Émissions de CO2 indiquées sur vos factures télécoms

Au premier janvier, les opérateurs se sont vu obligés de renseigner leurs clients sur les émissions de CO2. Cet indicateur sur les factures fait couler de l'encre, parlons-en.

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Consommations des données, une émission de CO2 non négligeable

Le décret mis en application en début d’année a pour but de sensibiliser le consommateur à son impact sur l’environnement. En effet, visionner un film sur son smartphone ou bien jouer à des jeux en ligne, par exemple, provoquent des émissions de CO2 qui ne sont pas anodines. 2 % des émissions de gaz à effet de serre en France sont produites par le numérique, selon l’Arcep. Si rien n’est fait pour endiguer l’impact, il se peut que le numérique représente jusqu’à 7 % dans les années à venir. Pourtant, les opérateurs tentent de leur côté de relever le défi de la décarbonation.

Des jeunes assis dans un escalier surfent sur internet et partagent des messages entre eux sur leurs téléphones

Décret de 2022 sur les émissions de CO2 notifiées sur les factures

La consommation de données des utilisateurs est ici ciblée. De fait, les opérateurs doivent à ce jour indiquer les rejets de CO2 sur les factures de leurs clients. Autrement dit, cela permettrait de sensibiliser les consommateurs. Votre consommation en giga-octets va donc s’afficher comme avant sur votre reçu mensuel. Ainsi, à partir de ce mois de janvier, s’inscrit à côté « l’équivalent en gaz à effet de serre, exprimé en grammes, kilogrammes ou tonnes pour les plus gros consommateurs », précise Michel Combot. Ce dernier étant le président de la Fédération des Télécoms.

L’indicateur fait débat dans le monde informatique

« Ras-le-bol des apprentis sorciers anti-tech qui ne pigent rien à nos métiers, détruisent tout ce qu’ils touchent par luddisme, et s’engraissent grâce à des aides publiques en surfant sur la mode anti-tech [cherchant à l’opposer à l’] écologie avant de faire passer des absurdités en politique publique ». Voici les mots lâchés par Pierre Beyssac via Twitter, le 23 décembre dernier, en réaction à la publication du décret. Pierre Beyssac est ingénieur en informatique, connu pour être à la fois le porte-parole du Parti pirate.

Un calcul trop basique et peu pertinent pour certains

De nombreux acteurs pointent du doigt le mode de calcul de cette notification. En effet, ils montrent qu’un décompte du volume de CO2 consommé est très difficile à donner, pour ne pas dire impossible. Établir une équivalence reste selon eux du domaine de la supposition et la modélisation faisant rapport entre la génération d’émissions de CO2 et la consommation d’un volume de données est à ce jour bancale. Pourquoi ? Parce que cette vision reste somme toute limitée et ne prend en compte qu’une partie des choses.

Par exemple, certains dénoncent que, dans ce cas, il faudrait prendre en compte les émissions de CO2 des différentes infrastructures, comme les serveurs, l’électricité consommée, etc. La méthodologie est donc controversée et, pour certains, elle donne un faux renseignement au consommateur, comme le souligne Yves-Gaël Cheny, responsable du pôle hébergement chez Empreinte digitale. « L’utilisateur peut avoir le sentiment que s’il réduit sa consommation cela va réduire son impact écologique, or ce n’est pas vrai car cet indicateur ne tient pas compte de l’empreinte environnementale de leur opérateur qui fournit le service ».

Une obligation de consommer plus pour d’autres

En effet, des acteurs ont vu dans ce décret une sorte de paradoxe. Il faut dire que pour calculer de façon vraisemblable l’impact des consommations de données sur les émissions de CO2, il faudra mobiliser une certaine puissance dans les installations en place. A la même date que le tweet de Pierre Beyssac, on retrouve celui d’un opérateur alternatif, Scani. Non dépourvu d’ironie, celui-ci dénonce les émissions de CO2 supplémentaires à cette mise en place : « Vous allez rire, @gouvernementFR… Pour être en règle avec ce décret, on va avoir besoin d’une machine en plus. Elle va consommer 1800 kWh/an. On la compte dans le bilan carbone de nos membres abonnés ou pas ? »

Enfin, certains redoutent donc la mise en place d’une taxe carbone sur les forfaits. Rien de concret cependant, mais les inquiétudes sont présentes.

Face à toute l’encre que fait couler ce décret et les divergences que l’on peut voir sur la toile dans l’univers de l’informatique, peut-on faire quelque chose pour diminuer ses émissions de CO2 en relation avec la consommation de données ?

connexion Wi-Fi

Une manière de diminuer ses émissions de CO2, le Wifi

Une volonté est certaine, celle de vouloir faire prendre conscience aux consommateurs de leur impact énergétique. En revanche, la confusion reste possible avec ce mode de calcul dénoncé. Certains soulignent donc qu’il serait bien plus intéressant, pour une approche plus globale, responsable et environnementale, de déterminer l’impact par opérateur.

Selon Michel Combot, il faut adopter les bons gestes, et cela pourrait commencer par l’activation systématique du Wifi quand on est chez soi. En effet, le président de la Fédération des télécoms précise qu’éviter les vidéos en très haute définition ou bien limiter sa présence sur les réseaux 4G peut être un bon début pour un geste responsable.

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