La couverture en haut et très haut débit Internet progresse en France

Si l'accès à l'Internet haut débit se démocratise, ce n'est pas forcément le cas du très haut débit. Son déploiement se poursuit à un rythme soutenu mais seulement un tiers des foyers éligibles a choisi d'en profiter.

Carte du déploiement Internet THD
Le déploiement des réseaux FttH (gauche) et à terminaison en câble coaxial (droite) continue sa progression mais est loin de couvrir tout le territoire. (Crédit : ARCEP)

Comme chaque trimestre, l'ARCEP publie son observatoire du déploiement du haut et du très haut débit fixe en France enrichi cette fois-ci d'un suivi des résultats des Réseaux d'Initiative Publique (RIP). Au 31 mai 2016, l'organisme recense 30 millions de lignes éligibles au haut débit fixe et 14,8 millions de lignes pouvant bénéficier du très haut débit (THD).

L'ARCEP se félicite de la progression de la couverture en Internet haut débit. En revanche, quelques réserves peuvent être émises concernant l'objectif de rendre le très haut débit accessible à tous les Français d'ici 2020. Si la mise en place des réseaux par les opérateurs privés se poursuit, les RIP chargés par le plan « France Très Haut Débit » de mener la moitié des projets de raccordement en FttH affichent un retard certain à seulement 4 ans de l'échéance.

Haut débit : vers la fin des zones blanches ou grises ?

La couverture en haut débit continue sa progression. Selon l'observatoire de l'ARCEP, la totalité des 17 672 NRA sont désormais équipés en xDSL et 99,6 % des lignes de cuivre existantes sont éligibles à un service Internet haut débit. Le nombre total de lignes progresse également : 1 967 NRA ont été créés pour fournir un haut débit fixe dans des zones où les abonnés n'y avaient jusqu'alors pas ou quasiment pas accès.

Les opérateurs réalisent toujours plus d'investissements afin d'être en mesure de proposer plusieurs offres concurrentes au plus grand nombre et réduire ainsi les zones grises. Au 31 mars 2016, 9 976 NRA desservant 92,2 % des lignes existantes sont dégroupés. C'est 1 000 de plus qu'un an auparavant dont 450 sur le seul premier trimestre 2016. Le dégroupage est désormais possible sur 12,2 millions d'accès à Internet.

L'accès au très haut débit se développe…

Où en est-on par rapport à l'objectif d'offrir à tous les Français la possibilité de bénéficier d'un très haut débit de connexion à Internet (au moins 30 Mbit/s) à l'horizon 2020 ? Au 31 mars 2016, 14,77 millions de lignes sont éligibles au très haut débit fixe, soit 297 000 lignes de plus qu'à la fin de l'année 2015.

Depuis le bond de l'accessibilité au VDSL2 constaté sur les trois derniers mois de 2014, cette technologie poursuit son développement à un rythme régulier. Chaque année, cette technologie offre l'accès au THD à en moyenne 397 000 sites supplémentaires. À la fin du premier trimestre 2016, 5,413 millions de logements peuvent bénéficier d'un débit d'au moins 30 Mbit/s via une connexion VDSL2 (+ 105 000 en un trimestre). L'accès au réseau à terminaison en câble coaxial continue lui aussi de se développer. Au 31 mars, il concerne 8 871 000 de logements, soit 217 000 de plus qu'un an auparavant.

Parmi les lignes éligibles au THD, près de 10,81 millions de lignes peuvent prétendre à un débit de plus de 100 Mbit/s, soit environ 1,4 million de lignes en plus qu'à la fin de l'année 2015. Premier facteur expliquant cette montée en débit : la poursuite de la modernisation des réseaux à terminaison en câble coaxial. Plus de 7,3 millions de logements y étant reliés bénéficient désormais d'un débit d'au minimum 100 Mbit/s (+ 314 000 en trois mois). Le second facteur auquel est attribuée cette montée en débit globale est bien évidemment la progression du déploiement de la fibre optique FttH.

