Faire un crédit quand on est retraité

Jusqu’à quel âge peut-on emprunter ? Cette question recèle une dose légitime d’inquiétudes pour les séniors et pour tous ceux qui approchent l’âge de la retraite !

Couple de retraité sur des vélos

La période de la retraite est l'occasion d'assouvir de nombreux projets personnels ou familiaux (déménagement, voyage à l'étranger, travaux d'habitat, investissement locatif, etc.). Mais tout est question d'argent.

Avec la baisse des revenus, les projets personnels ou immobiliers des retraités sont-ils encore finançables par le biais de solutions de crédit ? Existe-t-il un âge limite au crédit à la consommation ? Emprunter après 75 ans, est-ce possible ? Le taux d'assurance du prêt immobilier en fonction de l'âge explose-t-il ? Autant de questions sur le crédit pour les retraités qui vous taraudent. Rassurez-vous, on vous dit tout.

Emprunter pour financer ses projets à la retraite

16,1 millions, c'est le nombre de retraités en France recensés par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du Ministère de la santé (DRESS) qui percevaient une pension à la fin de l'année 2016. En additionnant les personnes touchant une pension de réversion, ce chiffre grimpe à 17,2 millions.

Les 60 ans et plus devraient former à l'horizon 2030 un contingent de 20 millions de personnes à cause du vieillissement démographique mais également de la hausse de l'espérance de vie (meilleure hygiène de vie, évolutions techniques et technologiques de détection des maladies, campagnes de prévention des risques notamment dans le cadre du travail, etc.).

En termes de ressources et après les prélèvements sociaux, la retraite moyenne s'élevait à 1.294 € / mois, avec un écart certain entre les femmes (1.070 € brut / mois) et les hommes (1.740 € brut / mois). La baisse des revenus au moment du passage à la retraite est évaluée entre 15 % et 40 %.

Pour autant, un retraité est un consommateur comme un autre, qui a d'ailleurs tendance à plus dépenser (voyages, loisirs, travaux d'aménagement, investissement locatif, aides intergénérationnelles, etc.). C'est ce qu'on appelle la silver économie (ou économie des séniors), une branche d'activités qui réunit tous les prestataires de services et de produits destinés aux personnes âgées dans la santé, le transport, la sécurité ou encore l'habitat.

Prêt personnel pour retraité : une solution de financement pertinente

Certes, les revenus des retraités sont parfois trop limités mais ils peuvent compter sur les solutions de crédit pour financer leur voyage à l'étranger, le remplacement d'un véhicule ou la réalisation de travaux d'aménagement intérieur dans leur maison ou leur appartement. Ils peuvent souscrire un crédit à la consommation assez facilement car leur profil d'emprunteur est jugé fiable par les banques et les organismes prêteurs pour au moins trois raisons :

  • leur retraite constitue des revenus stables, le spectre du chômage étant supprimé ;
  • 80 % des séniors sont propriétaires de leurs logements, certains ayant même achevé le remboursement de leurs mensualités ;
  • les retraités disposent d'une capacité d'endettement élevée.

Non seulement, le crédit à la consommation fait fi de l'âge mais il peut être obtenu à des conditions avantageuses pour les motifs précédemment mentionnés. Pour souscrire un crédit à la consommation, l'assurance est facultative et l'obligation de remplir un questionnaire de santé ne vaut que lors de la souscription d'une assurance décès-invalidité. Les mensualités de remboursement sont faibles, donc avec un impact moindre sur le pouvoir d'achat. Enfin, les séniors détenant un patrimoine peuvent garantir leur prêt sur celui-ci.

Bon à savoir : le prêt personnel n'est pas affecté contrairement par exemple à un crédit auto. Il ne requiert aucun justificatif, l'utilisation de la somme empruntée étant laissée libre.

Le regroupement de crédits pour les séniors : retrouver des marges de manœuvre

La solution du regroupement de crédits est un recours pour les retraités qui souhaitent financer un nouveau projet alors qu'ils continuent de rembourser un ou plusieurs autres crédits. Le processus consiste tout simplement à réunir plusieurs emprunts bancaires pour n'en faire qu'un seul. L'idée est de clarifier la situation sur les emprunts en cours mais surtout de négocier avec l'établissement prêteur des conditions plus favorables au moment même où le passage à la retraite est synonyme de perte de revenus.

