Concurrence dans la téléphonie mobile et pouvoir d’achat : ce qu’en dit l’UFC

L’UFC-Que choisir a fait paraître hier une étude sur le thème de la concurrence dans la téléphonie mobile. L’association entend par ce biais tirer les conséquences de l’arrivée de Free Mobile quant au pouvoir d’achat des consommateurs. Et le bilan qui en découle est sans appel. Selon l’UFC, en seulement deux ans, les factures des Français ont baissé de 30 % en moyenne sur le segment des mobiles, pour passer de 24 euros à 17 euros par mois. Cette économie cumulée en faveur du budget des consommateurs a été chiffrée par l’association à près de 7 milliards d’euros depuis 2012. Tour d'horizon.

  • Publié le 30/04/2014 (mis à jour le 09/08/2018)
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Après avoir égratigné la qualité du réseau de Free Mobile à l'occasion d'une précédente étude, l'UFC-Que choisir a cette fois-ci abordé l'entrée du quatrième opérateur sous un nouvel angle : celui du pouvoir d'achat des consommateurs. À l'en croire, l'arrivée de ce dernier sur le marché de la téléphonie mobile en France a été particulièrement bénéfique pour le portefeuille des Français. 

En deux ans, les factures des consommateurs ont baissé de 30 %

Il est certain que l'arrivée du quatrième opérateur a rebattu les cartes de la concurrence au sein du paysage hexagonal des télécoms. Encore faut-il en comprendre le sens et en mesurer l'impact. C'est ce à quoi se propose de répondre l'UFC, via la publication d'une étude fournie dressant une série d'observations.

Le modèle du « sans-engagement » pourrait devenir majoritaire en 2014

L'une des premières conclusions que tire l'UFC au sein de son enquête est une évolution notable du comportement consumériste des consommateurs. Depuis 2012, l'association pointe « le recours de plus en plus massif au modèle du sans-engagement ». En d'autres termes, le développement de la part du sans-engagement dans la part du post-payé a crû de façon exponentielle depuis l'arrivée des offres de Free Mobile. Si fin 2013, près d'un abonné sur deux (49,3 %) dispose d'une offre sans engagement, c'est deux fois plus qu'en janvier 2012.

Part du sans-engagement en France de 2009 à 2013

Effet de ricochet, l'association souligne par ailleurs une « forte hausse de numéros portés depuis deux ans ». Mis bout à bout, ces deux éléments autorisent l'UFC à conclure sur la disposition croissante des consommateurs « à faire jouer la concurrence entre les opérateurs pour déterminer celui qui dans les faits offre le meilleur service ». En d'autres termes, les conditions de marché seraient désormais réunies pour que les consommateurs eux-mêmes endossent un rôle de régulateur.

Évolution du nombre de numéros portés entre 2008 et 2013

« L'heureux épuisement » du coûteux modèle de la « subvention » au terminal

Le second éclairage auquel se livre l'UFC porte sur l'avantage qu'a le consommateur à privilégier la souscription à une offre subventionnée, c'est-à-dire, incluant le prix d'un terminal mobile au sein de son forfait. Concrètement, l'association se propose de déterminer dans quelle mesure il est plus intéressant pour le consommateur de privilégier une offre low-cost, y compris lorsqu'il s'agit d'acquérir un smartphone, plutôt que de réaliser l'achat « subventionné » de celui-ci. 

Et les conclusions tirées par l'association à ce sujet sont sans appel. Le modèle d'engagement avec subvention entraîne pour le consommateur « un surcoût par rapport au système dit « low cost », lequel oscille entre 16,6 % et 49,3 % et est d'autant plus marqué que le terminal considéré descend en gamme ». À ce propos, l'UFC appelle donc de ses vœux les pouvoirs publics à légiférer en vue de forcer les opérateurs à faire preuve de davantage de clarté, « en indiquant dans leurs offres commerciales […] le montant total qui sera réglé au cours de la période d'engagement ».

Une baisse tangible du prix des services mobiles...

Pour réaliser un bilan de l'évolution du paysage tarifaire de la téléphonie mobile en France depuis 2012, l'UFC s'est appuyée sur les derniers chiffres publiés par l'ARCEP, relatifs à l'évolution des prix des services mobiles. Sur ce point, l'association enregistre une « baisse très sensible » de l'indice des prix de l'ensemble des cartes SIM (prépayées et forfaits) pour l'année 2012. Cette décroissance se situe à un niveau qualifié d'« inédit » par l'UFC, à hauteur de 11,4 %.

… à porter au crédit de l'arrivée des offres mobiles de Free

L'arrivée sur le marché de l'offre à 19,99 euros présentée par Free le 10 janvier 2012 a permis « d'éloigner les consommateurs d'une chère monétisation de la data mobile et de bénéficier en parallèle d'une forte baisse des prix des appels et des SMS ». Et c'est bien là l'un des traits saillants de l'étude de l'UFC. Car au-delà de l'apparition de cette seule offre, l'association salue  l'alignement – progressif dans le temps – que celle-ci a entraîné chez les opérateurs historiques. Ainsi, l'UFC souligne avec force que le lancement de l'offre-mère de Free a provoqué une baisse générale des prix, laquelle a permis aux consommateurs de bénéficier d'un gain significatif en termes de pouvoir d'achat.

6,83 milliards d'euros de pouvoir d'achat libérés en faveur des consommateurs

Dans le détail, l'UFC relève un « effet massif » engendré par l'arrivée d'un quatrième opérateur en vue d'expliquer la baisse des factures des consommateurs de services mobiles. Le niveau des factures à la fin de l'année 2013 est en effet 30 % moins élevé que deux années auparavant. Et, toujours selon les estimations avancées par l'UFC, « le pouvoir d'achat rendu aux Français suite à la dynamisation du secteur de la téléphonie est, a minima, de 6,83 milliards d'euros ».

Baisse des factures mobiles

En France, téléphoner coûte moitié moins cher que dans le reste de l'Union Européenne

Résultat du coup de fouet provoqué par l'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile, l'association met en exergue le fait que si la France pouvait être considérée comme « la championne européenne de la cherté » avec des prix 25 % plus élevés que dans le reste de l'Union en 2010 ; deux années plus tard, les prix moyens constatés y sont désormais deux fois moins élevés.

L'UFC souhaite un passage de relais de Free Mobile aux MVNO

Balayant d'un revers de la main le « faux-argument » voulant que l'arrivée d'un quatrième opérateur soit source de menaces en termes d'emploi dans les télécoms, l'UFC conclut son étude par le biais d'une série de recommandations à l'adresse des autorités compétentes. Parmi ces doléances, citons le souhait formulé par l'association de voir l'ARCEP se positionner en faveur d'un renforcement de l'autonomie commerciale des MVNO, garants de la concurrence. 

Pour qu'un éventuel retour à trois opérateurs ne soit pas synonyme de régression concurrentielle, l'UFC appelle le gendarme des télécoms à revoir les conditions tarifaires des contrats liant les opérateurs mobiles virtuels d'avec les opérateurs hôtes. Plus spécifiquement, l'association défend ici l'idée d'une refonte des conditions d'accès des MVNO aux réseaux physiques, pour que ceux-ci, forts d'une autonomie commerciale recouvrée, deviennent à leur tour les « dynamiseurs de la concurrence », à l'instar de Free Mobile.

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