La désaffection des Français pour le livret A ne se dément pas

Les Français continuent à se détourner du livret A et du LDD en octobre : ce mois a enregistré la seconde plus importante décollecte de l'année... après celle de septembre.

décollecte du livret A en octobre
D'autres produits d'épargne benéficient d'un afflux de capitaux : le PEL ou l'assurance-vie comptent par exemple parmi les voies de repli favorites des épargnants.

Les mois se suivent et se ressemblent pour le livret A et le livret de développement durable (LDD), qui échouent actuellement à séduire les Français. En octobre 2015, tout comme le mois précédent, la décollecte sur ces deux célèbres livrets d'épargne reste massive et confirme une tendance nettement négative sur l'ensemble de l'année.

Ce phénomène ne doit pas seulement chercher son explication dans les traditionnels soucis de trésorerie de la rentrée scolaire mais peut s'interpréter comme une sanction après la chute du taux d'intérêt des deux livrets d'épargne réglementée sous les 1 %. Pour autant, le financement des projets de logements sociaux par la Caisse des Dépôts ne semble pas menacé dans l'immédiat.

Octobre 2015 : encore un mauvais mois pour les livrets réglementés

Les livrets A des Français ont continué à se vider doucement mais sûrement au cours du mois d'octobre 2015. Après avoir fait la somme des versements et des retraits, la Caisse des Dépôts estime que les épargnants ont retiré au total 2,29 milliards d'euros de leurs livrets A entre le 1er et le 31 octobre.

Cela représente une baisse de 0,9 % de l'encours total, qui s'est établi à 254,51 milliards d'euros au 31 octobre 2015. Il s'agit du deuxième pire chiffre de l'année, juste après celui… de septembre 2015, et sa décollecte record de 2,38 milliards d'euros !

Le livret de développement durable ne fait guère mieux, et enregistre une décollecte totale de 780 millions d'euros au mois d'octobre. Au total, 3,07 milliards d'euros ont donc quitté les deux livrets réglementés au cours du mois dernier.

Vers une décollecte record pour l'ensemble de l'année 2015

La tendance enregistrée au cours des deux derniers mois n'est pas franchement inédite. Pour rappel, les mois de septembre et octobre 2014 avaient également été très mauvais pour les deux livrets et avaient connu respectivement des décollectes de 3,15 et 3,81 milliards d'euros, soit davantage encore qu'en 2015 !

Le vrai motif d'inquiétude est à rechercher dans le cumul des pertes au cours de l'année 2015. Depuis dix mois, seul le mois de mars a connu une légère embellie pour les deux livrets, avec une collecte nette positive de 0,36 milliard d'euros. Une situation inhabituelle dans la mesure où la première partie de l'année est généralement celle que privilégient les Français pour mettre de l'argent de côté. Depuis le mois de janvier, l'encours total des deux livrets a ainsi diminué de 10,37 milliards d'euros.

Selon toute vraisemblance, l'année 2015 devrait donc se clôturer sur une décollecte record qui pourrait atteindre 10 milliards d'euros pour le seul livret A. Il s'agirait d'un véritable record historique. Pour mémoire, la plus forte année de décollecte enregistrée jusqu'à présent a eu lieu en 1996, avec une perte de 8,3 milliards d'euros.

Entre crise, impôts et taux bas, une désaffection réelle…

Les mois de septembre, octobre et novembre sont traditionnellement assez serrés pour la plupart des foyers, qui doivent régler presque simultanément les dépenses liées à la rentrée scolaire, le dernier tiers de l'impôt sur le revenu et les impôts locaux tout en commençant à anticiper sur les dépenses de fin d'année. Ces différents facteurs, combinés à un contexte économique qui reste assez difficile, expliquent donc assez logiquement que la tendance actuelle soit à la décollecte.

Un dernier facteur aggravant est la chute continue du taux d'intérêt du livret A et du livret de développement durable. Après un premier recul à 1 % au mois de février, la révision du taux d'intérêt à seulement 0,75 % au 1er août 2015 a eu un effet psychologique certain sur de nombreux épargnants, qui estiment dès lors que les livrets ne rapportent plus rien et se tournent vers d'autres placements ou choisissent tout simplement de laisser dormir leurs fonds sur un compte courant.

…qui profite à d'autres placements

Le meilleur signe de la désaffection des Français pour le livret A est sans aucun doute la bonne santé d'autres placements financiers, qui sont quant à eux insensibles à la crise et bénéficient d'un afflux permanent de capitaux.

Parmi les voies de repli favorites des épargnants, on peut citer le Plan d'Épargne Logement (PEL) qui continue à servir une rémunération défiscalisée de 2 % (1,69 % après prélèvements sociaux) ou même de 2,5 % (2,11 %) pour les PEL ouverts avant le 1er février 2015.

Même si les fonds en euros affichent eux aussi une rémunération moyenne en baisse (2,5 % en 2014), l'assurance-vie tire également son épingle du jeu. Ce produit bancaire enregistre une collecte nette de 1,6 milliard d'euros en octobre. Depuis le début de l'année, la collecte nette atteint 19,9 milliards d'euros, dont 11,1 milliards pour les supports en unités de compte.

Les Français sont toujours plus nombreux à investir une partie de leur assurance-vie dans les valeurs mobilières des fonds en unités de compte pour redynamiser leurs contrats. D'après la FFSA, les versements sur ce type de supports représentent 22,5 milliards d'euros depuis le début de l'année, soit 20 % des cotisations en 2015, en augmentation de 32 % par rapport à la même période en 2014.

À lire également : Les produits d'épargne pour économiser sans risques
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Loule  -  Le 15 décembre 2015 à 20h06

Investir via un pea en ligne sur les trackers cac40 ou les valeurs de l'indice (selon la taille du portefeuille) .permet d'optimiser le rendement de son argent mais au prix d'une forte volatilité : historiquement l'indice cac40 a pu perdre 40% en 1 an (il a parfois pris 60% en 1 an)
investir régulièrement ou après une forte crise diminue le risque de le faire au mauvais moment .
Mais c'est difficile car les médias et l'instinct grégaire des investisseurs (dont vous même) vous poussent à investir au mauvais moment. (il faut être patient) D'autre part il faut envisager d'exploiter ce placement en ne consommant que les dividendes ou les plus-values éventuelles quand elles apparaissent.

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