Les énergies durables : le gaz et le nucléaire entrent dans la liste

Ce sera sous certaines conditions, mais la Commission européenne a rendu sa décision : les énergies durables comptent gaz et nucléaire.

  • Publié le

Que sont les énergies durables ?

Les énergies renouvelables sont durables, réutilisables, inépuisables. Issues des éléments naturels comme le soleil, le vent, les chutes d’eau, les marées, la chaleur de la Terre, elles sont des énergies “flux” par opposition aux énergies “stock”. Celles-ci étant constituées de combustibles fossiles, limités en termes de durabilité puisque le stock en question n’est pas inépuisable (pétrole, charbon, gaz, uranium).

Les énergies durables sont considérées comme les énergies d’avenir. En revanche, elles restent à ce jour sous-exploitées par rapport à leur potentiel et ne couvrent que 20 % de la consommation mondiale d’électricité. On en parlait il y a de cela quelques mois : et si le nucléaire était une énergie verte ?

Les offres d'électricité verte en France

Qu’est-ce que la taxonomie, en bref ?

C’est au 31 décembre que la Commission européenne a communiqué un texte très attendu dans l’univers de l’énergie. Ce texte, donné sous forme de liste, précise la classification des différentes sources d’énergie. À Bruxelles, il est appelé « Taxonomie verte européenne ». Il détermine alors les énergies dites « durables ». Le but est de mettre de l’ordre dans les classifications existantes afin d’avoir un référentiel.

De même, la taxonomie permet d’orienter les investissements publics et privés vers les énergies considérées comme les moins polluantes. A ce jour, on connait la décision de la Commission européenne concernant le gaz et le nucléaire. La proposition étant débattue depuis maintenant plusieurs mois, « des consultations sur un projet de texte » ont été commencées, car la décision reste encore provisoire jusqu’à la mi-janvier.

Que se passe-t-il quand les énergies durables entrent dans la taxonomie ?

Les énergies durables sont donc bénéficiaires de financement. L’Union européenne ayant pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, la taxonomie est un support pour y parvenir. Contrairement aux énergies fossiles dont le coût de financement devrait augmenter, les énergies durables au label vert devraient avoir un coût plus faible. Cette classification devrait amener plus de transparence concernant le secteur financier.

La France, de son côté, veut relancer sa filière nucléaire, la considérant comme une source d’énergie relativement stable, mais surtout décarbonée. L’Allemagne, qui souhaite tourner le dos à cette source d’énergie, pointe du doigt les dangers du nucléaire, mais veut faire entrer le gaz dans la taxonomie verte. En effet, Bruxelles a décidé de classer comme énergies durables les centrales à gaz ou nucléaires concernant la production d’électricité.

Pourquoi le nucléaire et le gaz entrent-ils dans la course des énergies durables ?

La Commission européenne a rendu vendredi 31 décembre son arbitrage concernant la classification des sources d’énergie. Le gaz et le nucléaire se voient reconnus comme des énergies durables, sous certaines conditions. Ce débat, très technique mais essentiel, a divisé les Européens pendant des mois.

A ce jour, les énergies renouvelables seules ne permettent pas d’atteindre les objectifs de la transition énergétique. En revanche, des sources d’énergie comme le gaz ou le nucléaire pourraient tout simplement aider, en tant qu’énergie de transition, justement.

Dès lors, la Commission européenne reconnaît ces deux énergies comme durables. Ainsi, elles ont été qualifiées de transitoires, et seront considérées comme durables mais sous conditions :

  • Pour le nucléaire :
    • il faudra un permis de construire pour toute centrale avant 2045. De même, il faudra des autorisations faites avant 2040 pour des travaux concernant la prolongation du fonctionnement des centrales existantes. Enfin, des garanties sur le traitement des déchets et le démantèlement des installations seront exigées.
  • Pour le gaz :
    • des seuils d’émissions sont fixés et un calendrier a été mis en place. Elles devront émettre moins de 100g de CO2 par kWh. Ce seuil est atteignable avec les technologies actuelles. En revanche, les centrales gaz qui auront obtenu un permis de construire avant fin 2030 auront un seuil qui s’élève à 270g. Une condition supplémentaire pour ces dernières, il faut qu’elles remplacent une infrastructure existante beaucoup plus polluante, comme la centrale à charbon par exemple.
Une centrale nucléaire

Quel avenir pour la décision de la Commission européenne ?

Les parties prenantes comme le secteur financier, les ONG, etc. doivent étudier cette proposition de texte. Ces derniers ont jusqu’au 12 janvier pour apporter des ajustements s’ils le souhaitent. Enfin, le texte sera publié par la Commission européenne à la fin janvier.

A ce moment-là, le Parlement devra statuer, à savoir que sa seule possibilité serait un rejet. Pour ce faire, le texte devra être soumis au vote. Une majorité simple est demandée au Parlement (soit 353 députés) et une majorité qualifiée pour le Conseil (soit 20 Etats sur les 27 constituants de L’Union). La procédure d’adoption est simplifiée et les deux instances auront 4 à 6 mois pour examiner le texte et statuer, que ce soit une adoption ou un rejet.

Les énergies renouvelables

Hydraulique, éolien, biomasse, solaire… Envie de préserver l’environnement, tout en payant un prix de l’énergie plus juste ? Découvrez le meilleur des offres d’énergie éco-friendly !

Je découvre

Cette page vous a-t-elle été utile ?

4.6/5 - 14 avis