Publication d'une étude sur les Français et la dépendance : l'assurance dépendance n'est pas considérée comme une solution

La question de la dépendance taraude les Français. Plus de trois-quarts expriment leur préoccupation, à l’heure où le gouvernement siffle le coup d’envoi de la vaste concertation sur la perte d’autonomie.

Une aide-soignante tient une personne âgée à la main tandis qu’elle descend les escaliers

Alors que 77 % des Français âgés de plus de 45 ans appréhendent le risque de dépendance selon une étude Harris Interactive/FNMF, les contrats d'assurance dépendance sont boudés. Prévus pour couvrir ce risque, les Français méconnaissent sans doute le reste à charge dû aux frais d'hébergement en établissement médicalisé et à l'aide de vie. Explications.

Prévoyance : des Français préoccupés mais mal préparés

Emmanuel Macron a annoncé au cours du congrès de la Mutualité française une future loi sur la dépendance en 2019. Qu'en pensent les Français ? L'étude Harris Interactive/FNMF a justement questionné les plus de 45 ans sur la prise en charge de la perte d'autonomie.

Ces derniers s'inquiètent avant tout de la diminution de leurs capacités physiques et mentales (79 %), du risque de dépendance et de perte d'autonomie pour eux (77 %) ou leurs proches (72 %), et des risques de maladie (77 %).

Ce sondage relève surtout l'impréparation des Français par rapport au risque de dépendance. Deux-tiers s'estiment peu organisés financièrement, notamment les personnes âgées entre 45 et 54 ans et les plus modestes (revenus mensuels inférieurs à 2000 euros).

La plupart des personnes interrogées pense que la dépendance doit être une priorité pour les pouvoirs publics (90 %).

Dans leurs représentations, c'est l'accompagnement du proche fragilisé dans sa vie quotidienne à domicile (78 %) qui traduit le mieux ce risque de dépendance associé à des termes négatifs comme la solitude, la charge ou la tristesse.

L'assurance dépendance, une solution financière… sous-estimée

L'assurance dépendance est un outil couvrant justement les frais qui découlent des conséquences d'une perte d'autonomie. Or, seuls 33 % des interrogés la considèrent comme une solution de financement, quand 21 % déclarent en avoir souscrit une.

Les autres ? 80 % disent ne pas l'envisager, estimant son coût trop élevé (50 %). La Fédération nationale de la mutualité française alerte pourtant sur le reste à charge pour les personnes dépendantes et leurs proches.

Si les frais de santé sont relativement bien pris en charge, le coût d'un hébergement en établissement médicalisé est très onéreux. Lors d'une prise en charge en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), le reste à charge oscille entre 2102 et 3146 euros par mois en Ile-de-France, en Corse, dans les départements ultramarins et ceux gravitant autour d'une métropole (Gironde, Haute-Garonne, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes).

Certains acteurs militent pour une politique de maintien au domicile, solution qui n'échappe pas aux frais supplémentaires : rémunération des aides à domicile, frais de travaux d'aménagement du logement.

La FNMF note que les personnes accompagnées d'aidants sont mieux loties. Deux bémols toutefois : la démographie initiant une baisse du nombre d'aidants et le revenu des retraités plus élevé que celui des actifs amenés à diminuer dans les prochaines décennies.

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