Une consolidation des télécoms ? SFR passe son tour !

Face aux sénateurs, Patrick Drahi a clairement rejeté toute implication future de SFR dans un quelconque mouvement de consolidation des télécoms. Visiblement lassé par ce dossier, le patron d'Altice semble reporter ses ambitions sur le développement de son groupe à l'international.

Patrick Drahi
La montagne de dettes sur laquelle se tient l'empire de Patrick Drahi pourrait expliquer l'intérêt affiché par ce dernier envers des actifs bien plus rentables outre-Atlantique.

Encore peu à portée de main, la consolidation du marché français des télécoms est un projet qui semble retourner progressivement à son vieux statut de serpent de mer, et probablement pour longtemps ! Après l'échec retentissant des négociations entre Orange et Bouygues Telecom, puis les rumeurs folles entourant d'autres discussions entre Orange et Free, les principaux acteurs du secteur se montrent pessimistes sur l'idée d'un futur marché à trois opérateurs, voire tout simplement peu intéressés.

Tel est le cas de Patrick Drahi qui, lors d'une récente audition devant la commission des affaires économiques du Sénat, a jeté l'éponge et indiqué qu'une consolidation, si elle avait lieu, se ferait de toute façon sans le groupe Altice/SFR qui a désormais bien d'autres ambitions.

La consolidation jugée « pas indispensable » par Altice/SFR

Ce mercredi 8 juin 2016, le P-DG d'Altice Patrick Drahi avait rendez-vous à la commission des affaires économiques du Sénat pour y être entendu et questionné sur les différents sujets qui traversent actuellement la sphère des télécoms, depuis le déploiement de la fibre optique et de la 4G jusqu'aux accusations d'optimisation fiscale dont le dirigeant fait l'objet à titre personnel.

Réputé pour son franc-parler, Patrick Drahi n'a pas caché que le dossier de la consolidation des télécoms ne constituait plus sa priorité, et même qu'il s'en désintéressait à peu près complètement. Le P-DG juge certes l'opération probable « dans les dix prochaines années », mais précise d'emblée : « ce n'est pas moi qui vais m'activer sur ce dossier ». Il estime par ailleurs que la consolidation, même si elle serait préférable, n'est pas pour autant indispensable : « est-ce que le marché peut rester comme ça à quatre ? Oui bien sûr ! ». L'avenir des télécoms français, autrement dit, n'est pas encore écrit.

La désinvolture affichée de Patrick Drahi peut surprendre alors même que SFR s'était, jusqu'alors, montré en pointe sur la question du rachat de Bouygues Telecom. Rappelons que l'opérateur au carré rouge, en 2015 et dans la foulée de sa fusion avec Numericable, avait mis 10 milliards d'euros sur la table : une offre refusée à l'époque par Martin Bouygues. Altice, de même, avait activement pris part aux négociations récentes entre Orange et Bouygues, et se voyait bien capter la clientèle de la filiale low cost B&You.

…qui mise sur son développement à l'international

Visiblement lassé par les tergiversations sur le dossier des télécoms français, Patrick Drahi semble reporter ses ambitions sur le développement de son groupe à l'international. Il faut ici se souvenir qu'Altice, à l'appétit insatiable, a fait l'acquisition en 2015 de Suddenlink et Cablevision, deux importants câblo-opérateurs d'Amérique du Nord. Les États-Unis, selon le P-DG, représentent aujourd'hui « un marché plus rentable » que celui de la France, entraîné dans une spirale de décroissance du fait de la guerre des prix. Les intérêts étrangers d'Altice ne s'arrêtent pas là et s'étendent par ailleurs à la République dominicaine, au Portugal ou encore à Israël.

Drahi conclut, en conséquence, qu'une éventuelle consolidation intéresserait surtout « ceux dont la France représente 100 % du chiffre d'affaires » télécom : une petite phrase que l'on interprétera soit comme un appel du pied, soit comme une pique à l'adresse de Free et Bouygues Telecom.

Des ambitions confirmées pour le très haut débit

Sur le front du très haut débit fixe, Patrick Drahi conteste sans surprise la position officielle des autorités publiques françaises, qui consiste à faire la distinction entre la fibre raccordée à domicile (FTTH) et la fibre raccordée au bas de l'immeuble avec terminaison en câble coaxial (FTTB), supposée moins performante. Une réputation que le P-DG conteste en force, en avançant notamment les derniers tests fructueux réalisés par son plus gros centre de recherche au Portugal, qui a réussi à atteindre un débit descendant de 10 Gb/s.

C'est d'ailleurs en jouant sur cette approximation que Patrick Drahi dit viser la première place en fibre optique d'ici 2022, avec 22 millions de logements raccordés, tout en convenant que le groupe n'a « pas été très actif » ces trois dernières années. Dès 2017 pourtant, l'opérateur pourrait selon lui proposer sa solution FTTB à 12 millions de foyers et devrait donc afficher une avance confortable sur Orange, qui table en ce qui le concerne sur 9 millions de foyers raccordés.

Sur le chantier de la 4G, Patrick Drahi convient là aussi d'un mea culpa mais souligne l'intensité des efforts engagés pour son rattrapage. La couverture de la population est passée « de 33 à 65 % », dans un laps de temps restreint pendant lequel d'autres, certes plus avancés, ne progressaient que « de 65 à 75 % ».

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