Lithium et batterie : quelle est leur place dans la transition énergétique ?

Tout le monde parle de la voiture électrique pour moins de pollution, mais une question se pose sur le lithium et autres métaux, focus !

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La fabrication de batteries implique de l’extraction de nickel, de cobalt et de lithium

Le sujet de la transition énergétique et de l’écologie touche tout le monde à ce jour. De même, il touche de nombreux secteurs, et un qui revient souvent sur le devant de la scène, les batteries de téléphones, d’ordinateurs ou bien de véhicules électriques. En effet, les ventes décollent en Europe. Une solution pour un air plus sain ? En finir avec le pétrole ! En revanche, une chose est souvent oubliée, il faut des métaux en grande quantité pour la fabrication, dont le lithium. L’extraction de ces derniers, quant à elle, n’est pas toujours verte.

Une main d’homme se dirige vers un téléphone dans un magasin

La biodiversité marine menacée par l’extraction de nickel

Samuel Dufay, directeur environnement chez Eramet, une entreprise minière et métallurgique française, s’exprime sur la question de l’extraction. « Pour le nickel, le risque environnemental majeur, c’est la gestion des résidus ». En effet, les principaux gisements se trouvent en Indonésie. Pour répondre à une demande toujours plus importante, les opérateurs miniers se débarrassent de ces résidus en les immergeant en mer. Cela provoque un mélange d’eau, de terre et de fer qui représente un réel danger pour la biodiversité marine.

Au milieu des années 90, on découvre le gisement indonésien Weda Bay, le plus grand gisement au monde de nickel non exploité. Eramet, ayant réalisé tous les travaux destinés au développement de la mine de Weda Bay, possède 43 % de la société qui contrôle le projet. Pour lui, l’immersion des déchets en mer est exclue. Samuel Dufay rappelle « qu’il faut préserver la réputation de toute la chaîne de valeur, sinon l’industrie automobile va revivre le dieselgate ».

Pour rappel, le dieselgate est un scandale industriel et sanitaire qui s’étend de 2009 à 2015. Il est lié à l’utilisation de techniques réduisant frauduleusement les émissions polluantes de certains moteurs.

Un problème éthique majeur pour l’extraction du cobalt

Le cobalt, aussi appelé « or bleu » est une matière sensible. Il est utilisé en médecine, pour l’imagerie et la radiothérapie, entre autres, mais on le trouve aussi dans les batteries. Ces dernières sont présentes dans les smartphones ou bien dans les ordinateurs portables. Il est d’autant plus important pour la transition des combustibles fossiles vers une énergie verte et responsable qu’il peut stocker l’énergie provenant du soleil, du vent ou bien de l’eau.

Face à ces qualités, on en oublie bien souvent les conditions d’extraction. La nécessité de gagner de l’argent dans les peuples concernés par l’extraction prend le dessus sur toute crainte concernant la sécurité.

Amnesty International et Afrewatch, un observatoire africain des ressources naturelles, dénoncent régulièrement les conditions dans lesquelles les « creuseurs » ou les mineurs sont exploités. Afrewatch déclare même que « c’est le grand paradoxe de l’ère numérique : des entreprises parmi les plus florissantes et innovantes du monde sont capables de commercialiser des produits incroyablement sophistiqués sans être tenues de révéler où elles se procurent les matières premières incluses dans leurs composants ». De même, le cobalt à l’état brut est un minerai toxique en lui-même.

On parle alors de violation des droits humains, et « le risque de réputation devient un risque commercial », explique Adam McCarthy de l’institut du cobalt. Mettre des enfants au travail tout en négligeant la santé du personnel pèse lourd dans la balance. De fait, de plus en plus de constructeurs cherchent à se passer du cobalt dans leurs appareils.

La problématique de l’eau pour l’extraction de lithium

Le dernier gros composant des batteries est le lithium. Ce dernier, aussi appelé « or blanc », provient des lacs salés, asséchés pour en extraire le potentiel. En d’autres termes, la technique d’extraction consiste à faire évaporer l’eau de la saumure qui sera pompée dans la roche.

Les pays exportateurs de ce métal, principalement Chili, Australie, Argentine, Bolivie et Tibet, l’enjeu économique est puissant. En revanche, l’extraction du lithium, très énergivore en eau, pose de grosses problématiques. Parmi elles, on retrouve notamment la pollution des sols. La « ruée vers l’or blanc » menace le plus grand désert de sel au monde, en Bolivie.

