Bilan trimestriel mitigé pour le nouvel ensemble Numericable-SFR

Après la fusion intervenue à la fin de l’année 2014, les premiers résultats consolidés du groupe Numericable-SFR étaient évidemment attendus avec une certaine fébrilité par tous les observateurs.

Logo groupe Numericable-SFR
La publication de résultats mitigés annonce de nombreux défis à relever pour Patrick Drahi, P-DG du nouvel ensemble.

Au final, le communiqué de presse annonçant les chiffres de l'activité du premier trimestre 2015 sont assez contrastés. Certes, le nouveau numéro 2 des télécoms français semble réussir sa synergie puisqu'il affiche une rentabilité financière en forte hausse.

Cependant la contraction assez marquée de la clientèle annonce de nombreux défis à relever pour le P-DG Patrick Drahi. Ce dernier place de grands espoirs dans le développement accéléré de la fibre optique.

Une perte sèche de clientèle dans le fixe et le mobile…

Du côté des offres en Internet fixe, la situation globale apparaît peu satisfaisante pour la nouvelle entité associant désormais SFR et Numericable. 6,520 millions de personnes, au total, sont abonnées chez l'opérateur au 31 mars 2015. Ils sont 57 000 de moins qu'au 31 décembre 2014, ce qui représente une diminution non négligeable de 2,1 %. Le nombre de clients connectés en très haut débit (débit supérieur ou égal à 30 Mb/s) continue certes à connaître une croissance confortable (48 000 abonnés de plus en trois mois, pour un total de 1,595 million). Ils ne suffisent pourtant pas à compenser l'hémorragie des clients en box ADSL (105 000 abonnés de moins en trois mois, pour un total de 4,925 millions).

Les chiffres dénotent également une diminution des parts de marché dans le secteur de la téléphonie mobile. Numericable-SFR, avec un total de 22,494 millions de clients au 31 mars 2015, perd 1,94 % de sa clientèle en trois mois (- 44 5000). Les abonnés qui mettent un terme à leur relation avec l'opérateur sont, dans 94,83 % des cas, des particuliers. La baisse, en termes de proportions, se ressent plus beaucoup durement pour le marché des cartes prépayées (-8,6 %) que pour celui des clients au forfait (-1,1 %).

Dans le même temps, on notera qu'Orange est conforté dans sa position de leader, et ramasse pas moins de 193 000 nouveaux clients dans le mobile et 75 000 dans le fixe.

…qui entraîne une baisse du chiffre d'affaires

La baisse du nombre d'abonnés signifie mécaniquement que les rentrées d'argent se font moins importantes. Le chiffre d'affaires du groupe, à la fin du premier trimestre 2015, s'établit ainsi à 2,740 milliards d'euros, ce qui représente une diminution de 4,6 % par rapport au premier trimestre de l'année précédente. Comme pouvait le laisser présager l'évolution de la clientèle, le secteur le plus touché est celui du « business to customer » ou B2C, qui s'adresse aux particuliers : la baisse de chiffre d'affaires y est de 6,1 %.

Le revenu moyen par abonné n'en reste pas moins satisfaisant. L'ARPU mobile, à 25,50 € par client, se caractérise par une certaine stabilité. Dans le domaine de l'Internet fixe, l'ARPU connaît même une embellie de 0,9 % sur un an, et se fixe désormais à 34,30 €. En effet les nouveaux clients, majoritairement raccordés en fibre optique, tendent à rapporter davantage et font donc grimper la rentabilité moyenne.

Une légère désaffection qui peut trouver plusieurs explications

Sans être catastrophique ni irrémédiable, la perte de clientèle chez Numericable-SFR peut aisément s'expliquer par certaines décisions récentes et assez impopulaires. On rappellera, par exemple, que le groupe a décidé en début d'année de rendre l'« option » TV obligatoire pour toutes ses box, à raison de 1 € par mois, et d'augmenter le coût de ce service pour les box triple-play qui le proposaient déjà. D'autres modifications tarifaires ne sont pas passées aussi inaperçues que l'aurait souhaité l'opérateur : la majoration des coûts de communication vers certaines destinations internationales, de même que la refonte des avantages dont bénéficient les clients « Gold » ont certainement contribué à brouiller le message du nouveau groupe.

De plus, il est à craindre que la très récente augmentation des forfaits RED de SFR constitue un nouvel handicap sérieux, cette fois pour les chiffres du second trimestre.

La rentabilité du groupe est malgré tout en forte hausse

Numericable-SFR gagne un peu moins, mais dépense également beaucoup moins. Grâce aux synergies très ambitieuses lancées par Patrick Drahi dans tous les services non-industriels des deux anciennes entreprises, la rentabilité financière du groupe connaît une évolution spectaculaire et a été accueillie très favorablement par les marchés boursiers, qui ont fait progresser le cours de l'action de 4,5 % pour le seul jour de la publication des résultats. Un indicateur fiable tel que l'EBITDA s'établit pour le premier trimestre à 930 millions d'euros, soit une progression de plus de 20 %.

Le résultat net, hors concours exceptionnels, s'établit par ailleurs à 132 millions d'euros, à comparer avec les 35 millions de l'année dernière. 132 millions auxquels s'ajoutent pour ce trimestre la coquette somme de 684 millions, fruit d'un accord passé avec Vivendi.

Des perspectives de croissance toujours favorables

Bien que les offres en FTTLA (fibre à terminaison câble) n'aient pas encore vraiment remporté le succès escompté, Numericable-SFR mise ouvertement sur le développement accéléré de la fibre optique à partir de 2015 pour reconquérir une clientèle plus large. Selon le directeur général Éric Denoyer, un plan d'investissement devrait notamment porter le nombre de prises très haut débit disponibles à 7,7 millions en 2015, puis 12 millions en 2017 et 15 millions en 2020. Autant de nouveaux clients potentiels que le groupe espère bien séduire.

De même ses offres 4G, qui couvrent actuellement 70 % des Français, devraient toucher 90 % de la population dans deux ans et 99 % à l'horizon 2020.

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