Quel mode de gestion pour votre contrat d'assurance-vie ?

À la signature de votre nouveau contrat d'assurance-vie, il vous sera proposé différents modes de gestion : libre, sous mandat, profilée, pilotée… Mais comment choisir ? jechange vous aide à y voir plus clair.

Les différents modes de gestion de l'assurance-vie
Le saviez-vous ? La gestion d'une assurance-vie peut prendre différentes formes, et leurs dénominations varient souvent d'un contrat à l'autre.

Contrairement aux assurances-vie dites « monosupport » ne donnant accès qu'à des fonds en euros gérés par l'assureur, les contrats multisupports peuvent être administrés de diverses manières. Comprenant des unités de compte investies dans des actifs plus ou moins volatils et performants, ils permettent de répartir vos placements sur différents fonds, en fonction du niveau de risque consenti et de vos objectifs. À ce titre, les assureurs proposent généralement plusieurs modes de gestion pour leurs contrats collectifs ou individuels, et dont les appellations varient d'une enseigne à l'autre. Tour d'horizon des termes les plus souvent rencontrés !

La gestion libre, exercée par le titulaire du contrat

La gestion libre – appelée parfois « gestion directe » – est le mode de gestion par défaut des assurances-vie multisupports. En effet, elle permet à l'épargnant de choisir de façon autonome les supports sur lesquels il souhaite investir ses avoirs. C'est donc le souscripteur lui-même qui intervient sur le contrat pour décider de la répartition de ses placements, entre fonds en euros et fonds en unités de compte.

Attention cependant, ce mode de gestion est le plus risqué ! Si la gestion libre offre une très grande souplesse, elle demande en revanche une vigilance accrue, et reste par conséquent réservée aux investisseurs aguerris. Après avoir pris soin de choisir un bon contrat d'assurance-vie, il faut aussi pouvoir passer du temps pour défendre soi-même ses intérêts, et être capable de réagir rapidement face aux fluctuations des marchés.

À noter néanmoins que la gestion directe n'interdit pas de prendre conseil auprès de son assureur ou d'autres spécialistes, et d'adopter des principes de gestion raisonnables. On trouve d'ailleurs dans certaines formules la gestion dite « conseillée » : vous restez maître de vos décisions, mais vous pouvez faire appel à un expert qui vous fera des recommandations.

La gestion sous mandat, déléguée à un gestionnaire

La gestion sous mandat, que l'on trouve parfois sous l'appellation « gestion déléguée », « gestion discrétionnaire » ou « gestion privée », consiste à confier son capital à un spécialiste de la gestion d'actifs. Il convient donc de bien définir ses objectifs, puisque c'est le gestionnaire qui prendra les décisions d'investissement en fonction du niveau de risque établi et accepté par le souscripteur.

Ainsi, deux formules d'une même enseigne peuvent avoir des caractéristiques proches mais une gestion opérée par des intervenants différents. Le mandat peut être confié à une banque, à une société de gestion de portefeuille ou d'« asset management », à une entreprise de notation ou d'évaluation de fonds d'investissement, à l'assureur lui-même ou encore au distributeur du contrat.

La gestion sous mandat de l'assurance-vie
Avant de recourir à la gestion sous mandat, il est essentiel de bien faire le point sur vos objectifs !

S'il comporte le plus souvent des frais sur l'assurance-vie supplémentaires, ce mode d'administration conviendra aux personnes qui souhaitent dynamiser un placement sans s'en préoccuper. Selon le cadre du mandat choisi, ce type de gestion suppose la délégation totale des décisions relatives à la répartition de l'investissement entre les différents supports ainsi que des arbitrages réguliers.

À noter que chez certains assureurs, la gestion sous mandat n'est proposée qu'aux contrats dont la valorisation dépasse plusieurs dizaines voire centaines de milliers d'euros. Par ailleurs, l'administration des avoirs par un expert ne garantit pas le capital pour autant ! Quel que soit le mode de gestion choisi, l'investissement sur des fonds en unités de compte suppose nécessairement un risque de moins-value.

La gestion pilotée, par des arbitrages automatiques paramétrés

Pour les épargnants souhaitant gérer eux-mêmes leur contrat tout en sécurisant autant que possible leurs placements, de nombreuses options d'arbitrage permettent d'automatiser le pilotage des investissements :

