuses déjà existantes est reportée de six ans, sans justification réelle ».

Le décret prévu pour septembre contre la pollution lumineuse et pour l’économie d’énergie va-t-il changer quelque chose ?

Le ministère de la Transition énergétique annonce lui-même que les contours restent encore un peu vagues. Le changement principal est une nationalisation des règles. Il ne serait plus question de faire des exceptions communales. Toutes les communes de France devront éteindre les enseignes lumineuses entre 1h et 6h du matin. Les grandes métropoles devraient être plus ambitieuses. Par exemple, celle de Grenoble a choisi depuis 2020 d’éteindre ses enseignes de 23h à 7h du matin pour réduire la pollution lumineuse. Rennes, pour qui la loi n’était pas assez ambitieuse, a choisi ce même chemin dès juin 2022.

Autre mesure d’économie d’énergie, les magasins auront pour interdiction de laisser les portes ouvertes lors de l’intervention de clim ou, au contraire, de chauffage. Par exemple, dans la rue du Commerce à Paris, une vendeuse d’une boutique de lingerie s’adresse aux micros de RTL et dénonce une pratique qui ne lui convient pas. En effet, de nombreux magasins gardent les portes ouvertes avec la clim pour attirer les clients, qu’ils viennent se rafraîchir, etc. « Ça nous oblige à mettre un petit peu plus de clim pour compenser ces entrées d’air terribles, et ça me fait très mal. Personnellement, je fais très attention à la maison. Je n’ai pas de clim et on ferme les fenêtres, mais les grandes firmes… ». Selon RTL, les économies à réaliser avec l’extinction des publicités lumineuses de Paris représentent la consommation en électricité de 370 000 ménages.

Les deux décrets proposés par la ministre Agnès Pannier-Runacher devraient voir le jour au 21 septembre, après un examen préalable par le Conseil d’Etat. Bien entendu, les gares et les aéroports ne devraient pas être concernés par ces mesures.

Tous les acteurs ont un intérêt immédiat et concret à agir

L’ANPCEN alerte déjà sur un « véritable plan de contrôle pour être efficace. La publicité et les enseignes lumineuses ne pèsent pas le même poids en consommation et en pollution lumineuse émise que l’éclairage public, mais tous les acteurs ont un intérêt immédiat et concret à agir. Les communes qui réduisent la durée d’éclairement en milieu de nuit réalisent de très fortes économies. »

Selon l’Ademe, « un écran publicitaire LCD numérique de 2 m² consomme 2,049 kWh/an, soit l’équivalent de la consommation moyenne annuelle d’un ménage pour l’éclairage et l’électroménager (hors chauffage) ».

Si l’économie d’énergie est un vrai sujet et que chacun peut jouer un rôle, le contexte actuel rend le marché compliqué. Le secteur de l’énergie est donc à flux tendu, mais pourquoi ne pas faire le point sur les contrats de la vie quotidienne ? N’hésitez pas, nos équipes d’experts se mettent gratuitement à votre disposition pour vous trouver les meilleures offres !

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