Mauvais élève de la 4G, SFR ?

Alors que SFR s’imposait comme un pionnier de la 4G en 2013, il serait aujourd’hui en passe de devenir le plus « mauvais élève » des opérateurs français aux yeux de l’ARCEP.

Les rapports de force évoluent vite dans le petit monde des télécoms français. SFR, qui s'enorgueillissait notamment d'être devenu le tout premier opérateur à équiper le quartier de la Défense en 2013, est aujourd'hui dans le collimateur de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP).

De l'aveu même des principaux dirigeants du nouveau groupe Numericable-SFR, désigné à présent par le seul nom de SFR, un sous-investissement chronique dans la technologie 4G relègue l'opérateur derrière ses concurrents en matière de très haut débit mobile. Un accord d'itinérance conclu avec Bouygues Télécom permet pour l'instant de combler ce retard de façon artificielle. Cependant, il pourrait bientôt être remis en cause par le régulateur des télécoms.

Un probable coup de semonce de l'ARCEP adressé à SFR

Un rapport rédigé par l'ARCEP, attendu dès cette semaine, va dresser l'habituel bilan de fin d'année relatif aux investissements dans les réseaux mobiles. Le sujet est particulièrement sensible pour des opérateurs qui doivent non seulement couvrir les dernières zones blanches en 3G, mais aussi respecter un calendrier précis pour le déploiement de la technologie 4G LTE.

Selon des informations publiées par le Journal du Dimanche, le document pourrait marquer une véritable inflexion dans la position de l'ARCEP. Free Mobile, crédibilisé par sa récente acquisition de deux blocs lors des enchères de la bande des 700 MHz, sortirait enfin du collimateur du gendarmes des télécoms et laisserait la place à SFR, considéré comme le nouveau mauvais élève de l'Internet mobile.

En cause : un déploiement de la 4G au ralenti

La situation de SFR vis-à-vis du déploiement de la 4G est en effet délicate. Bien que l'opérateur reste le numéro deux en termes de parts de marché, il peine à investir suffisamment dans ses infrastructures. Au dernier recensement, SFR totalisait 3 697 antennes sur le territoire national, à comparer avec 8 028 chez Orange, 6 799 chez Bouygues Télécom et 5 164 antennes chez Free.

Attention toutefois : les différentes fréquences exploitées par les opérateurs n'ayant pas toutes les mêmes caractéristiques, un même nombre d'antennes n'entraîne pas forcément une couverture du territoire identique. SFR couvre actuellement en 4G 58 % de la population. C'est mieux que Free, mais beaucoup moins qu'Orange ou Bouygues Télécom qui ont déjà dépassé les 75 %.

Pour assurer sa couverture 4G actuelle, SFR doit en plus largement compter sur l'accord d'itinérance qui le lie, depuis 2014, à Bouygues Télécom. La mise en œuvre de cet accord avait permis de donner un bon coup d'accélérateur au déploiement 4G de SFR, lequel est passé d'une couverture de 30 % de la population en juillet 2014 à 53 % en décembre 2014. La situation a très peu évolué au cours de l'année suivante, trahissant l'insuffisance des infrastructures propres à SFR.

Les accords d'itinérance en question

Suite à la promesse de l'ARCEP d'instituer des règles claires pour les contrats d'itinérance, un autre document qui pourrait constituer un revers supplémentaire pour SFR devrait être publié avant la fin de l'année. Ce document abordera une série de recommandations sur les contrats d'itinérance passés entre opérateurs. Dès le mois de juin 2014, l'ARCEP avait rendu un premier avis assez mitigé sur l'accord conclu entre SFR et Bouygues Télécom, craignant qu'une telle facilité encourage SFR à ne pas investir dans son propre réseau et l'entraîne dans un comportement de « passager clandestin ».

La stagnation observée au cours de l'année dernière semble donner raison au régulateur. Il devrait donc se montrer plus sévère dans ses prochaines recommandations et aller jusqu'à suggérer la fin de cet accord dès la mi-2016. L'ARCEP pourrait par ailleurs imposer un calendrier spécifique à SFR pour le contraindre à investir dans ses propres antennes 4G, avec des seuils fixés en termes de couverture de la population et du territoire.

Numericable-SFR attaqué de toutes parts

Les temps sont durs pour le tout jeune groupe Numericable-SFR et sa maison-mère Altice. À la fin novembre, l'Autorité de la concurrence a condamné SFR à une amende record de 10,7 millions d'euros, suite à la pratique de prix abusifs pour les clients professionnels de Mayotte et de la Réunion. Les faits remontaient toutefois à une période antérieure au rachat du groupe par Altice.

Une semaine plus tôt, c'est cette fois la DGCCRF qui épinglait SFR (et quelques autres firmes dont Airbus) pour ses retards chroniques de paiement vis-à-vis de ses fournisseurs et sous-traitants. En plus d'une amende de 375 000 €, cette condamnation est un nouveau coup de canif dans la réputation de l'entreprise…

Confrontée à ces contentieux douloureux, ainsi qu'à une perte chronique de sa clientèle, la direction de SFR choisit pour l'instant de faire profil bas et de jouer la carte de l'humilité. Le nouveau P-DG de SFR, Michel Combes, a pris ses fonctions au 1er septembre 2015 en remplacement de Patrick Drahi. Il admet sans ambages un « retard inexcusable » sur le déploiement de la 4G et, plus généralement, la politique d'investissement de l'opérateur.

Le nouvel actionnaire majoritaire a décidé de renverser la tendance, et table sur une couverture de 70 % de la population française en 4G d'ici la fin du premier semestre 2016, puis 90 % avant la fin 2017. La tâche s'annonce difficile au vu du retard accumulé, mais pourrait certainement redorer le blason de l'opérateur si elle était menée à bien.

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