L'Allemagne sort du nucléaire... et devient importatrice

Le parlement allemand a adopté le projet de sortie du nucléaire notamment en arrêtant immédiatement plusieurs réacteurs. Un choix lourd de conséquences pour la filière allemande qui ne se suffit plus à elle-même, mais également pour l'ensemble de la filière énergétique européenne.

La catastrophe de mars dernier, à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, a suscité de nombreuses réponses de la part des pays possédant des réacteurs nucléaires. Parmi les plus radicales il convient de noter celle de l'Allemagne dont le Bundestag (le parlement allemand) a voté l'arrêt immédiat des sept centrales nucléaires qui faisaient l'objet d'un moratoire ainsi que l'arrêt progressif de l'ensemble du parc nucléaire allemand entre 2015 et 2022. Cette décision est source de lourdes conséquences pour la filière énergétique allemande et l'ensemble de la production énergétique européenne.

Quelles conséquences pour la filière énergétique allemande ?

Jusqu'à présent, 22 % de l'électricité produite en Allemagne était d'origine nucléaire. L'arrêt de sept centrales sur les 17 que possède le pays marque donc une étape importante vers l'engagement de l'Allemagne de produire 35 % de son électricité à partir d'énergies renouvelables dès 2020 mais pose également le problème de l'alimentation du pays en électricité. En effet l'agence allemande des réseaux a déclaré, via la voix de son président Mathias Kurth : « nous sommes à l'équilibre alors qu'auparavant nous étions nettement exportateurs d'électricité ». Pour l'agence allemande des réseaux, la production des centrales photovoltaïques permettra de couvrir le déficit de production induit durant l'été mais pour cet hiver l'Allemagne devra fortement augmenter ses importations d'électricité française.... donc en grande partie nucléaire, si nous en croyons les prévisions de RTE (réseau transport électricité). Cette solution totalement paradoxale reste néanmoins fragile : la France étant en déficit énergétique au niveau de ses centrales hydrauliques sa capacité d'exportation d'électricité va se réduire au fil des mois. La seconde solution pour palier à la fermeture des centrales nucléaires, le temps de mettre en place de nouvelles centrales utilisant des énergies vertes, consiste à augmenter la production des émissions de CO2 du pays afin de permettre aux centrales au gaz ou au charbon de fonctionner à plein régime.

Quelles conséquences pour la filière énergétique européenne ?

Les réseaux électriques européens sont tous liés entre eux, permettant un commerce d'énergie et une flexibilité entre les divers pays. Un sujet sur lequel se penche l'Union Européenne afin de développer un système européen optimal d'échange d'électricité. Dans un premier temps l'importation d'électricité induite par ces arrêts de centrales, et par conséquent l'augmentation de la demande européenne en électricité moyenne par centrale, va mettre l'Allemagne en position de « faiblesse ». Cette position profitera aux divers acteurs européens de l'énergie qui verront leurs recettes augmenter mécaniquement mais aussi pourrait leur permettre d'augmenter leur prix de vente de l'électricité à l'Allemagne qui se trouverait dans l'urgence. Par la suite, le rachat de droits d'émission de CO2 pourrait entraîner un effet spéculatif dû à la présence de quotas européens. La spéculation freinant les possibilités de rejeter du CO2, les acteurs des énergies renouvelables devraient pouvoir en bénéficier... et la planète également.

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