Fusion Orange-Bouygues : Stéphane Richard se veut rassurant

La confirmation de l'avancée des négociations quant à une fusion d'Orange et de Bouygues Telecom a vu naître certaines inquiétudes. Le P-DG d'Orange fait le point sur les enjeux et les répercussions d'une telle association.

Stéphane Richard
Selon le P-DG d'Orange, une consolidation est nécessaire afin de faire face à la concurrence des géants internationaux du secteur des télécoms.

L'actualité des télécoms en 2015 a été marquée par l'engagement en fin d'année de négociations entre Orange et Bouygues Telecom. En ligne de mire : une consolidation qui ferait passer le secteur de quatre à seulement trois acteurs majeurs.

À l'occasion de ses vœux prononcés le mardi 12 janvier 2016, le P-DG d'Orange, Stéphane Richard, a tenu à délimiter un peu plus précisément les contours du projet qui comporte encore de nombreuses inconnues. Quelles seront les conséquences sur les salariés des deux groupes, sur les objectifs à long terme du numéro un français et, surtout, sur les tarifs proposés aux consommateurs ?

Une consolidation jugée nécessaire au vu du contexte international

Dès la fin de l'année dernière, on apprenait que Bouygues Telecom et Orange étaient entrés en négociation en vue d'un rachat du premier par le second, sous réserve que Martin Bouygues puisse acquérir dans le même temps 12 à 15 % du capital d'Orange. Selon Stéphane Richard, cette opération est non seulement possible mais aussi très souhaitable pour éviter que les opérateurs français ne subissent une perte de compétitivité par rapport à leurs homologues européens et internationaux. Le P-DG a notamment cité les exemples du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Espagne, où des consolidations dont déjà en cours.

L'objectif est simple : atteindre une taille critique suffisante pour faire face à la concurrence toujours plus féroce des géants internationaux du secteur. Stéphane Richard, à titre d'exemple, a cité le cas des États-Unis où les opérateurs investiraient chaque année, par client, un montant deux fois supérieur à « ce qu'il est en Europe ». De la même manière, de l'autre côté du globe, l'opérateur China Telecom accorde à ses investissements structurels 10 % de son chiffre d'affaires de plus que la norme européenne. En d'autre termes, les opérateurs européens et notamment français n'auraient pas les moyens nécessaires pour maintenir le rythme et assurer la « révolution digitale que tout le monde souhaite », en particulier en ce qui concerne la 4G pour l'Internet mobile et la fibre optique pour l'Internet fixe.

Ni plan social, ni hausse des prix : les garanties apportées par Orange

Ayant en tête l'exemple récent de la consolidation entre Numericable et SFR, de nombreux salariés, clients ou observateurs ont déjà exprimé des craintes quant au rapprochement entre Orange et Bouygues Telecom. Stéphane Richard a tenu à apaiser les esprits sur deux points particulièrement sensibles :

  • Aucun risque de casse sociale ou de plan de licenciement selon le P-DG. Pour éviter tout départ sec, l'opérateur historique compte notamment jouer sur le non-remplacement des départs à la retraite : 20 000 salariés d'Orange devraient quitter le monde du travail à moyen terme, alors même que Bouygues Telecom ne compte en tout et pour tout que 7 000 salariés. L'absorption de l'un par l'autre pourrait donc se faire a priori sans heurts.
  • Même si la consolidation du secteur a nécessairement pour conséquence de restreindre la concurrence existante, les prix appliqués aux consommateurs ne devraient pas repartir à la hausse selon Stéphane Richard. Ce dernier considère notamment que les fortes baisses de tarifs enregistrées depuis 2012 et l'arrivée de Free Mobile (- 50 % en moyenne) sont désormais des « acquis irréversibles ». Pour autant, le P-DG estime aussi que ce cycle de diminution des prix est terminé et qu'il serait déraisonnable d'espérer de nouveaux rabais vu les investissements à réaliser dans les années à venir.

Un message clair adressé aux autorités de régulation

Il est entendu qu'Orange, en tant qu'ancien opérateur historique, ne doit pas être favorisé parce qu'il est le numéro un du secteur en France. Cependant, le groupe ne doit pas non plus être pénalisé à outrance pour cette même raison. Voilà, en substance, la teneur du message adressé par Stéphane Richard aux autorités de régulation, au premier rang desquelles comptent l'ARCEP et l'Autorité de la concurrence. Le P-DG a notamment dénoncé une culture du contrôle et de la régulation qui confine parfois à une « obsession » et place son groupe dans une insécurité juridique permanente.

Si le projet de consolidation entre Orange et Bouygues Telecom était effectivement engagé, les deux autorités auraient nécessairement à se prononcer sur le bien-fondé de l'opération et Stéphane Richard cherche donc dès à présent à pousser ses arguments et à passer à l'offensive. Dans tous les cas, la réussite de la fusion passerait nécessairement par la revente de certains des actifs de Bouygues Télécom (antennes, clientèle, fréquences…) à des opérateurs tiers comme Free Mobile ou SFR. Rien ne pourra donc se passer sans un accord élargi entre les deux parties prenantes mais aussi les pouvoirs publics (autorités de régulation, gouvernement…) et d'autres opérateurs. Ces multiples contraintes ne semblent pas inquiéter outre-mesure le P-DG d'Orange, qui annonce d'ores et déjà la fin des négociations d'ici à « quelques semaines » seulement.

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