Le taux nominal de votre crédit

Taux réel, taux fixe, taux variable ou encore réglementé... le taux nominal de votre crédit peut prendre de multiples formes, et n'est pas à confondre avec le TEG. Suivez le guide !

Le taux nominal d'un crédit
Attention : ne confondez pas le taux nominal de votre crédit avec son TEG, au risque de bien mauvaises surprises !

Même si un crédit à la consommation peut comporter d'autres charges, comme par exemple les frais de dossier ou encore l'assurance emprunteur, le coût de l'argent emprunté, c'est-à-dire le taux d'intérêt nominal, représente bien souvent la plus grande partie du coût du crédit.

Si le taux nominal du prêt doit bien sûr être étudié attentivement avant de signer, il ne doit donc pas guider à lui seul votre choix. Il diffère en effet du taux effectif global (TEG), qui intègre quant à lui tous les coûts du crédit.

Taux d'intérêt nominal : une définition

Dans le cadre d'un crédit à la consommation ou de tout autre type de prêt (immobilier notamment), le taux d'intérêt nominal est celui qui sert de référence pour la rémunération de l'argent prêté par la banque ou l'organisme de crédit. Un prêt d'une durée d'un an et pour un montant de 10 000 €, s'il affiche un taux nominal de 5 % et doit être entièrement remboursé à l'échéance (en une seule mensualité), donnera par exemple lieu au paiement de 500 € d'intérêts de la part de l'emprunteur.

Le montant du taux nominal fixé par la banque ou l'organisme de crédit dépend potentiellement d'un très grand nombre de facteurs, liés d'une part au coût de l'argent pour l'organisme prêteur lui-même (niveau des taux directeurs de la banque centrale), à ses frais de fonctionnement (coût du personnel, entretien des locaux…) et d'autre part au risque représenté par l'emprunteur (solvabilité, profil de santé, niveau d'endettement…). À ces considérations s'ajoute évidemment un supplément, qui constitue la marge du prêteur.

Taux nominal ou réel, quelle différence ?

Si le crédit est envisagé à moyen ou long terme, soit au-delà de cinq ans, il est recommandé d'étudier non seulement le taux nominal du prêt, mais aussi son taux réel. Ce dernier tient compte de l'évolution prévisible de l'inflation, c'est-à-dire du niveau des prix dans les années à venir. De fait, plus les prix augmentent, et plus le crédit consenti devient une bonne affaire et tend à enrichir l'emprunteur.

Dans le cas d'un prêt automobile d'une durée de six ans et d'un montant de 10 000 €, souscrit pour un taux nominal fixe de 5 %, la mensualité restera la même tout au long du remboursement. Si l'inflation a été de 3 % par an sur la période, le taux « réel » du crédit n'est plus alors que de 2 %. Si l'évolution des prix connaît au contraire une stagnation, comme c'est le cas en ce moment, et n'affiche que +0,5 % par an, le taux réel est de 4,5 % et le crédit revient donc beaucoup plus cher à l'emprunteur !

Fixe, variable, réglementé… Le taux nominal prend de multiples formes

Pour se prémunir des effets néfastes de l'inflation, le prêteur peut proposer à l'emprunteur que le taux nominal soit indexé sur l'évolution des prix : il s'agit alors d'un prêt à taux nominal variable, ce qui implique que le coût de l'argent emprunté peut évoluer positivement ou négativement au cours de la vie du prêt et se traduira par une augmentation ou une diminution des mensualités. À noter que les taux variables peuvent être indexés sur de nombreuses autres références, dont notamment les taux d'intérêt interbancaires à court terme.

À crédit équivalent, le taux nominal variable défini au début de l'emprunt est en général moins élevé qu'un taux nominal fixe. L'emprunteur peut donc espérer réaliser des économies significatives, c'est-à-dire payer moins d'intérêts et rembourser plus vite le capital, du moins si le taux conserve un niveau modéré suffisamment longtemps.

