« L'électrique, c'est fantastique » : 3 € les 100 km ? Le coût réel est encore plus bas !

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Le Gouvernement lance ce mardi 26 mai 2026 sa campagne « L'électrique, c'est fantastique », volet grand public du plan « Électrifions la France » présenté en avril dernier. Le message martelé : la voiture électrique coûte 3 € environ aux 100 km à la recharge, contre 4 à 5 fois plus pour un véhicule thermique. D'après nos calculs, ce chiffre est même conservateur. Recharger à domicile coûte en réalité 2,83 € aux 100 km au tarif réglementé d'EDF en heures creuses, et descend à 2,24 € avec les heures creuses les moins chères. Face à un litre de SP-95 à 2,16 € et un diesel à 2,13 €, un niveau actuel stratosphérique, le rapport de coût atteint 1 à 6..
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« L'électrique, c'est fantastique » : la campagne lancée ce 26 mai
La campagne gouvernementale officialisée ce mardi constitue le volet de communication grand public du plan « Électrifions la France », dévoilé en avril 2026 par le ministère de l'Aménagement du territoire et de la Transition écologique. Le dossier de presse officiel chiffre à 800 à 1 500 euros par an l'économie réalisable par un ménage qui passe de l'essence ou du diesel à l'électrique. Le ministère met également en avant un coût d'usage de « 3 € environ les 100 km » pour une recharge à domicile.
2,83 € aux 100 km au tarif réglementé, 2,24 € avec une offre adaptée
Selon les données compilées par l'ADEME sur les 265 modèles électriques commercialisés en France en 2026, la consommation moyenne réelle s'établit à 17,9 kWh aux 100 km selon le protocole WLTP. Soit un peu plus que l'hypothèse retenue par le gouvernement, mais largement compensé par les tarifs effectifs de l'électricité résidentielle.
Au tarif réglementé de vente d'EDF, le kWh est facturé 0,1579 € en heures creuses contre 0,194 € en option Base. Pour 18 kWh consommés tous les 100 km, la facture passe ainsi de 3,49 € à 2,83 € selon que l'on recharge en Base ou en heures creuses (souvent la nuit). Un écart qui justifie, à lui seul, le passage à l'option heures pleines / heures creuses pour tout foyer équipé d'un véhicule électrique.
Mais le marché libre permet d'économiser encore plus. Octopus Energy commercialise l'offre Octopus Go, dont les heures creuses descendent à 0,1251 €/kWh — soit les moins chères de km revient à 2,24 €, contre 11,93 € pour un véhicule diesel équivalent (5,6 L à 2,13 €) ou 16,63 € pour un essence (7,7 L à 2,16 €).
Octopus Go
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Bien entendu, ce prix vaut pour toutes les consommations sur les heures creuses, et pas seulement pour la recharge de sa voiture.
1 660 € d'économie annuelle, et jusqu'à plus de 2 800 € pour les gros rouleurs
Rapporté au kilométrage annuel moyen des automobilistes français — 11 600 km par an, l'addition devient parlante. Sur cette base, un véhicule électrique consomme d'ailleurs en moyenne 2 079 kWh par an.
| Énergie / Mode de charge | Prix unité | Coût pour 100 km | Plein (250 km) | Plein (600 km) | Coût annuel (11 600 km) |
|---|---|---|---|---|---|
| Électrique — Domicile (HC Octopus Energy) | 0,1251 €/kWh | 2,24 € | 5,60 € | 13,45 € | 260,05 € |
| Électrique — Borne publique rapide | 0,60 €/kWh | 10,75 € | 26,88 € | 64,51 € | 1 247,23 € |
| Diesel (Gazole) | 1,65 €/L | 11,93 € | 29,82 € | 71,57 € | 1 383,65 € |
| Essence (Sans Plomb 95) | 1,72 €/L | 16,63 € | 41,58 € | 99,79 € | 1 929,31 € |
La facture énergétique annuelle s'établit alors à 328,23 € au tarif réglementé d'EDF en heures creuses, et descend à 260,05 € avec une offre type Octopus Go. À comparer aux 1 383,65 € de carburant pour un automobiliste diesel (649,6 L à 2,13 €) et aux 1 929,31 € pour un automobiliste essence (893,2 L à 2,16 €). L'économie annuelle dépasse donc nettement les 1 000 euros mis en avant dans le dossier de presse gouvernemental.
Veuillez remplir le formulaire et cliquer sur « Calculer » pour voir les résultats.
Pour les profils « gros rouleurs », typiquement les actifs en zone rurale parcourant 20 000 km ou plus chaque année, l'écart se creuse mécaniquement et peut dépasser 2 800 € par an entre l'essence et l'électrique en heures creuses. C'est précisément cette catégorie de ménages que cible le plan gouvernemental, qui prévoit jusqu'à 7 700 € d'aide à l'achat pour les actifs des 6e à 8e déciles dépendants de leur véhicule.

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« Électrifions la France » : un plan à 4,5 Md€ par an et 22 mesures
Au-delà de la campagne de communication lancée ce mardi, le plan « Électrifions la France » mobilise près de 4,5 milliards d'euros par an d'ici 2030, qui s'ajoutent aux 5,5 milliards déjà engagés. Le financement provient majoritairement d'une réorientation des certificats d'économie d'énergie (CEE) vers les usages électriques : 2,1 Md€ fléchés vers les transports, 1,1 Md€ vers le bâtiment, 0,2 Md€ vers l'industrie, complétés par une redirection d'aides à la rénovation.
Le volet transports prévoit notamment une troisième édition du leasing social, avec 50 000 nouveaux véhicules électriques destinés aux ménages modestes des cinq premiers déciles de revenus à partir de juillet 2026, des loyers démarrant sous les 100 € par mois. Le plan prévoit également 50 000 véhicules électriques supplémentaires pour les ménages « gros rouleurs » des classes moyennes, et la multiplication par cinq du nombre de points de recharge sur le réseau routier national d'ici 2035.
Côté logement, l'objectif est d'atteindre un million de pompes à chaleur installées d'ici 2030, contre environ 180 000 par an actuellement. Les aides MaPrimeRénov' seront recentrées : à compter du 1er septembre 2026, aucune rénovation d'ampleur ne pourra conserver un chauffage au gaz à l'issue des travaux pour bénéficier de l'aide. Et à partir du 1er janvier 2027, plus aucun bâtiment neuf ne pourra utiliser le gaz, même en appoint. Une trajectoire qui change radicalement, pour les ménages, le calcul d'opportunité entre fournisseur de gaz et fournisseur d'électricité à l'échelle d'une décennie.

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