Regrouper ses crédits pour un retraité permet de réviser la durée de remboursement ainsi que le niveau des mensualités. L'objectif est d'allonger la durée du prêt pour profiter d'une baisse du montant de la mensualité unique, le tout en finançant un nouveau projet. Ses charges de remboursement des crédits réduites, le sénior est en mesure de palier la baisse de ses revenus.

Le rachat de prêts peut regrouper les emprunts immobiliers en cours ou les prêts à la consommation. Certaines organismes prêteurs formulent justement des prêts séniors (ou pour les préretraités). Ces contrats peuvent proposer des échéances de remboursement de rachat de crédits pouvant aller jusqu'à 85 ans et même 95 ans. Tout dépend ensuite de la capacité de remboursement et de la capacité d'endettement du retraité.

Si les banques peuvent demander la souscription d'une assurance décès-invalidité au-delà d'un certain âge pour se couvrir, le sénior a le droit de refuser y compris s'il présente un risque de santé aggravé comme l'encadre la convention AREAS (Assurer et emprunter avec un risque de santé). Néanmoins, le retraité emprunteur devra afficher des garanties sérieuses en cas d'impossibilité de faire face à ses échéances par le biais de son patrimoine ou de son épargne (contrat assurance-vie par exemple).

Prêt immobilier pour sénior, anticipez le passage à la retraite

En théorie, il n'existe aucune limite d'âge pour souscrire un crédit immobilier. Toutefois, nombreux sont ceux qui empruntent quelques temps avant de partir à la retraite. Les plus de 50 ans n'étaient ainsi que 11 % en 2013 à valider ce choix, un chiffre qui grimpe désormais à 17 %. Mais le passage à la retraite fait office de bascule puisque seulement 4 % des séniors de plus de 60 ans ont souscrit un prêt immobilier.

Il est évident que les séniors représentent un risque plus élevé pour les organismes prêteurs, qui misent sur des personnes pouvant rembourser l'emprunt. Les banques jouent donc la sécurité et la capacité du retraité à rembourser son prêt, plutôt que la nature du projet immobilier. Résultat : la banque porte en effet un regard bienveillant pour les clients qui arrivent à la retraite. Ceux-ci disposent généralement d'un patrimoine et de revenus stables, et n'ont plus d'enfants à charge.

L'organisme prêteur anticipe même la baisse des revenus à la retraite soit en ne prenant en compte que 70 % des revenus lors de l'évaluation de la capacité d'endettement et du chiffrage de son offre, soit en réduisant le montant des mensualités de remboursement avec le temps. Exemple : les mensualités peuvent être réduites de 30 % à 90 % au moment du passage à la retraite du souscripteur afin de prendre en considération la perte de revenus.

Prêt immobilier sénior : bien gérer l'assurance décès-invalidité

Lorsque l'apport ou les revenus sont importants, un retraité peut parfaitement envisager de faire un prêt immobilier à l'âge de 60 ans ou même de 70 ans. Toutefois, l'établissement prêteur impose des conditions plus drastiques et fixe un coût élevé pour l'assurance décès-invalidité. L'avancée en âge est corrélée à l'apparition de pathologies ou l'accumulation d'antécédents médicaux. La banque se protège en augmentant les tarifs sur l'assurance-emprunteur qui prend le relais en cas de décès du souscripteur.

Souscrire un emprunt immobilier jusqu'à 65 ans ne pose aucun souci. Les établissements prêteurs formulent des offres d'assurances groupes négociées qui leur permettent de mutualiser les risques entre les adhérents. En revanche, à partir de 65 ans, l'assurance décès-invalidité pose souci, sa couverture ne s'étendant pas au-delà de 75 ans ou 80 ans. Ainsi, faire un prêt immobilier à 65 ans sur une durée de 15 ans devient compliqué. Le recours à la délégation d'assurance permet aux retraités de souscrire un contrat sénior spécifique dont la couverture peut aller jusque 80 ans voire 90 ans.

Attention le coût de l'assurance-emprunteur peut faire dépasser le taux d'usure, ce qui signifie que le client n'est pas finançable, notamment en cas de maladie qui entraine une hausse importante de la surprime. Le financement sans assurance apparaît alors comme la solution. Le retraité peut garantir son emprunt par un tiers qui fera office de caution ou par le nantissement de l'emprunt sur un contrat d'assurance-vie ou sur un portefeuille boursier.

En cas de décès, la banque en devient bénéficiaire, cette dernière pouvant aussi prendre une hypothèque sur le bien immobilier dont le retraité décédé serait propriétaire. Il peut aussi assurer uniquement le conjoint moins âgé ou en bonne santé.

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