Un observatoire pour surveiller le prix des lunettes

Prévu de longue date, l'observatoire des prix et de la prise en charge en optique médicale vient de voir le jour. Quel est le rôle de cet organisme et pourquoi a-t-il été créé ?

lunettes
Selon l'institut d'études GfK, le prix moyen d’une nouvelle paire de lunettes (tous types de verres confondus) aurait atteint 319 € en 2015.

Il s'est fait longuement attendre, mais son existence est désormais officialisée : un arrêté paru au Journal officiel du samedi 5 mars 2016 consacre la création d'un « observatoire des prix et de la prise en charge en optique médicale ».

Dans la droite ligne des nouveaux contrats de mutuelle « responsables », le but de cette nouvelle institution consiste à enrayer l'augmentation excessive du prix des lunettes constatée chez les opticiens depuis de nombreuses années. Les couvertures généreuses offertes par les mutuelles, les marges importantes des opticiens et le manque de vigilance des assurés ont en effet contribué à faire exploser la facture collective de l'ensemble des Français pour leurs verres et leurs montures.

Un nouvel observatoire pour surveiller le prix des lunettes

Depuis le 1er avril 2015, les nouveaux critères fixés pour les contrats de mutuelle « responsables » modifient l'encadrement du domaine de l'optique médicale. Ils définissent notamment des seuils et des plafonds de remboursement des verres et des lunettes. Selon la puissance et la complexité du dispositif de correction de la vue, un assuré peut désormais espérer un remboursement minimal compris entre 50 et 200 € et un maximum allant de 450 à 850 €, renouvelable tous les deux ans. Une manière de garantir une protection décente sans inciter pour autant à la surconsommation !

Prévue depuis novembre 2014, l'autre facette de cette réforme vient finalement de voir le jour. Le Journal officiel du 5 mars 2016 annonce la création de l'observatoire des prix et de la prise en charge en optique médicale. Déjà surnommé « observatoire des lunettes », cet organisme se réunira en principe au moins une fois par an. Il rassemble de façon collégiale des représentants des caisses d'assurance maladie et des services de l'État, mais aussi ceux des mutuelles complémentaires santé, des opticiens, des fabricants de matériel optique et des assurés eux-mêmes.

Le rôle de l'observatoire consiste à surveiller l'évolution des prix de vente des lunettes et autres dispositifs médicaux d'optique, à analyser leur niveau de couverture par les complémentaires santé et, le cas échéant, à formuler des propositions auprès du gouvernement.

Des lunettes plus chères en France qu'ailleurs

Le nouvel observatoire a pour feuille de route de modérer l'évolution tarifaire des lunettes. Et pour cause : l'inflation du prix de l'optique médicale au cours des quinze dernières années a été impressionnante et classe la France parmi les pays les plus chers pour se procurer des lunettes.

UFC-Que Choisir évaluait en avril 2013 le prix moyen d'un équipement (verres et monture) à 393 € hors taxes, ou 470 € toutes taxes comprises. Deux ans plus tôt, l'association de défense des consommateurs avait également chiffré le coût moyen pour l'assuré à 75 € par an : un montant à comparer avec 34 € pour un Italien, ou 28 € pour un Espagnol.

L'institut d'études GfK dresse globalement le même constat. En 2015, le prix moyen d'une nouvelle paire de lunettes (tous types de verres confondus) aurait atteint 319 €, soit bien davantage que dans la plupart des autres pays européens.

Une responsabilité partagée entre opticiens, mutuelles et assurés

La hausse continue des prix sur le marché français de l'optique est due à un jeu complexe d'interdépendances entre opticiens, mutuelles et assurés, qui dilue la responsabilité de chaque acteur et favorise une inflation galopante.

Dès 2013, UFC-Que Choisir pointait du doigt les opticiens et les accusait de réaliser des marges jugées exorbitantes, réalisées sur le dos des complémentaires. La paire de lunettes vendue 393 € HT leur reviendrait ainsi à seulement 118 €, soit une rentabilité de 233 % et même de 317 % pour les verres ! Selon UFC, ces bénéfices sont réinvestis dans du marketing « inconsidéré » et dans des opérations promotionnelles du type « seconde paire gratuite ». Ces frais sont certes indolores à première vue pour l'assuré, mais finissent par se répercuter sur les tarifs des mutuelles pour la collectivité.

Jusqu'à l'application des nouveaux paniers de soins pour les contrats responsables, les complémentaires santé ont également contribué au phénomène en offrant des couvertures toujours plus généreuses sur les frais d'optique, notamment du fait du très faible taux de remboursement accordé par le régime de base de la Sécurité sociale. Cette largesse n'a pas manqué de profiter aux opticiens et aux assurés qui ont vendu et se sont équipés au-delà des besoins (verre anti-reflet, solaire, anti-rayure…). À l'inverse, dans d'autres pays comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni, les mutuelles prennent mal en compte les lunettes. Les assurés se contentent donc volontiers de montures sans marque ou sophistication particulière.

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