La nouvelle ruée vers… le gaz de schiste

Les réserves mondiales de cette énergie fossile seraient quatre fois plus importantes que celle du gaz traditionnel. Dans le sud-est de la France, l’exploitation d’un important gisement serait à l’étude par le groupe Total. Mais, déjà, la polémique enfle quant aux procédés d’extraction.

Rien ne le distingue du gaz traditionnel sinon qu'il ne se trouve pas concentré au sein de poches souterraines mais qu'il est dispersé dans les roches sédimentaires argileuses très compactes, datant de millions d'années. C'est le gaz de schiste. Il est présent dans quasiment tous les pays du monde. En quantité. C'est dire la frénésie qui s'empare des grands groupes pétroliers pour ce qui peut apparaître comme le nouvel or noir.

Extrait depuis déjà une dizaine d'années aux Etats-Unis, ce gaz représente aujourd'hui plus de 10 % de la production gazière outre-Atlantique. Mais les méthodes utilisées pour son exploitation font bondir les militants de l'écologie un peu partout dans le monde. Les gaz de schiste étant dispersés dans la roche imperméable, il est nécessaire de forer d'innombrables puits en fracturant la roche. La zone de puisement ressemble très vite à un gruyère. Pire, la "fracturation hydraulique", utilisée pour faire remonter les gaz de schiste à la surface, consiste à injecter des milliers de mètres cubes d'un mélange composé d'eau (une ressource qui devient rare, elle aussi), de sable et de produits chimiques dans les couches argileuses. Avec l'impact sur l'environnement qu'on imagine. Selon un rapport réalisé l'an dernier par l'EPA (Agence de protection de l'environnement américaine), l'activité du gisement de Barnett Shale, dans le nord du Texas, pollue plus que le tout le trafic automobile de cette ville de 725 000 habitants.

En France, selon les Echos, le groupe pétrolier Total s'apprêterait  à démarrer l'exploration des réserves de gaz à Montpellier, dont il détient le permis d'exploitation depuis 2010. Il rechercherait des partenaires pour les différentes phases d'inspection et de tests. D'après les données existantes, le site représenterait dix ans de consommation de gaz pour la France.

L'année dernière, le gouvernement a octroyé des permis de prospection dans trois zones qui couvrent une partie des départements de l'Hérault, de l'Aveyron, de la Lozère, de l'Ardèche et de la Drôme. Cette semaine, José Bové a exprimé son souhait d'un gel de l'exploration. Reconnaissant des «inquiétudes et des interrogations légitimes et grandissantes», la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a assuré qu'il n'était "pas question" de suivre l'exemple américain où "des techniques dangereuses pour l'environnement" sont utilisées. Des assurances qui ne convainquent pas les opposants à l'exploitation de cette énergie non renouvelable, décidément  "sulfureuse".

 

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