Il convient enfin de noter que le taux d'intérêt du crédit peut être, dans certaines circonstances, défini précisément par la loi : on parlera alors de taux réglementé. C'est le cas en particulier du Prêt Épargne Logement (de 4,20 à 6,32 % selon la période d'ouverture du plan associé) et bien sûr du PTZ+ et de son taux nominal réglementé de 0 %.

Intérêts simples ou composés ?

Si vous n'avez pas l'utilité de contracter un crédit mais souhaitez au contraire investir votre argent, il est essentiel de comprendre la différence entre des intérêts simples et composés, l'un ou l'autre pouvant faire toute la différence même si le taux nominal est strictement le même.

Les intérêts versés pendant une année, s'ils sont simples, ne produisent pas eux-mêmes des intérêts l'année suivante. C'est le cas par exemple d'une obligation d'État d'une valeur de 1 000 € et rapportant 2 % par an pendant sept ans : chaque année, l'investisseur récupérera la même somme, soit 20 €, avant le remboursement total de la somme due au bout de sept ans.

Les intérêts sont composés s'ils s'ajoutent au capital et commencent donc à produire eux-mêmes des intérêts. Les livrets d'épargne, notamment, fonctionnent tous sur ce principe : 10 000 € placés sur un livret A, à un taux nominal réglementé de 1 %, porteront le total du solde à 10 100 € l'année suivante. Ces 10 100 € généreront à leur tour 101 € l'année suivante (1 % de 10 100 €), et ainsi de suite.

Le taux d'usure : un plafond à ne pas dépasser

Une banque ou un organisme de crédit est libre de fixer le taux nominal du prêt qu'elle propose à son client, lequel est évidemment libre aussi d'accepter ou de choisir une offre concurrente. Seule exception à cette règle : il est formellement interdit par la loi de dépasser un taux d'intérêt maximal, appelé le « taux d'usure ». Ce dernier est révisé chaque trimestre par la Banque de France, et publié au Journal Officiel. Pour un crédit classique à la consommation, le taux d'usure applicable au 1er trimestre 2015 est ainsi de 20,25 % pour un montant inférieur à 3 000 €, de 14,37 % pour un montant compris entre 3 000 et 6 000 €, et enfin de 9,21 % pour tout montant supérieur.

Attention ! Ce taux d'usure ne s'apprécie évidemment pas en fonction du taux nominal du crédit, mais bien en fonction de son TEG (tous frais inclus). Son non respect constitue un délit pénal et donne droit au remboursement des sommes indûment perçues.

Ne confondez pas « taux nominal » et « TEG » !

Le taux nominal d'un crédit constitue une donnée essentielle et à prendre en compte, puisqu'il vous renseigne sur le coût de l'argent que vous allez devoir rembourser, autrement dit sur le taux d'intérêt stricto sensu.

Il ne suffit pas cependant à vous faire une bonne idée du coût total du crédit, et peut même se révéler dangereusement trompeur si l'organisme de crédit, outre le taux d'intérêt, vous facture par exemple des frais de garantie ou de dossier exorbitants.

Pour une juste évaluation du coût total du crédit, un seul outil fiable et reconnu par le loi : le TEG, ou taux effectif global.

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sissoko boubakar  -  Le 29 mai 2015 à 09h55

Est-ce que le taux effectif global peut être défini avant la mise en place du prêt ?

JeChange  -  Le 30 juin 2015 à 14h38

Bonjour,
 
Il ne peut pas il doit !
La banque doit obligatoirement faire figurer le TEG sur l'offre de prêt et risque de lourdes sanctions en cas d'absence ou d'erreur.
 
À la différence des prêts à la consommation, pour les prêt immobiliers il peut être délicat de connaître le TEG exact quand vous en êtes à l'étape de la simulation, car certains frais ne sont pas connus précisément avant l'édition des offres, comme le montant de l'assurance DIT obligatoire (donc comprise dans le TEG) par exemple qui peut subir des variations en fonction de votre état de santé (surprimes),  mais une fois que vous aurez les offres en main, le TEG  y sera forcément indiqué.
 
Cordialement,