  • L'option « limitation des pertes », « stop-loss », « limitation de la moins-value » ou « arbitrage à seuil » : cet outil est utile pour se prémunir d'une éventuelle baisse sur une unité de compte dépassant un seuil fixé à l'avance (le plus souvent d'au moins 5 %). Lorsqu'une telle chute est constatée, un arbitrage de la totalité du support est alors réalisé vers un fonds en euros sécurisé préalablement défini.
  • L'option « investissement progressif », « dynamisation progressive de l'investissement », « plan d'arbitrage programmé », « transferts programmés » ou « investissements fractionnés » : elle permet de transférer de façon mensuelle, trimestrielle ou annuelle une part du capital placé sur un fonds en euros vers un ou plusieurs supports en unités de compte afin d'obtenir un coût d'acquisition lissé dans le temps.
  • L'option « rééquilibrage automatique », « réallocation » ou « réorganisation » : elle sert à maintenir une proportion préalablement définie entre différents fonds d'investissement. En effet, avec les fluctuations des marchés, un placement en unités de compte peut évoluer à la hausse ou à la baisse et ne plus représenter la même part dans un portefeuille. Le rééquilibrage permet de revenir à la répartition cible.
  • L'option « sécurisation des plus-values », « écrêtage », « stop-win » ou « sécurisation des performances » : c'est un outil très courant dans les contrats d'assurance-vie souscrits sur Internet. Son principe est le transfert automatique des plus-values obtenues sur un support en unités de compte – au-delà d'un seuil défini – vers un produit plus prudent comme un fonds en euros, de façon à sécuriser les gains réalisés.
  • L'option « dynamisation des plus-values » : elle vise à transférer automatiquement la rémunération annuelle reçue sur un fonds en euros vers des supports en unités de compte, lesquels sont plus dynamiques. Ainsi, le montant placé en fonds euros est maintenu à son niveau, et le surplus annuel est investi sur des unités de compte.

Remarque :

La « dynamisation des plus-values » fonctionne sur le principe inverse de la « sécurisation des plus-values ». La première option arbitre les gains des fonds en euros vers des unités de compte, la seconde fait le contraire. Ces deux outils sont donc logiquement incompatibles entre eux.

La gestion profilée, opérée par un gestionnaire selon un profil défini

Proposée sur certains contrats d'assurance-vie, la gestion dite « profilée » est une gestion automatisée des investissements entre plusieurs actifs, à mi-chemin entre la gestion libre et la gestion sous mandat. Elle s'adresse aux épargnants qui ne veulent pas gérer activement leur contrat mais qui souhaitent quand même dynamiser leurs avoirs, selon un profil de risque défini.

D'un assureur à l'autre, la gestion profilée peut prendre deux formes :

  1. Le support profilé : certains contrats prévoient des supports en unités de compte spécifiques à chaque profil d'épargnant. Ces profils, du plus sécurisé au plus risqué, peuvent être trouvés sous les dénominations commerciales « modéré », « sécuritaire », « défensif », « équilibré », « intermédiaire », « tonique », « offensif », « audacieux », etc. Le souscripteur peut ainsi investir sur un ou plusieurs fonds de son choix, en fonction de ses objectifs.
  2. La répartition profilée : il s'agit d'un arbitrage recommandé entre différents supports. Par exemple, pour un profil dit « prudent », la répartition cible préconisée pourra être de 80 % sur un fonds en euros sécurisé, 10 % sur un fonds obligataire, et 10 % sur un fonds en actions plus performant, mais plus volatil. À l'inverse, pour un épargnant « dynamique », l'assureur proposera d'investir une bien plus grande part sur un ou plusieurs fonds en actions.

La gestion profilée est la plus courante, la plus sereine et celle qui demande le moins de temps à l'assuré. En effet, ce dernier confie la gestion de ses investissements à l'assureur, après avoir établi son profil lors de la signature du contrat. Puis ce sont des experts qui procèdent aux arbitrages entre sécurité et performance. À noter en outre que la gestion profilée n'entraîne généralement pas de frais supplémentaires.

La gestion à horizon, évolutive en fonction de la situation de l'assuré

Sur d'autres contrats, on trouve parfois une gestion profilée évolutive dans le temps, appelée « gestion à horizon ». Plus précisément, celle-ci consiste à administrer un contrat à long terme – sur une durée comprise entre 5 et 20 ans – en changeant progressivement la répartition des actifs. Certains assureurs qualifient ce type de gestion de « sécurisation progressive de l'épargne ».

Ce mode de gestion compare les supports disponibles avec votre évolution personnelle. Ainsi, la composition des placements est évaluée en fonction de votre âge et de vos objectifs de rentabilité. Autour de la trentaine, lorsque la durée de placement est longue, le choix se porte généralement vers des produits dynamiques comme des actions. A contrario, à l'approche de la retraite, la gestion du fonds se fait plus prudente et s'oriente plutôt vers des produits obligataires ou monétaires.

Le principal avantage de la gestion à horizon est qu'elle permet de déterminer avec votre assureur les paramètres d'arbitrage au fur et à mesure de l'évolution de votre situation. En revanche, l'échéance d'investissement comme seule logique de placement a ses limites : il reste indispensable de tenir compte des conditions de marché ! C'est pourquoi la gestion à horizon est plutôt réservée aux épargnants initiés acceptant les risques d'un pari à long terme.

Notre conseil :

Gardez à l'esprit que la plupart des enseignes offrent la possibilité de changer de mode de gestion en cours de contrat. Donc libre à vous d'abandonner la gestion sous mandat pour la gestion libre, ou de choisir la gestion pilotée via une ou plusieurs options d'arbitrage automatique ! Dans tous les cas, il est vivement recommandé de diversifier vos placements. Au lieu d'un seul, souscrivez plusieurs contrats d'assurance-vie à différentes dates, et choisissez des assureurs, des distributeurs et des modes de gestion variés. Enfin, pour sélectionner les formules les mieux adaptées à vos besoins, n'hésitez pas à utiliser un comparateur d'offres en ligne !