L'assurance-vie dans le collimateur d'UFC-Que Choisir

Malgré un rendement en déclin relatif depuis plusieurs années et une tendance actuelle à la décollecte, l’assurance-vie demeure le placement favori des Français avec des encours s’élevant à près de 1363 milliards d’euros en mai 2012. Les épargnants sont-ils pour autant bien renseignés et conseillés par les professionnels sur ce produit incontournable ? UFC-Que Choisir a mené l'enquête...

  • Publié le 04/09/2012 (mis à jour le 05/09/2012)
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L'enquête menée par UFC-Que Choisir auprès de 1199 agences de banques ou d'assurances, et publiée dans le numéro de septembre 2012, présente des tendances ou pratiques assez tranchées, voire surprenantes, mais aussi très homogènes en termes de qualité : les treize établissements sont ainsi dominés par le Crédit Mutuel, noté 14,4/20, suivi de près par BNP Paribas et Allianz. La Caisse d'Épargne, quant à elle, arrive en queue de peloton avec tout de même 12,7/20.

Des conseillers clairs mais pas toujours exhaustifs

Les enquêteurs bénévoles d'UFC-Que Choisir s'accordent à reconnaître la compétence des conseillers et la clarté de leurs explications. Ces dernières, toutefois, sont trop souvent obtenues au prix de questions précises du client. Le manque d'exhaustivité dans la présentation initiale du produit, qui peut s'apparenter dans certains cas minoritaires à un véritable mensonge par omission, est donc un risque à prendre en compte pour le futur souscripteur, qui doit prendre le soin de bien s'informer par lui-même et d'éplucher les brochures mises à sa disposition. Le mensonge délibéré est beaucoup plus rare, mais pas impossible : l'enquête cite ainsi le cas d'un conseiller niant l'existence de frais de versement ou de gestion alors que la brochure indiquait le contraire.

Attention à la notion de « capital garanti » !

L'enquête, en illustration du point développé ci-dessus, cite l'exemple parlant de la notion de capital garanti, qui n'aura pas nécessairement la même signification aux yeux du profane et du professionnel. Le capital déposé sur un fonds en euros, bien souvent, n'est ainsi garanti à 100 % qu'à l'échéance du contrat, donc la plupart du temps au bout de huit ans. Les fonds en unité de compte, quant à eux, sont plus spéculatifs et ne garantissent donc que le nombre des unités, et pas leur valeur nominale au moment de l'achat, exactement comme une valeur boursière. De quoi susciter des malentendus multiples si le conseiller ne prend pas la peine de se situer au degré de compréhension de son interlocuteur.

Une distinction pas toujours expliquée entre fonds en euros/en unité de compte

Dans tout les cas, le choix d'une offre doit être mûrement réfléchi. Pensez à bien vous documenter et à comparer les assurances-vie avant de vous décider.

20 % des conseillers testés ont négligé d'apporter une quelconque explication au client sur la différence entre un fonds en euros et un fonds en unité de compte, et donc sur les régles différentes concernant la garantie du capital. Il est vrai que parmi cette minorité, 60 % ont proposé à l'issue des fonds exclusivement en euros, jugeant sans doute le profil du client peu compatible avec un fonds en unité de compte et se passant donc de toute explication superflue. Les 40 % restants, toutefois, ont malgré tout orienté leur interlocuteur vers un contrat mixte, avec une part plus ou moins importante de fonds en unité de compte (le plus souvent 10 à 25 %), ce qui est évidemment peu satisfaisant. Par ailleurs, et dans toutes les enseignes, certains conseillers tombent volontiers dans le travers du « commercial » cherchant absolument à écouler le contrat du moment, au détriment des besoins spécifiques de son client. Ils ne constituent néanmoins pas la majorité.

Quel niveau de transparence sur les frais ?

Le montant des frais d'entrée, de gestion ou de versement appliqués sur le contrat d'assurance-vie, de même que la compréhension de leur mode de fonctionnement, sont cruciaux pour la sélection de la meilleure offre, a fortiori depuis que les rendements ont commencé à baisser de façon significative. Les enquêteurs regrettent donc qu'à peine la moitié des conseillers aient abordé la question des frais d'une manière franche et spontanée. Cela est d'autant plus dommageable que les frais peuvent déterminer le choix final entre un contrat monosupport et multisupport, ce dernier étant souvent plus gourmand en frais.

Une fiscalité bien maîtrisée dans l'ensemble

L'enquête d'UFC-Que Choisir, enfin, accorde un satisfecit général sur la qualité des explications relatives à la fiscalité de l'assurance-vie. Il est vrai que ce point constitue le plus gros avantage du produit et est donc volontiers mis en valeur par les conseillers. 75 % d'entre eux ont préconisé spontanément d'adopter la stratégie la plus favorable, qui consiste à prévoir une immobilisation des fonds jusqu'à la date d'échéance du contrat.

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ANTIN Marcel  -  Le 20 mai 2015 à 07h43

J'ai eu un souci en rapport a une assurance vie (8 ans). Après un placement sur 20 années, j'ai fermé le compte et me suis retrouvé avec un montant récupéré inférieur aux versements totalisés sur les 20 années. Echanges et explications données je ne suis pas sur de ne pas avoir été évincé. Le retrait remonte a moins de 10 ans, y a-t-il un délai pour faire une réclamation officielle ?
Merci

JeChange  -  Le 22 mai 2015 à 12h55

Bonjour,
 
Le délai de prescription en matière d'assurance-vie et lorsque l'action est intentée par le souscripteur lui-même est de 2 ans (10 ou 30 ans suivant les cas lorsqu'elle est engagée par le bénéficiaire).
 
Outre les supports dans lesquels ont été investis vos fonds, et dont les performances peuvent suffire à expliquer votre moins-value, les vieux contrats d'assurance-vie avaient souvent des frais d'entrée élevés, et pour certains, les contrats dits « mixtes »,  une fraction de vos primes servait à couvrir une partie « assurance-décès », à fonds perdus,  dans le but de majorer le capital destiné au bénéficiaire en cas de décès.
 
Utiles dans une optique de transmission de patrimoine, ces contrats mixtes sont pénalisants dans un objectif de constitution de capital pour soi-même.
À vérifier donc si votre contrat n'était pas ce type…
 
Un autre aspect à considérer, comme vous indiquez avoir versé régulièrement sur 20 ans, est que vos versement effectués les dernières années n'auront pas « travaillés » assez longtemps pour « digérer » les frais d'entrée  perçus, amplifiant ainsi votre moins-value.
 
Quoiqu'il en soit, même si votre action est prescrite, vous pouvez toujours adresser une réclamation en bonne et due forme au service clientèle de votre assureur, au moins pour que vous soient expliquées clairement les raisons de votre moins-value.
 
Cordialement,
 

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