Energie photovoltaïque : une filière dans la tourmente

Le malaise de la filière photovoltaïque grandit alors que les premières réunions de concertation, lancées par le gouvernement, laissent entrevoir les contours du futur dispositif de soutien à l’énergie solaire... Un dispositif loin de faire l’unanimité.

Les enjeux sont colossaux. Les entreprises françaises positionnées sur le marché du photovoltaïque vivent comme en apnée depuis que le gouvernement a suspendu pour trois mois l'obligation pour EDF de racheter l'énergie solaire aux conditions tarifaires établies. Trop coûteux ! Ce moratoire doit permettre au ministère de l'Ecologie d'engager une concertation avec l'ensemble des acteurs du secteur pour aboutir à un nouveau cadre tarifaire et définir l'avenir de la filière photovoltaïque.

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet souhaite que les réunions prévues débouchent sur un rapport et des mesures concrètes dès la mi-février. Le calendrier est serré. Mais, visiblement, le gouvernement a déjà une idée bien précise de ce qu'il envisage pour le futur de cette green energie.

Les concertations ont démarré la semaine dernière. Premiers thèmes abordés : les petites installations résidentielles et les centrales au sol. Rappelons que les particuliers qui installent des panneaux photovoltaïques d'une puissance inférieure à 3 kW ne sont pas concernés. Ils pourront continuer de bénéficier du tarif de rachat, fixé par arrêté.

Pour les centrales au sol, le gouvernement envisagerait un recours aux appels d'offres, qui permettrait de contrôler le volume et la qualité des projets. L'Etat argue que l'essor du photovoltaïque ces dernières années n'a pas profité à l'industrie française, dénonçant la prépondérance des panneaux chinois sur le marché français (un rapport parlementaire estime qu'entre 80% et 90% des panneaux installés dans l'Hexagone sont d'origine asiatique). Faux, répond en substance Yann Maus, PDG de Fonroche et président de l'Association de l'industrie photovoltaïque française. Très remonté contre le gel gouvernemental, il soulignait déjà dans une tribune datée de décembre que l'Etat avait « coupé les moteurs d'une industrie en plein vol », estimant que l'industrie française progressait très vite en compétitivité et pouvait devenir l'un des leaders mondiaux du solaire. Quant aux appels d'offres, les industriels apparaissent septiques, soulignant que l'appel d'offres est soumis à l'efficacité d'une administration « peu motivée ». L'ombre d'EDF  (et le choix français du nucléaire) plane sans aucun doute sur les débats…

Cette semaine, nouvelle concertation sur le thème des grandes toitures. Avec le projet de séparer le segment 16-100 kW, qui garderait un régime d'achat garanti (mais avec des tarifs auto-ajustables), du segment supérieur à 100 kW, qui relèverait lui-aussi d'un système d'appels d'offres.

Le débat porte également sur un quota annuel de puissance installée. Le gouvernement prône un total de 500 MW. Là aussi, les industriels montent au créneau, en indiquant que la production actuelle atteint déjà 800 MW. Pour l'un des participants, « on voudrait tuer une filière qu'on ne s'y prendrait pas autrement ».

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