Hausse en trompe-l’œil du livret A au mois de mars

Après des mois de décollecte, le livret A et le LDD connaissent enfin une embellie au mois de mars ! Ce rebond est toutefois loin de redresser la situation des deux livrets…

livret A
Au printemps, les Français ont tendance à se remettre à épargner en prévision de l'été. Cela explique-t-il le rebond de l'encours du livret A et du LDD au mois de mars ?

Ceux qui croyaient à une rupture durable entre les Français et le plus célèbre des livrets d'épargne réglementés devront peut-être réviser leur jugement. Pour la première fois depuis longtemps et en dépit d'un taux d'intérêt maintenu au plus bas, le livret A a enregistré une évolution positive de son encours au mois de mars 2016.

Cette tendance reste toutefois à nuancer. D'une part, le début du printemps est traditionnellement une période favorable à la reconstitution des bas de laine et d'autre part le cumul du premier trimestre est malgré tout largement négatif. Il semble en tout cas que les épargnants s'adaptent progressivement à la situation actuelle de taux bas et d'inflation quasi nulle, qui devrait encore perdurer pendant un certain temps.

Livret A et LDD : un rebond au mois de mars

S'il est encore difficile de parler d'un retournement de tendance, les chiffres de l'épargne réglementée au mois de mars 2016 communiqués ce jeudi 21 avril par la Caisse des Dépôts s'avèrent plutôt bons. Les Français détenaient sur leurs livrets A environ 310 millions d'euros de plus au 31 mars qu'au 29 février.

L'évolution du livret de développement durable (LDD) est par ailleurs comparable. Son encours connaît une hausse de 120 millions d'euros. L'encours total des deux livrets retrouve ainsi quelques couleurs et s'établit à la fin mars à 355,9 milliards d'euros, dont 254,9 milliards pour le Livret A et 101 milliards pour le LDD.

Une tendance favorable à replacer dans son contexte

Les bons chiffres du mois de mars ne suffisent pas à effacer la décollecte sévère enregistrée par les deux livrets ces derniers mois. Sur l'ensemble du premier trimestre 2016, elle s'élève à - 1,34 milliard d'euros, notamment en raison des mauvais chiffres du mois de février (- 630 millions) et surtout du mois de janvier (- 1,13 milliard !). Ce début d'année en demi-teinte fait par ailleurs suite à une année 2015 elle aussi défavorable, au cours de laquelle les livrets réglementés s'étaient vidés de près de 9,3 milliards d'euros. Malgré son léger rebond, l'encours total du livret A et du LDD à la fin du mois de mars 2016 reste inférieur de 7,3 milliards d'euros au niveau enregistré douze mois plus tôt.

Il convient également de souligner que le début du printemps est presque toujours une période favorable à l'épargne. Le mois de mars n'est en effet pas impacté par de fortes dépenses pour les ménages, qu'il s'agisse de fiscalité, de consommation ou de départs en vacances. Au contraire, les Français se remettent à constituer des réserves en prévision de l'été et ont donc tendance à garnir leurs livrets. Ce phénomène a également pu être observé en 2015 puisque le mois de mars avait enregistré l'une des deux seules collectes positives de l'année.

Vers une accoutumance des Français aux taux bas ?

Le livret A et le livret de développement durable sont pénalisés par leur taux de rémunération fixé à 0,75 % depuis le 1er août dernier. Beaucoup d'épargnants ne jugent plus la rémunération suffisamment incitative pour continuer à alimenter leurs livrets réglementés, quitte à laisser dormir leurs liquidités sur un simple compte courant. L'augmentation de l'encours des comptes à vue en 2015 (+ 33,5 milliards d'euros) est sans doute en partie liée à la désaffection des Français pour le livret A.

La Caisse des Dépôts n'hésite pourtant pas à se montrer optimiste. L'organisme interprète les chiffres favorables du mois de mars comme « une sorte d'accoutumance au taux » amoindri du livret A et du LDD. Les Français pourraient finalement considérer qu'un taux défiscalisé de 0,75 % et une liquidité totale restent des atouts dans un contexte marqué par des taux extrêmement bas sur les marchés financiers. Sous l'effet de la politique monétaire très accommodante de la Banque Centrale européenne, les OAT français à dix ans sont tombées récemment à 0,40 %. Cette situation réduit les solutions pour les épargnants en quête d'un placement rémunérateur et sécurisé, y compris du côté de l'assurance-vie…

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