…notamment grâce au déploiement de la fibre FttH

Si la modernisation du réseau câblé accélère peu à peu, le déploiement de la fibre optique se poursuit à un rythme encore plus soutenu. Depuis la fin de l'année 2015, le nombre de sites raccordés via une connexion FttH est devenu plus important que celui bénéficiant de la technologie VDSL2 !

À la fin du 1er trimestre, pas moins de 5 974 000 logements y sont éligibles, ce qui représente un bond de 7 % en trois mois (+ 370 000 sites)… et de 37 % en un an ! Un peu plus de 60 % d'entre eux peuvent par ailleurs choisir entre les offres d'au moins deux opérateurs via des mécanismes de mutualisation (+ 32 % en un an).

Diversification des offres accessibles aux logements éligibles au FttH
Logements éligibles au FttH : nombre d'opérateurs présents via une offre passive au point de mutualisation. (Crédit : ARCEP)

De manière générale, ce sont les opérateurs privés qui ont apporté la plus grande contribution au déploiement de la fibre optique FttH. En effet, ils sont à l'origine du raccordement de plus de 5 millions de sites, contre seulement 850 000 pour les RIP. Même s'il est en hausse de 27 % en un an, le nombre de logements reliés par les RIP est problématique. Ceux-ci portent en effet la responsabilité d'installer la moitié des accès au très haut débit en France.

Le déploiement du THD en zones « moins denses »

Sur les 14,8 millions de logements éligibles au très haut débit fixe, près de 9,3 millions se situent hors des zones très denses. Dans ces zones dites « moins denses », 3,8 millions de logements profitent d'un réseau à terminaison en câble coaxial. Cependant, avec désormais 2,4 millions de logements y étant éligibles, la fibre optique FttH rattrape peu à peu son retard.

Si le déploiement de cette technologie connaît une accélération globale, c'est en zones moins denses que cette intensification du rythme est la plus remarquable. L'ARCEP y dénombre 1 046 000 sites éligibles au FttH supplémentaires en un an, ce qui porte le total à 2 413 000 de logements au 31 mars 2016.

Là encore, cette vive augmentation est principalement attribuable à des initiatives privées. Celles-ci sont en effet à l'origine des trois quarts des installations en FttH en zones moins denses. Sur le seul premier trimestre 2016, 255 000 nouveaux sites y ont été raccordés par leurs soins. En comparaison, les RIP n'ont relié que 611 000 sites en zones moins denses, soit seulement 165 000 de plus en un an.

Moins d'un tiers des Français éligibles profite du très haut débit

Au 31 mars 2016, seulement 31 % des Français éligibles au THD ont effectivement choisi une offre permettant d'en profiter, ce qui représente environ 4,5 millions de foyers. Même si cela reste somme toute assez peu, ce chiffre est en constante progression depuis 2010 (+ 265 000 abonnements au premier trimestre 2016 et + 1,2 million en un an).

L'augmentation du nombre d'abonnements au très haut débit résulte d'une part de l'accroissement du parc client global et d'autre part de la montée en débit d'abonnés à l'Internet haut débit. Le nombre d'abonnements au haut débit connaît en effet un déclin (- 255 000 en un an) principalement attribué au délaissement progressif des offres xDSL. Les abonnements à l'Internet par satellite, via le câble ou encore via le Wi-Fi croissent quant à eux de 8,2 % en un an.

Environ 38 % des abonnés au THD se contentent d'un débit inférieur à 100 Mbit/s (1,74 million d'abonnés, + 29 % en un an). La majorité des usagers du THD bénéficie donc de plus de 100 Mbit/s. Parmi les technologies permettant d'offrir de tels débits, la fibre optique FttH a plus que doublé son nombre d'utilisateurs en un an (+ 53 %, 1,585 million d'abonnements au total).

Les réseaux à terminaison en câble coaxial ont quant à eux moins de succès. 1,175 million d'abonnés profite d'un débit supérieur à 100 Mbit/s grâce à cette technologie, un chiffre en hausse de 22 % sur un an. Cependant, leur nombre a baissé de 25 000 sur les trois premiers mois de 2016. Un recul à mettre en parallèle avec les difficultés rencontrées au 1er trimestre 2016 par SFR ?

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