Feu vert à la fusion SFR-Numericable

En l’espace de deux ou trois jours seulement, les grandes inconnues qui conditionnaient encore la pérennité du futur groupe SFR-Numericable, appelé à devenir le numéro deux des télécoms français, ont été levées les unes après les autres.

Dissipant les craintes, l'Autorité de la concurrence a tout d'abord émis un avis favorable au projet de mariage, en posant un certain nombre de conditions qui étaient toutefois largement attendues. Numericable et sa maison-mère Altice, ensuite, dévoilaient les détails d'une prochaine augmentation de capital qui permettra de boucler le financement de l'opération de rachat.

SFR, désormais la branche téléphonie mobile de Numericable, a enfin conclu avec succès les négociations qui lui permettront de mutualiser son réseau d'antennes avec Bouygues Telecom, pour réaliser de belles économies à moyen terme.

L'Autorité de la concurrence approuve le rachat de SFR

Un « oui » de principe…

L'aval de la haute autorité chargée de faire respecter la concurrence était obligatoire pour confirmer la naissance du groupe SFR-Numericable, et il n'allait pas de soi : sur le marché très concurrentiel des télécoms, tout l'enjeu consiste en effet à trouver le juste équilibre entre la défense de la liberté de choix des consommateurs et la protection des marges (et capacités d'investissement) de chaque opérateur.

Le feu vert donné ce lundi 27 octobre 2014 par l'Autorité de la concurrence, après des négociations de longue haleine en coulisses, constitue donc un soulagement à la fois pour Numericable et pour les marchés. D'autant que l'institution n'a pas manqué de souligner le haut niveau de coopération et de réactivité de Numericable.

…soumis à de nombreuses conditions

L'avis favorable de l'autorité est assorti de multiples conditions. La plupart, cependant, étaient largement anticipées et pourront être remplies sans difficulté.

Numericable, nettement en avance sur le très haut débit et la fibre optique, devra ouvrir son réseau câblé aux autres opérateurs. Cette itinérance provisoire donnera le temps aux concurrents de construire leur propre réseau, et pourra prendre la forme d'un service en marque blanche.

SFR-Numericable devra, par tout moyen, éviter un conflit d'intérêt avec Vivendi au sujet de la télévision payante. Vivendi, de fait, détient 20 % du nouveau groupe et siège donc au conseil d'administration. Le principe adopté est celui de la « muraille de Chine », et conduira par exemple les administrateurs issus de Vivendi à quitter la réunion si la télévision payante est évoquée.

Pour garantir aux entreprises un choix minimal en matière d'accès très haut débit, Numericable va devoir céder sa filiale Completel, spécialisée dans le réseau cuivre pour les professionnels. Trois prestataires resteront ainsi présents sur le marché : Orange, SFR-Numericable et Completel.

Pour éviter une situation monopolistique à la Réunion et Mayotte, Numericable doit par ailleurs céder l'activité mobile de sa filiale Outremer Télécom.

Un nouveau géant en bourse

Une augmentation de capital…

Pour appuyer son offre de rachat de SFR, Numericable avait levé, dès le mois d'avril 2014, une dette de long terme d'un montant de 8,8 milliards d'euros. Afin de verser la totalité des 13,5 milliards dus à Vivendi, et puisque l'Autorité de la concurrence a donné son feu vert, le nouveau directeur-général Éric Denoyer vient d'annoncer ce mercredi 29 octobre une augmentation de capital d'un montant de 4,7 milliards d'euros.

Une prochaine assemblée générale des actionnaires du groupe devrait donc se traduire, d'ici la fin du mois de novembre, par l'émission d'un total de 265,6 millions de nouvelles actions, au prix unitaire de 17,82 €, ce qui représente une décote d'environ 60 % par rapport au cours actuel de Numericable. La capitalisation boursière du nouvel ensemble devrait ainsi atteindre environ 14 milliards d'euros : encore loin des 33 milliards d'Orange, mais davantage que Bouygues (9 milliards), Iliad (10,5 milliards) et surtout que l'ancien Numericable (6,4 milliards), qui se retrouve ainsi propulsé dans la cour des grands, aux portes du CAC40.

…qui rebat les cartes en interne

Environ 75 % des nouvelles actions émises ont été réservées par Altice, la maison-mère de Numericable. Ce qui lui permettra de représenter 60 % des parts au sein du nouveau groupe, et de conserver ainsi un leadership confortable. Vivendi, de son côté, n'a pas vendu la totalité de SFR et conserve donc 20 % des parts de SFR-Numericable : de quoi peser éventuellement sur des décisions stratégiques. Les 20 % restants seront mis sur le marché et proposés aux petits investisseurs.

SFR-Numericable : de grandes ambitions qui séduisent les marchés

Dès mardi, Eric Denoyer a pris la parole et s'est voulu très clair sur les ambitions du nouveau numéro deux des télécoms français… qui ne visera rien de moins, à terme, que la première place ! De grands espoirs sont placés dans la synergie naturelle qui pourrait s'opérer entre Numericable, bien implanté dans la télévision payante et la fibre, et SFR et son réseau mobile et haut débit. Les objectifs consistent, d'une part, à atteindre le nombre de 12 millions de foyers raccordés à la fibre en 2017 (contre 6 actuellement) et à redynamiser l'offre 4G de SFR, pour l'instant assez décevante.

Les marchés semblent accorder leur confiance au nouveau groupe : à l'annonce du feu vert de l'Autorité de la concurrence, l'action Numericable prenait 9,7 %. Elle a quasiment doublé depuis le début de l'année.

Mutualisation Bouygues/SFR : des avancées

Un accord aurait enfin été trouvé, ce vendredi 24 octobre, entre les directions de Bouygues Telecom et SFR sur un sujet sensible : celui de la mutualisation des infrastructures de réseau mobile. Le projet est plutôt ambitieux, puisqu'il couvre 80 % du territoire français et environ 57 % de la population. Dans ces fameuses zones peu denses et souvent délaissées, l'objectif consiste donc à mutualiser un parc existant de 18 500 antennes pour ramener ce chiffre à 11 500 antennes, gérées en commun pour plus d'efficacité. Chacun des deux opérateurs, ainsi, sera amené à prêter son infrastructure à l'autre selon les régions.

Cette annonce constitue une – autre – excellente nouvelle pour le marché des télécoms, puisque l'accord devrait permettre, à terme, de réduire les coûts d'exploitation supportés par les deux opérateurs et donc de rétablir une partie de leurs marges, largement mises à mal ces dernières années.

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