5G industrielle en France : une inquiétude du gouvernement

La Mission 5G industrielle a été restituée dans un rapport, rendu le trois mars dernier par son président Philippe Herbert.

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Rapport restitué sur la Mission 5G industrielle, un retard qui inquiète le gouvernement

Le rapport sur la 5G industrielle a été remis par le président de la mission, Philippe Herbert.

Pour la remise de ce rapport commandé par Bercy en octobre 2021, le gouvernement décide de lancer plusieurs mesures. Le projet de la mission 5G industrielle comportait trois objectifs :

  • développer les usages de la 5G dans l’industrie française et accélérer l’approbation des professionnels
  • identifier les freins potentiels à son déploiement
  • soumettre des propositions d’actions concrètes pour l’accompagnement dans le déploiement de la 5G industrielle.
5G industrielle

Le rapport vient alors conforter les inquiétudes : « le déploiement d’usages de la 5G en France et notamment dans l’industrie française reste moins important que dans les autres pays ».

Ainsi, la mission souligne que ces projets « ne sont, pour leur majorité, qu’à un stade de préparation et de planification […] La grande majorité du tissu industriel français est dans une posture que nous nommerons ‘attentiste' », indique-t-elle. La mission, dans son rapport, identifie 7 freins majeurs au déploiement de la 5G industrielle et démontre que les industriels se heurtent aussi à un besoin d’ingénierie télécom, une compétence qui leur fait défaut à ce jour.

Vous pouvez télécharger le rapport complet de 48 pages, rendu public le 3 mars dernier.

Un édito relève les mots de Philippe Herbert. « Pour l’industrie, la 5G correspond à une nouvelle technologie qui vient appuyer la numérisation des processus industriels. […] Je remercie donc Madame et Monsieur les ministres pour leur confiance. j’espère qu’ils trouveront dans ce rapport un panorama documenté de la situation actuelle de la 5G industrielle en France, leur permettant de mettre immédiatement en mouvement l’ensemble de l’écosystème de la 5G industrielle français ».

Les principaux freins au déploiement de la 5G industrielle

La mission a en effet recensé sept freins principaux au développement de la 5G industrielle en France. Des recommandations concrètes vont être apportées à chacun d’entre eux. Ces freins majeurs se présentent comme tels :

  • L’accès aux fréquences. Pour pallier cela, la mission recommande de faciliter et élargir l’accès aux réseaux privés aux industriels.
  • La nécessité d’accélérer le développement de l’écosystème 5G industrielle en France. Pour ce faire, la mission préconise alors d’accélérer le partage des cas d’usage de la 5G industrielle. Création de « campus Fablab 5G industrielle » afin de rassembler les différents acteurs en un même lieu. Ces lieux ont pour but de devenir des espaces fédérateurs pour un bassin industriel.
  • L’insuffisance de la disponibilité d’équipements et de services adaptés. La mission recommande le développement d’offres 5G industrielle « clés en main ». Cela permettrait de simplifier la prise en charge des industriels qui l’utiliseront.
  • Besoin de simplifier et de rendre plus accessible la 5G industrielle.
  • La difficulté à trouver les bonnes compétences pour déployer la 5G industrielle. La mission recommande d’offrir des formations et parcours plus adaptés aux enjeux de la 5G industrielle.
  • Les interrogations sanitaires, environnementales et sociétales.
  • Un manque de visibilité et de maturité des écosystèmes 5G industrielle.

Toutefois, chacune de ses recommandations est accompagnée d’un plan d’actions à mettre en place, une proposition. A ces recommandations, des engagements sont alors pris par les différents acteurs pertinents du marché et par le gouvernement.

Les décisions prises par le gouvernement

Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée au ministre de l’Economie, chargée de l’Industrie, et Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, sont les deux destinataires du rapport de la mission 5G industrielle. A la suite des recommandations, ils ont décidé :

  • De faciliter l’accès aux fréquences afin de stimuler le développement de projets d’usage de la 5G industrielle. Pour des expérimentations d’usages, une réflexion sera menée pour les accès aux fréquences 3.8 GHz et 4GHz.
  • De lancer des campus où se rassembleront en un même lieu tous les acteurs pertinents (industriels, opérateurs télécoms, équipementiers, fournisseurs, experts, etc.) pour proposer une offre de service et d’accompagnement des industriels vers la numérisation de leurs processus de production grâce à la 5G.

Les ministres ont aussi annoncé un nouvel appel à projets franco-allemand. Il s’agit d’un appel à projets faisant suite à celui lancé en 2021, ayant soutenu des projets sur les réseaux privés 5G. Le but ? Répondre aux besoins de connectivité des industries françaises et allemandes par le renforcement de l’écosystème 5G.

« La 5G est un facteur clé de notre compétitivité, qui vient appuyer l’automatisation des processus industriels. Les résultats de la mission 5G industrielle sont, à ce titre, très éclairants. La mise en œuvre de ces recommandations permettra à l’industrie française de continuer la dynamique de réindustrialisation et de numérisation », explique Agnès Pannier-Runacher.

Accélération du développement de la 5G industrielle : 7 nouveaux projets lauréats

7 nouveaux projets sont soutenus par le gouvernement. Dans le cadre de France 2030, un investissement de 47 millions d’euros dont 19 de financements publics viennent appuyer ces projets pour constituer une offre souveraine de l’écosystème.

6G Hauling de Spectronite

Ce projet a pour ambition de définir une nouvelle génération de réseaux de transport pour les opérateurs mobiles. Pour ce faire, il y a une intégration des technologies radio et le déploiement de la 5G et de la 6G.

32+ paires de fibres d’Alcatel Submarine Networks

S’il prévoit une refonte de l’ensemble des équipements, ce projet prévoit le développement d’un système de télécommunication optique sous-marin. Ce dernier permettrait une capacité de l’ordre du Pbit/s, soit 1000 térabits.

Convergence 5G de WeAccess

Proposé en partenariat avec Arelis-LGM et Grolleau, il vise à développer une solution 5G « standalone access » intégrée pour les déploiements des petits sites 5G.

GEO 5G de Firecell

En partenariat avec Stellantis, Axians, Euroutils, Miodex, TMF, AW2S et Sequans. Il vise à utiliser les réseaux privés 5G afin de mettre au point un système innovant de localisation ultra précis à l’intérieur des outils connectés. Une usine française du groupe Stellantis expérimentera ce projet.

I-COM 5G de Seamless Waves

Il procède au développement de puces électroniques de nouvelle génération, reconfigurables, sécurisées et à très faible consommation d’énergie pour des stations de base 5G et pour des applications dans la défense et la sécurité.

TopTen de Kapteos

En partenariat avec le CEA-Leti et Telecom Paris, il vise à développer une solution de rupture pour le test d’antennes.

Simbade d’Ekinops

En partenariat avec IDIL, Le Verre Fluoré, Orange, le laboratoire PhLAM, et Photonics Bretagne. Il procède à de la recherche industrielle sur la transmission optique multi bandes. Cela permet de multiplier par 10 la bande passante sur le réseau existant.

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