Vers le remplacement de la carte SIM par une puce inamovible ?

Si les constructeurs et les opérateurs mobiles parviennent à un accord, la traditionnelle carte SIM qui équipe les téléphones portables et certaines tablettes pourrait être remplacée dès 2016 par une puce inamovible : la e-SIM.

La carte SIM est le support qui permet d'identifier l'usager d'un mobile en tant qu'abonné sur le réseau.

De plus en plus miniaturisées, les cartes SIM doivent répondre à un format précis afin de rester compatibles avec les appareils commercialisés. Elles pourraient bientôt disparaître au profit d'une puce, directement intégrée aux appareils.

La carte SIM : un support en constante évolution

Un long chemin a été parcouru depuis la première carte SIM dite « conventionnelle » ou « taille complète ». Cette carte dont le format avoisinait celui d'une carte de crédit a en effet rapidement été abandonnée au profit de la carte SIM standard (aussi dite « mini SIM ») retrouvée dans la plupart des téléphones mobiles, notamment ceux de type GSM.

Les dimensions raisonnables de cette dernière, 2,5 cm sur 1,5 cm pour une épaisseur de 0,76 mm, ont encore été réduites avec l'arrivée de la carte « micro SIM » qui, pour une même épaisseur, présente un format réduit à 15 mm sur 12 mm.

Quatrième génération de carte SIM, la « nano SIM » a été introduite par Apple et est maintenant utilisée par d'autres fabricants tels que Nokia. Elle conserve des dimensions comparables à celles de la génération précédente (12,3 mm sur 8,8 mm) mais est la première à afficher une épaisseur réduite de 12 %, soit 0,67 mm.

La e-SIM ou carte SIM embarquée représenterait donc la cinquième génération de carte SIM, la FF5. Il ne s'agit par ailleurs plus d'une carte à proprement parler mais d'un composant de l'appareil : une puce électronique qui lui est intégrée dès sa fabrication.

Les avantages d'une carte SIM inamovible

En plus de limiter la prolifération des cartes SIM, l'inclusion systématique d'une e-SIM dans tous les appareils concernés offrirait plus de confort aux utilisateurs. Compacte, elle permettrait tout d'abord la fabrication de smartphones et de tablettes plus fins et plus légers.

Reprogrammable à distance, elle offrirait de plus la possibilité de changer de forfait mobile mais aussi d'opérateur très facilement, et cela sans délai : il ne serait plus nécessaire de remplacer la carte SIM mais simplement de s'abonner via l'écran de son smartphone en utilisant une interface dédiée.

Cet avantage peut s'avérer précieux dans de multiples situations : les voyageurs lui trouveront par exemple une grande utilité lorsqu'ils se trouvent à l'étranger.

Un projet nécessitant la collaboration de tous les acteurs du secteur

De manière à pouvoir remplir ses objectifs auprès des utilisateurs, la carte SIM inamovible devra être compatible avec tous les opérateurs mobile dans le monde. Dans le cas contraire, certains smartphones risqueraient en effet d'être associés à un opérateur spécifique, sans possibilité de changement.

En plus des fabricants d'appareils munis de carte SIM, parmi lesquels Apple et Samsung seraient actuellement en cours de négociation, cette évolution implique donc tous les opérateurs. Plusieurs d'entre eux se sont d'ores et déjà manifestés pour apporter leur soutien au projet : Vodafone, AT&T, Deutsche Telekom, Orange, Telefónica… L'initiative est également encouragée par l'association internationale d'opérateurs mobile GSMA.

Les fabricants de cartes SIM sont tout aussi concernés puisqu'ils étaient jusqu'à présent chargés non seulement de la production et de la commercialisation desdites cartes, mais également du système d'exploitation permettant leur connexion avec le réseau des opérateurs. L'annonce de l'avancée des négociations a par ailleurs immédiatement fait chuter l'action du fabricant français de carte SIM Gemalto, ce dont sa direction s'étonne considérant plutôt la e-SIM comme une « opportunité » que comme une menace.

Les négociations sont en bonne voie

La généralisation de l'e-SIM est envisagée dès l'année prochaine… à condition que constructeurs et opérateurs parviennent à un accord. En effet, l'expérience d'Apple ayant consisté à équiper ses iPad Air 2 et iPad mini 3 avec des « Apple SIM » permettant aux abonnés de choisir leur opérateur avait fortement inquiété lesdits opérateurs à la fin 2014.

Les négociations en cours auraient toutefois conduit à un accord incluant une carte intégrée à l'appareil mobile par le fabricant, mais dont les informations seraient téléchargées. Cela permettrait ainsi aux opérateurs de conserver la responsabilité de la transmission des données et la propriété des secrets d'authentification et d'identification.

La GSMA travaille déjà à la normalisation et la sécurisation de ce mécanisme de téléchargement, et les fabricants de cartes SIM continueront à priori de produire les puces et les logiciels d'identification nécessaires.

Si ce compromis rassure les opérateurs, ils redoutent tout de même la définition d'un standard par Apple qui pourrait ensuite le commercialiser pour une multitude d'objets connectés. Même si la GSMA a affirmé travailler avec le constructeur et être plutôt optimiste quant à son soutien à l'initiative, la e-SIM ne remplacera d'ailleurs probablement pas l'Apple SIM qui pourrait être incluse dans la prochaine génération d'iPhone.

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