Eramet étudie et analyse une technique de captation moins gourmande en eau, elle permettrait de réinjecter la saumure.

La France, quant à elle, dévoile son projet pour son approvisionnement en lithium

Un rapport sur l’approvisionnement de l’industrie française en matières premières laisse à penser qu’on va multiplier par trois ou par quatre la demande en lithium et en nickel. Ceci dans le but d’atteindre la neutralité carbone, en électrifiant les transports par exemple. Son auteur, Philippe Varin, dénonce que « le monde d’après sera certes sans carbone, mais riche en métaux ». Il s’inquiète, entre autres, que la France dépend quasiment entièrement de l’extérieur à ce jour. Selon lui, l’Europe a 20 ans de retard sur la Chine qui détient 40 à 60 % de la chaîne de valeur des métaux pour la fabrication de batteries. Le rapport dénonce donc une urgence à devoir réduire cette dépendance.

Un appel à projet

Comme nous l’avons vu, Philippe Varin recommande de soutenir les écosystèmes français. Le ministère de la Transition écologique a donc lancé un appel à projet, courant jusqu’en 2024. Barbara Pompili explique que « dans le cadre du plan investissement France 2030, nous mobilisons un milliard d’euros pour soutenir des projets qui permettront de réduire notre degré de dépendance ».

Qu’en est-il pour l’hexagone qui a un sous-sol riche en lithium ?

A quelques kilomètres de Strasbourg, Eramet a prouvé la présence de lithium dans le sous-sol du Bas-Rhin. Un matériel crucial pour la transition énergétique dont la présence sur le sol français peut permettre d’en réduire la dépendance vers l’étranger. Nicolas Verdier, à la direction de la stratégie du groupe, essaie de décrire un échantillon, trouvé sur place. « Cela ressemble à une poudre blanche ». Pour lui, le carbonate de lithium repéré en Alsace « est de qualité batterie ».

Une découverte de lithium par le biais de la géothermie

A une soixantaine de kilomètres de Strasbourg, une station de géothermie capte de l’eau chaude et des saumures à 2600 mètres de profondeur. C’est avec ces machines que l’enseigne Electricité de Strasbourg fournit de l’énergie aux entreprises. Il se trouve que c’est dans cette eau qu’a été trouvé le lithium.

Christophe Neumann, directeur du développement industriel pour Electricité de Strasbourg explique qu’il a « constaté une concentration stable du lithium dans les saumures ». Encore en analyse, il précise que « les scientifiques ont encore des débats sur l’origine. Est-ce qu’il vient du granit ? Est-ce que ça vient du grès ? En tout cas, une chose est certaine, il y a aujourd’hui du lithium dans le fossé rhénan ». Eramet est donc connecté à la station de géothermie, étudiant un projet d’extraction à l’impact le plus faible possible sur l’environnement.

Une volonté de l’Etat d’ouvrir des mines de lithium en Bretagne

En effet, dans le Finistère sud, un petit village se trouvé au centre des débats liés au lithium.

Le Bureau de recherches géologiques et minières a remis un rapport en 2018. Ce dernier, un document technique d’un peu plus d’une centaine de pages, recense les ressources de lithium du pays. A la lecture de celui-ci, en début d’année, on découvre que le village de 320 habitants, Tréguennec, abrite environ 66 000 tonnes de lithium.

Au mois de février, Barbara Pompili, ministre de la transition écologique à l’époque, dénonçait aux Echos que la « France [devait] extraire du lithium sur son territoire. Elle défend le fait d’assumer ses choix, que vivre dans une société où on a besoin de ce genre de métaux en laissant faire les extractions plus loin et en détournant le regard n’était pas une solution. Pour l’ancienne ministre, soit on vit sans smartphones, ordinateurs portables, sans véhicules électriques, soit on assume la chaîne de fabrication, en passant par les extractions de matière première.

De son côté, lors d’une interview accordée au Télégramme, Stéphane Morel, le maire de Tréguennec se défend. « Tréguennec et le pays bigouden ne sont pas à vendre. Pas même pour tout l’or blanc du monde. Il n’y aura pas de mine d’extraction ici ». Une opposition qui fait bloc, affaire à suivre au cœur de ce territoire protégé.

N’oubliez pas que chacun à sa hauteur peut faire un geste pour la planète, pourquoi pas passer à l’énergie verte ?

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