Que vaut la « garantie perte d’emploi » d’une assurance de prêt ?

Enrichir d'une « garantie perte d'emploi » votre assurance emprunteur : bonne ou mauvaise idée ?

Garantie perte d'emploi
Pour ne pas vous retrouver dans l'incapacité de rembourser votre crédit en cas de licenciement, une garantie perte d'emploi peut être incluse dans votre assurance de prêt.

Dans un contexte économique morose adossé à une montée continue du chômage, opter en faveur d'une « garantie perte d'emploi » semble à première vue être une bonne idée lors de la contraction d'un prêt immobilier. Cependant, l'emprunteur serait bien inspiré de redoubler de vigilance. Exclusions, délais de carence, plafonnement comme durée limitée de l'indemnisation dans le temps sont autant de maux dont souffre cette couverture.

Alors que les difficultés économiques s'accentuent et que la proportion de la population active au chômage n'a de cesse que de battre de nouveaux records, votre banquier ne manquera pas de vous proposer d'assortir votre assurance de prêt d'une garantie perte d'emploi, en sus d'une assurance décès invalidité. Si cette option peut sembler à première vue tentante, pensez néanmoins à nuancer les arguments de votre organisme de prêt au vu des éléments suivants.

À qui s'adresse la garantie perte d'emploi ?

Bien que nul ne soit à l'abri du chômage, tous les emprunteurs ne peuvent pas souscrire à cette option. Dans les faits, les conditions d'accès à cette garantie sont particulièrement strictes :

  • Cette assurance est réservée aux salariés pouvant justifier auprès de leur organisme de prêt d'un contrat à durée indéterminée (CDI). De facto, les salariés en CDD, les professions libérales, travailleurs indépendants, artisans, exploitants agricoles et commerçants ne sont généralement pas éligibles à cette option.
  • La plupart des organismes de crédit exigent de la part de l'emprunteur une ancienneté dans son entreprise, variant de six mois à un an.
  • Sont exclues de cette garantie les personnes en période d'essai, en préavis de licenciement ou encore démissionnaires.
  • Les assureurs imposent le plus souvent des limites d'âge à respecter en fin de garantie : en règle générale, cette limite oscille entre 55 et 65 ans.

À noter : l'emprunteur sera appelé à fournir la preuve de son rattachement à un régime d'assurance chômage (ASSEDIC ou assimilé) à la souscription de ladite option.

Une période de carence et un délai de franchise s'appliquent

En cas de chômage, notez que seule la perte d'emploi involontaire est couverte par l'assurance. Les cas de démission, licenciement pour faute grave, maladie sont exclus.

« Faites preuve de vigilance : carence comme franchise repoussent la prise en charge par l'assureur de votre prêt »

Par ailleurs, un emprunteur devenu chômeur n'est pas immédiatement indemnisé. En effet, un délai de carence s'applique, lequel est compris entre six et douze mois selon les modalités de votre contrat d'assurance de prêt. Durant cette période, l'assurance ne prendra pas le relais de la prise en charge des mensualités.

À ce premier délai de carence vient s'ajouter un délai de franchise, pendant lequel l'assureur ne verse aucune prestation. Ce second délai, pouvant varier de trois à neuf mois, intervient à partir du début d'indemnisation par le Pôle Emploi ou bien à la date du licenciement.

« Délai de carence » comme « délai de franchise », ces deux notions différentes aboutissent à un même effet : repousser la date de mise en œuvre de l'indemnisation par l'assureur.

Jusqu’à 2500 euros d’économie

Depuis début 2018, vous pouvez changer l’assurance souscrite pour votre prêt immobilier. La Banque de France estime que chaque emprunteur pourrait économiser 2500 euros en moyenne sur la durée de son prêt. Faites le test !

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Pour quels montants d'indemnisation ?

Là encore, selon les modalités prévues par votre contrat, le plafonnement de l'indemnisation varie d'une compagnie d'assurance à l'autre. Plusieurs points sont à retenir :

  • Dans la plupart des cas, les mensualités ne sont pas couvertes en totalité. Le plus souvent, les échéances de remboursement de prêt sont prises en charge à hauteur de 30 % à 80 % de leur montant.
  • Le montant de l'indemnisation peut être fixe dès le premier mois, comme progressif. Celui-ci peut par exemple l'être pour 40 % les six premiers mois, 60 % les vingt-quatre mois qui suivent pour culminer à 80 % pour les six derniers mois.
  • Certains assureurs ouvrent la possibilité à l'emprunteur de choisir le pourcentage d'indemnisation associé à la garantie perte d'emploi. Ce choix a pour corollaire une réduction ou bien une augmentation de la prime payée par l'assuré.
  • La prise en charge des échéances demeure quoi qu'il en soit plafonnée. Par exemple, votre contrat peut prévoir un montant maximum des mensualités prises en charge par l'assureur fixé à 1 500 € par mois et par assuré.

Une garantie limitée dans le temps

Bien que le système d'indemnisation puisse varier d'un établissement bancaire à l'autre, dans tous les cas, sachez que la garantie perte d'emploi n'intervient que sur une période limitée dans le temps. En moyenne, les assureurs prévoient des durées d'indemnisation courant de 36 à 48 mois, étant entendu que ces délais portent sur la durée totale du crédit contracté. 

Par ailleurs, une durée maximale de remboursement des mensualités pour une même période d'inactivité s'applique. Celle-ci est généralement fixée à 18 mois. 

Pour choisir le meilleur contrat d'assurance de prêt, demandez l'avis d'un courtier

Ainsi, prenons l'exemple d'une assurance de prêt comprenant une garantie perte d'emploi dont la durée est limitée à 36 mois. Un assuré qui par malchance connaît plusieurs licenciements au cours de son crédit peut prétendre à une prise en charge des mensualités par son assurance :

  • sur une ou plusieurs périodes d'inactivité dans la limite de 18 mois chacune
  • sur une ou plusieurs périodes dans la limite maximale de 36 mensualités sur la durée totale du crédit (de facto, non consécutives)

Bon à savoir : si, après une courte période de reprise d'activité (généralement fixée à moins de six mois), l'emprunteur perd à nouveau son travail, la franchise peut ne pas s'appliquer. Inversement, si l'interruption est supérieure ou égale à un semestre, une franchise s'appliquera le plus souvent.

Combien cette assurance chômage va-t-elle vous coûter ?

Généralement, on estime le coût de cette garantie à un taux annuel compris entre 0,10 % à 0,60 % du capital emprunté. Par exemple, pour un assuré ayant opté pour cette garantie au taux de 0,50 % l'an, et emprunté 200 000 euros sur vingt ans, cette assurance lui coûtera peu ou prou 12 000 euros sur la durée totale du crédit.

L'avis de jechange, courtier en assurance de prêt

La garantie perte d'emploi s'avère au final « peu protectrice au regard de son coût élevé mais aussi de l'étendue réelle de l'indemnisation », souligne Alexis Debut, responsable du pôle Assurance chez jechange.

Si vous souhaitez tout de même souscrire à pareille garantie, sachez que vous aurez la possibilité de l'annuler par la suite à chaque date d'échéance de votre contrat. L'inverse n'est toutefois pas possible. Si vous ne souscrivez pas à cette option dès le départ, vous ne pourrez plus y prétendre par la suite. 

Ainsi, avant de signer, pensez à toujours prendre l'avis d'un courtier en Assurance, professionnel indépendant qui éclairera votre choix en fonction de votre situation individuelle.

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