Taux de crédit immobilier : l’impact de la guerre en Ukraine

Si les taux de crédit immobilier étaient en hausse en début d'année, quel impact pourrait avoir la guerre en Ukraine sur ces derniers ?

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Une hausse des taux de crédit immobilier depuis le début de l’année

Les taux de crédit immobilier augmentent depuis le début de l’année. Cela démontre que le phénomène n’est pas seulement lié à la guerre en Ukraine. En effet, le porte-parole de MeilleurTaux expliquait que « les banques nous annonçaient début janvier une hausse progressive de leurs taux de crédit de 0.10 % en moyenne tous les mois ». Plusieurs courtiers dénoncent le même constat. Par exemple, Sandrine Allonier de Vousfinancer explique qu’après « un mois de février déjà marqué par les hausses de taux, celles-ci s’accentuent au mois de mars. Des banques ayant remonté leurs taux de 0.20 point en moyenne jusqu’à 0.50 point ».

hausse du crédit immobilier

Les effets possibles de la guerre en Ukraine sur les taux de crédit immobilier

Les marchés financiers connaissent aujourd’hui un effondrement de la Bourse. Cette instabilité a été appuyée par l’offensive russe en Ukraine et le conflit fragilise les valeurs bancaires. Sandrine Allonier remarque aussi que « quand il y a des chocs économiques ou politiques majeurs, il peut y avoir une augmentation des taux d’emprunt d’Etat, car le risque pour les investisseurs apparaît alors plus élevé. Dans ce cas, cela pourrait générer une hausse des taux de crédit immobilier. C’est ce qui s’est produit quand il y a eu la crise en Grèce ».

Pour Maël Bernier, « les banques vont observer la situation internationale. La hausse des taux envisagée va peut-être un peu ralentir pour ne pas plomber le marché. Mais dans ce contexte actuel inédit, faire des prévisions sur la suite est très compliqué. »

Bond des dépenses contraintes

Pierre Schoeffler, conseiller du président chargé de la responsabilité sociétales des entreprises (RSE) alerte. Selon lui, « la crise va conduire à une intensification de la hausse des prix de l’énergie et de l’ensemble des matières premières. Cela va entraîner une diminution importante du pouvoir d’achat des ménages. Ils vont devoir tailler dans leurs dépenses et évidemment le logement sera touché ». En effet, nous pouvons constater un bond dans les dépenses contraintes des ménages, tiré par l’inflation.

Des clients annulent leurs projets immobiliers

En effet, la clientèle a diminué, du fait de la pandémie covid-19. Elle semble avoir encore diminué depuis deux semaines. Un négociateur immobilier, Anthony Da Fonseca, déclare qu’il « a ressenti un avant/après dans le nombre d’appels ». Un président d’agence explique que les clients ont annulé leurs projets, car si la France n’est pas en guerre, la confiance dans l’avenir s’est dégradée. Ce ressenti est appuyé par la hausse des prix en énergie, une crise accentuée elle aussi par le conflit.

Des incertitudes sur le ravitaillement des matières

« Lorsque nous négocions des marchés aujourd’hui, les entreprises nous disent : je ne peux pas vous bloquer les prix. Je ne sais pas à quel tarif, demain, je vais acheter l’acier. Je ne sais pas combien je vais payer le fuel pour faire rouler mes camions, etc. », explique le président de Build Europe.

Le président de la fédération des promoteurs immobiliers, Pascal Boulanger, explique quant à lui qu’au-delà « des problèmes d’inflation, nous risquons des ruptures d’approvisionnement. Quand on sait, par exemple, que l’acier vient à un petit 50 % de la Russie ».

Vers une hausse des frais bancaires en 2015

Faut-il craindre un ralentissement de la croissance économique ?

Henry Buzy-Cazaux, le président de l’Institut du management des services immobiliers, souligne qu’avant la guerre, « le marché était très actif, mais l’entrée en conflit a marqué un vrai coup d’arrêt directement lié à la peur géopolitique des ménages. A la différence de la pandémie, où la menace était invisible et où les Français ont eu globalement confiance dans l’Etat pour y faire face, cette guerre a un visage ».

Des sanctions ont été prises envers la Russie, des sanctions économiques. En revanche, les matières premières, notamment le gaz et le pétrole, manquent déjà et les cours flambent. Même si l’Etat propose des amortisseurs à l’inflation, il ne pourra pas l’arrêter pour autant. Les taux de crédit immobilier, quant à eux, ne pourront pas suivre l’inflation sans mettre à mal la croissance.

Taux de crédit immobilier : la BCE souhaite maintenir la fin de ses achats d’actifs

Le programme d’achats d’actifs, ou Asset Purchase Programme (APP) a été lancé par la Banque Centrale Européenne (BCE) en 2014. Son but était de lutter contre la crise économique de 2010. S’il devait prendre fin en 2018, il a été reconduit fin 2019 pour pallier la crise sanitaire de la covid-19. C’est un programme de politique monétaire qui consiste à racheter massivement des actifs financiers. Les rachats d’actifs de banque par la BCE font augmenter la demande et, de fait, les prix, ce qui stimule l’investissement et la demande. Cette augmentation de la demande génère une hausse des prêts, et ainsi, une augmentation des prêts fait baisser les taux d’intérêt.

En cas d’inflation trop excessive, la BCE augmente ses taux afin de maintenir les 2%. En revanche, en février dernier, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a affirmé que « l’inflation devrait rester élevée plus longtemps qu’anticipé […]. Les risques entourant les perspectives d’inflation sont orientés à la hausse, particulièrement sur le court terme ».

Plutôt que de durcir la politique monétaire, la BCE choisit de lutter au maximum contre l’inflation. Selon Christine Lagarde, « la guerre Russie-Ukraine aura un impact important sur l’activité économique et l’inflation par le biais des prix de l’énergie et des matières premières, des perturbations dans le commerce international et la dégradation de la confiance ». La BCE se donne une marge de manœuvre en retardant la hausse de ses taux de « quelques semaines », peut-être un délai qui se compterait en mois.

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