Épargnants, dépêchez-vous d’ouvrir un PEL !

Si la rémunération du plan d'épargne logement (PEL) descendra à 1,5 % au 1er février, le taux du « prêt épargne logement » devient en revanche plus avantageux. Quelle attitude adopter selon vos objectifs d'épargne ?

chute du taux du PEL
Pour profiter d'un taux d'épargne intéressant, mieux vaut vous dépêcher de souscrire un PEL... mais si vous visez avant tout le droit à un prêt, mieux vaut attendre février !

Un rendement plus de deux fois supérieur à celui d'un livret A, entièrement garanti et défiscalisé, déblocable au bout de seulement deux ans ? Ce produit financier existe et n'est autre que le plan d'épargne logement (PEL). Conçu à l'origine pour se constituer un apport et acquérir des droits à un crédit immobilier doté d'un taux préférentiel, le PEL s'est progressivement imposé comme l'outil idéal pour tous ceux qui souhaitent faire fructifier leur épargne à moyen terme.

Attention toutefois : devenu exceptionnel dans le contexte actuel, le taux de rémunération de 2 % des nouveaux contrats va être ramené à 1,5 % à compter du 1er février 2016. L'occasion ou jamais de souscrire votre propre PEL avant la date fatidique si vous ne l'avez pas déjà fait !

PEL : les nouveaux contrats rapporteront moins au 1er février…

Les taux du livret de développement durable (LDD) et du livret A étant tombés à seulement 0,75 % au 1er août 2015, le PEL et ses 2 % de rendement après prélèvements sociaux (soit 1,69 % net) sont clairement devenus une anomalie au sein du marché, qui représentait un coût trop important à assumer pour les banques.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, faisait savoir dès le 13 janvier lors d'une interview sur Europe 1 que le taux « anormalement élevé » du PEL pourrait être utilement ramené à un « niveau inférieur ou égal à 1,5 % ». Ce message a été bien reçu par le gouvernement qui a décidé de suivre cette recommandation a minima et de ramener le taux du PEL à 1,5 % au 1er février 2016 (soit environ 1,27 % net après la déduction des 15,5 % de prélèvements sociaux).

À noter que cette diminution du taux d'intérêt du PEL est la seconde en une courte période, puisque qu'une première révision l'avait fait passer de 2,5 % à 2 % au 1er février 2015. Le taux, auparavant, était resté inchangé depuis le 1er août 2003.

…mais donneront lieu à des prêts plus avantageux

La raison d'être primordiale du PEL n'est pas d'offrir un bon rendement à votre épargne mais de vous proposer, au bout de trois à quatre ans minimum, la possibilité de souscrire un « prêt épargne logement » (un crédit immobilier) à un taux garanti et jusqu'à un montant de 92 000 €.

Ce taux garanti, qui était jusqu'à présent de 3,2 %, était devenu peu compétitif au vu des taux exceptionnellement bas proposés actuellement par les grandes banques. En compensation de la baisse du rendement du contrat, le taux garanti des nouveaux PEL va donc passer à la même date de 3,2 % à seulement 2,7 %, soit un niveau bien plus en phase avec les conditions de marché.

Faut-il souscrire en urgence ?

Les nouvelles conditions du PEL (taux de 1,5 %, prêt à 2,7 %...) ne s'appliqueront qu'aux seuls contrats signés à partir du 1er février 2016 ! Autrement dit, si vous ouvrez un PEL au mois de janvier, vous continuerez à bénéficier pendant toute la vie du contrat de son taux de rémunération de 2 %.

Faut-il pour autant se précipiter chez votre banquier ? Si votre objectif consiste simplement à vous ménager un bon outil d'épargne, alors il s'agit évidemment de la meilleure chose à faire pour bénéficier d'un taux nettement plus avantageux et qui, à 1,69 % net, est plus de deux fois supérieur à celui du livret A. Si vous êtes en revanche dans l'optique de vous constituer un apport et de profiter ensuite des droits à prêt PEL, le nouveau taux d'emprunt garanti de 2,7 % peut représenter une réelle opportunité pour vous. Rien ne dit en effet que les banques continueront à proposer des taux aussi bas dans quatre ou cinq ans, lorsque votre plan arrivera à maturité. Dans ce cas, vous pourriez être gagnant en attendant le 1er février.

Le PEL : un horizon d'épargne de moyen terme

Les épargnants en quête du meilleur rendement doivent bien garder à l'esprit que le PEL n'est pas aussi liquide ou souple qu'un banal livret. Une fois le produit souscrit, son titulaire doit tout d'abord s'engager à effectuer des versements minimum (au moins 225 € à l'ouverture, puis au moins 540 € par an via un prélèvement mensuel, trimestriel ou semestriel).

Aussi et surtout, il est exclu de retirer le moindre centime avant que le PEL atteigne son deuxième anniversaire. Si vous y êtes obligé, le PEL sera alors clôturé et les intérêts accumulés seront recalculés au taux actuel du compte épargne logement (CEL), qui n'affiche qu'un ridicule… 0,42 % net. Mieux vaut donc ne placer que des liquidités dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin dans les prochaines années, au risque sinon d'obtenir une rémunération encore plus médiocre que celle du livret A ! Notez enfin qu'un retrait des fonds entre le deuxième et le quatrième anniversaire du contrat entraîne soit la perte, soit la diminution des droits à prêt, ce qui pourra constituer ou non un problème pour vous en fonction de vos objectifs.

Pendant ce temps, le livret A reste au plancher

Pas d'embellie à prévoir sur le front du livret A. Dans un communiqué en date du 13 janvier 2016, le ministre des Finances Michel Sapin a fait savoir que le taux du livret A fixé à 0,75 % restera inchangé au 1er février prochain.

Une décision qui ne surprendra personne et qui pourrait même apparaître comme un cadeau accordé aux épargnants, puisque, comme c'était déjà le cas il y a six mois, la règle de calcul officielle devrait logiquement ramener le taux à 0,5 %. Pour rappel, le taux du livret A tient compte à la fois des taux directeurs du marché monétaire et du taux d'inflation enregistré en France, lequel s'est établi en 2015 et selon l'Insee à… 0 %.

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