Les propositions des mutuelles suite au scandale du Médiator

Suite au scandale du Médiator, les Mutuelles de santé ont décidé d'agir de façon concrète. Réunies au sein de la Mutualité Française, elles ont en effet soumis aux pouvoirs publics un Plan médicament contenant dix propositions, pour éviter qu'un scandale similaire se reproduise à l'avenir.

  • Publié le 15/03/2011 (mis à jour le 18/10/2012)
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Alors que les laboratoires Servier tentent d'éviter leur passage devant la justice en proposant d'indemniser toute victime du Médiator qui se rétracterait, les mutuelles complémentaires de santé ont décidé de prendre les devants, pour éviter qu'une nouvelle catastrophe comme celle ci ne se reproduise. Réunies au sein de la FNMF (Fédération Nationale des Mutualités Françaises), elles ont ainsi établi un Plan Médicament, à travers dix propositions. En ligne de mire : la mise sur le marché des futurs médicaments, mais pas seulement.

La toute première de ces propositions consiste à "faire du progrès médical le critère des Autorisations de Mise sur le Marché (AMM)". Les nouveaux arrivants doivent donc apporter un vrai plus par rapport à ceux déjà présents ; et la commercialisation de placebos, lorsque cette pratique s'avère inutile, doit être évitée. Mais les mutuelles souhaitent également suivre davantage les prescriptions hors AMM c'est à dire en dehors de la fonction première d'un médicament. Ce fut justement le cas du Médiator, utilisé bien au-delà de sa fonction anti-diabète.

Les médicaments ne doivent donc plus être considérés comme des produits de consommation courante. Les scientifiques doivent ainsi revenir au centre du jeu, afin de véritablement évaluer et analyser leur valeur thérapeutique avant mise sur le marché. Les structures d'évaluation et de vigilance doivent être ainsi séparées, et bien sûr indépendantes. Concernant la couverture santé, la FNMF propose aussi de faire coïncider "le taux de remboursement avec le niveau de service médical rendu", afin que cela soit plus clair pour les patients. Les produits ayant un niveau insuffisant ne seraient plus remboursés par l'assurance santé. 

Enfin, afin d'établir un suivi des médicaments déjà sur le marché, une réévaluation régulière devrait être réalisée tous les cinq ans. Quant à l'Etat, il est appelé à clarifier ses relations avec l'industrie de la santé, en signant ses conventions "par produit et non plus par laboratoire". Suivra-t-il ces demandes de transparence des assurances complémentaires santé ?

(Source : Risk Assur)

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